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Comment interpréter un compte de résultat

par Dr Hugues Domingo | 8 Jun, 2026 | Finances | 182

Pour de nombreux managers, le compte de résultat est souvent perçu comme un document réservé aux comptables, aux financiers ou aux dirigeants. Pourtant, derrière les colonnes de chiffres et les termes comptables se cache un véritable outil de pilotage qui peut aider chaque responsable à mieux comprendre la performance de son activité.

Qu'il s'agisse d'un responsable commercial, d'un chef de production, d'un manager de projet ou d'un responsable administratif, la capacité à interpréter un compte de résultat permet de prendre des décisions plus pertinentes, de mieux maîtriser les ressources et de contribuer efficacement aux objectifs de l'entreprise.

Le compte de résultat ne raconte pas seulement ce qui s'est passé financièrement au cours d'une période. Il révèle également les forces, les faiblesses et les opportunités d'amélioration d'un service ou d'une organisation.

Comprendre ce document est donc devenu une compétence essentielle pour tout manager souhaitant piloter son activité avec efficacité.


Qu'est-ce qu'un compte de résultat ?


Le compte de résultat est un document financier qui présente l'ensemble des produits et des charges d'une entreprise sur une période donnée, généralement un mois, un trimestre ou un exercice comptable.

Son objectif est simple : déterminer si l'entreprise a réalisé un bénéfice ou une perte.

Les produits correspondent principalement aux revenus générés par l'activité.

Les charges représentent l'ensemble des dépenses engagées pour produire ces revenus.

Lorsque les produits sont supérieurs aux charges, l'entreprise dégage un bénéfice. Dans le cas contraire, elle enregistre une perte.

Pour le manager, le compte de résultat constitue une photographie de la performance économique de son activité.


Pourquoi un manager doit-il comprendre le compte de résultat ?


Chaque décision prise dans un service a un impact financier.

Une campagne commerciale influence les ventes. Une mauvaise gestion des stocks augmente les coûts. Une baisse de productivité réduit la rentabilité. Un recrutement supplémentaire accroît les charges.

Même lorsqu'il ne gère pas directement la comptabilité, le manager agit quotidiennement sur les principaux éléments du compte de résultat.

Comprendre ce document lui permet de :

  1. mesurer la contribution réelle de son service aux résultats de l'entreprise ;
  2. identifier les sources de performance ou de contre-performance ;
  3. anticiper les dérives budgétaires ;
  4. améliorer l'allocation des ressources ;
  5. justifier ses décisions auprès de la direction.

Le compte de résultat devient alors un véritable outil d'aide à la décision.


Commencer par analyser le chiffre d'affaires


La première donnée observée est généralement le chiffre d'affaires.

Il représente le volume de ventes réalisé sur la période.

Pour le manager, l'analyse ne doit pas se limiter au montant global. Il est essentiel de comprendre son évolution :

  1. augmente-t-il ou diminue-t-il ?
  2. quelles activités contribuent le plus à sa croissance ?
  3. quels clients ou segments génèrent le plus de revenus ?
  4. existe-t-il une saisonnalité particulière ?

Une progression du chiffre d'affaires constitue souvent un signal positif, mais elle ne suffit pas à elle seule pour juger de la performance globale.


Observer la marge brute : le premier indicateur de rentabilité


Après le chiffre d'affaires, l'un des éléments les plus importants est la marge brute.

Elle correspond à la différence entre les ventes réalisées et les coûts directement liés à la production ou à la prestation du service.

La marge brute permet de répondre à une question essentielle :

Combien l'entreprise gagne-t-elle réellement sur son activité avant de supporter ses frais de fonctionnement ?

Une marge brute en baisse peut révéler :

  1. une augmentation des coûts d'achat ;
  2. une pression concurrentielle sur les prix ;
  3. des inefficacités opérationnelles ;
  4. une mauvaise politique commerciale.

Pour le manager, cet indicateur est souvent plus révélateur que le chiffre d'affaires lui-même.


Analyser les charges d'exploitation


Les charges d'exploitation regroupent l'ensemble des dépenses nécessaires au fonctionnement de l'activité :

  1. salaires ;
  2. loyers ;
  3. frais administratifs ;
  4. marketing ;
  5. maintenance ;
  6. services externes.

Le rôle du manager consiste à identifier les principaux postes de dépenses et à suivre leur évolution.

L'objectif n'est pas de réduire les coûts à tout prix, mais de s'assurer que chaque dépense contribue réellement à la création de valeur.

Une augmentation des charges n'est pas forcément négative si elle s'accompagne d'une amélioration des résultats.


Comprendre l'excédent brut d'exploitation (EBE)


L'Excédent Brut d'Exploitation constitue l'un des meilleurs indicateurs de la performance opérationnelle.

Il mesure la richesse générée par l'activité avant la prise en compte des éléments financiers, fiscaux et exceptionnels.

Pour un manager, l'EBE permet de savoir si son activité est réellement performante sur le plan économique.

Une évolution positive traduit généralement :

  1. une meilleure maîtrise des coûts ;
  2. une augmentation de la productivité ;
  3. une amélioration des marges.

À l'inverse, une dégradation prolongée doit conduire à une analyse approfondie.


Le résultat net : l'indicateur final


Le résultat net représente ce qu'il reste à l'entreprise après paiement de toutes les charges.

Il constitue l'indicateur le plus connu, mais pas nécessairement le plus utile pour piloter un service au quotidien.

En effet, le résultat net est influencé par des éléments qui échappent parfois au contrôle direct des managers opérationnels.

Il reste néanmoins un excellent indicateur pour évaluer la performance globale de l'entreprise.


Comparer les chiffres dans le temps


L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à analyser un compte de résultat de manière isolée.

Un chiffre n'a de sens que lorsqu'il est comparé.

Le manager doit donc observer :

  1. les évolutions mensuelles ;
  2. les résultats trimestriels ;
  3. les performances annuelles ;
  4. les écarts par rapport au budget prévisionnel.

Cette approche permet d'identifier rapidement les tendances et de prendre les mesures correctives nécessaires.


Cas pratique : un responsable commercial face à une baisse de performance


Imaginons un responsable commercial qui constate une hausse de 12 % du chiffre d'affaires sur l'année.

À première vue, les résultats semblent excellents.

Cependant, l'analyse du compte de résultat révèle que la marge brute a diminué de manière significative.

Après investigation, il apparaît que les équipes ont accordé davantage de remises commerciales pour atteindre leurs objectifs de vente.

Le chiffre d'affaires progresse, mais la rentabilité se dégrade.

Grâce à cette lecture du compte de résultat, le manager peut ajuster sa stratégie commerciale et rétablir l'équilibre entre croissance et rentabilité.


Transformer les chiffres en décisions


Le véritable intérêt du compte de résultat ne réside pas dans les chiffres eux-mêmes, mais dans les décisions qu'ils permettent de prendre.

Une baisse de marge peut conduire à revoir les prix ou les processus.

Une hausse des charges peut justifier une optimisation des ressources.

Une amélioration de l'EBE peut encourager de nouveaux investissements.

Le compte de résultat devient alors un outil de management capable de guider l'action et d'améliorer la performance.


Le compte de résultat comme outil de dialogue


Un manager qui maîtrise les principaux indicateurs financiers dialogue plus facilement avec la direction générale, les services financiers et les autres responsables.

Il est en mesure de défendre ses projets avec des arguments chiffrés, de justifier ses besoins en ressources et de démontrer la valeur créée par son équipe.

Cette capacité renforce sa crédibilité et son influence au sein de l'organisation.


Conclusion


Le compte de résultat n'est pas un document réservé aux experts-comptables. Il constitue un outil de pilotage indispensable pour tous les managers qui souhaitent comprendre la réalité économique de leur activité.

En apprenant à interpréter le chiffre d'affaires, la marge brute, les charges, l'EBE et le résultat net, les responsables peuvent prendre des décisions plus éclairées et améliorer durablement la performance de leur service.

Dans un environnement où chaque ressource compte, savoir lire un compte de résultat n'est plus une compétence optionnelle. C'est une véritable compétence de management.

Car derrière chaque décision performante se cache souvent une bonne lecture des chiffres.

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Nos partenaires (TEAMR & ASSOCIES Expert Comptable en Seine-et-Marne, SJA Formation Coaching ) vous accompagnent à mettre en place des outils de pilotage adaptés à votre activité.

Une entreprise performante est avant tout une entreprise qui comprend ses chiffres et sait les utiliser pour décider.


Vous souhaitez échanger, contactez-nous : secretariat@teamr-associes.com


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Le seuil de rentabilité : un outil puissant au service du management

par Dr Sèna John Ahyee | 1 Jun, 2026 | Finances | 153

Dans la gestion d'une entreprise, certaines questions reviennent constamment : Combien devons-nous vendre pour couvrir nos charges ? À partir de quel moment commençons-nous réellement à gagner de l'argent ? Notre activité est-elle suffisamment rentable pour supporter nos projets de croissance ?

Pour répondre à ces interrogations, les managers disposent d'un indicateur particulièrement précieux : le seuil de rentabilité.

Souvent présenté comme un simple outil financier, le seuil de rentabilité est en réalité un puissant levier de pilotage stratégique. Il permet non seulement de mesurer la performance économique de l'entreprise, mais aussi d'orienter les décisions commerciales, opérationnelles et managériales.

Dans un environnement où les marges sont sous pression et où les ressources doivent être utilisées avec efficacité, comprendre et maîtriser son seuil de rentabilité devient une compétence essentielle pour tout manager.


Comprendre le seuil de rentabilité


Le seuil de rentabilité représente le niveau de chiffre d'affaires à partir duquel l'entreprise couvre l'ensemble de ses charges. En dessous de ce niveau, elle réalise des pertes. Au-dessus, elle commence à générer des bénéfices.

Autrement dit, il s'agit du point d'équilibre entre les revenus et les dépenses.

Ce concept permet de répondre à une question fondamentale : combien faut-il vendre pour ne pas perdre d'argent ?

Le seuil de rentabilité repose sur la distinction entre deux catégories de charges :

Les charges fixes, qui restent relativement stables quel que soit le niveau d'activité, comme les loyers, les salaires administratifs ou les assurances.

Les charges variables, qui évoluent en fonction du volume d'activité, comme les matières premières, les commissions commerciales ou certains frais de production.

Cette distinction permet de déterminer précisément le niveau d'activité nécessaire pour atteindre l'équilibre financier.


Pourquoi le seuil de rentabilité est-il un indicateur stratégique ?


Le seuil de rentabilité est bien plus qu'un simple calcul comptable. Il constitue un véritable outil d'aide à la décision.

Pour un manager, il offre une vision claire de la réalité économique de son activité. Il permet de mesurer le niveau minimal de performance à atteindre pour assurer la viabilité de l'entreprise.

Grâce à cet indicateur, il devient plus facile de fixer des objectifs commerciaux réalistes, de planifier les investissements et d'anticiper les risques.

Le seuil de rentabilité apporte également une meilleure visibilité sur les conséquences financières des décisions prises au quotidien.

Chaque augmentation de charges, chaque baisse de prix ou chaque investissement peut être analysé à travers son impact sur le point d'équilibre de l'entreprise.


Un outil précieux pour la prise de décision


L'une des principales forces du seuil de rentabilité réside dans sa capacité à éclairer les choix stratégiques.

Prenons l'exemple d'une entreprise qui envisage de recruter un nouveau commercial. Ce recrutement représente une charge supplémentaire. Le calcul du seuil de rentabilité permettra d'estimer le chiffre d'affaires additionnel nécessaire pour rentabiliser cette embauche.

De la même manière, lorsqu'une entreprise souhaite lancer un nouveau produit ou ouvrir une nouvelle agence, le seuil de rentabilité permet d'évaluer la faisabilité économique du projet.

Le manager dispose ainsi d'un outil concret pour réduire l'incertitude et prendre des décisions plus éclairées.


Le seuil de rentabilité et la fixation des objectifs commerciaux


Dans de nombreuses entreprises, les objectifs commerciaux sont parfois définis de manière arbitraire ou excessivement ambitieuse.

Le seuil de rentabilité permet au contraire de construire des objectifs fondés sur des données réelles.

En connaissant le chiffre d'affaires minimum à atteindre pour couvrir les charges, le manager peut fixer des objectifs cohérents et mobilisateurs.

Les équipes commerciales comprennent alors mieux les enjeux de leur activité et perçoivent plus clairement leur contribution à la performance globale de l'entreprise.

Cette approche favorise l'engagement et renforce la culture du résultat.


Un levier pour améliorer la rentabilité


L'analyse du seuil de rentabilité met souvent en évidence plusieurs pistes d'amélioration.

Le manager peut agir sur les charges fixes en recherchant des gains d'efficacité ou en optimisant certaines dépenses.

Il peut également travailler sur les charges variables en négociant avec les fournisseurs, en améliorant les processus ou en réduisant les pertes.

Une autre possibilité consiste à augmenter la marge sur les produits ou services vendus grâce à une meilleure politique tarifaire ou à une montée en gamme de l'offre.

Chaque amélioration contribue à abaisser le seuil de rentabilité et à renforcer la solidité financière de l'entreprise.


Cas pratique : une PME de services


Imaginons une PME dont les charges fixes mensuelles s'élèvent à 500 000 €

Chaque prestation vendue génère une marge de 10 000 € après déduction des coûts variables.

Pour atteindre son seuil de rentabilité, l'entreprise devra vendre 50 prestations par mois.

Cette information change profondément la manière de piloter l'activité.

Le dirigeant sait désormais que chaque vente réalisée au-delà de la cinquantième prestation contribue directement à la création de bénéfice.

Il peut ainsi mieux dimensionner ses actions commerciales et suivre ses performances avec davantage de précision.


Les erreurs fréquentes dans l'utilisation du seuil de rentabilité


Malgré son utilité, le seuil de rentabilité est parfois mal exploité.

Certaines entreprises ne le calculent qu'une seule fois, alors que les coûts et les conditions du marché évoluent constamment.

D'autres se concentrent uniquement sur le chiffre d'affaires sans analyser les marges réellement dégagées.

Enfin, certaines décisions stratégiques sont prises sans mesurer leur impact sur le point d'équilibre financier.

Pour rester pertinent, le seuil de rentabilité doit être mis à jour régulièrement et intégré au tableau de bord de pilotage de l'entreprise.


Le rôle du manager dans le suivi du seuil de rentabilité


Le suivi du seuil de rentabilité ne relève pas uniquement du service financier. Il concerne directement les managers opérationnels.

Chaque décision relative aux coûts, à l'organisation, à la productivité ou à la politique commerciale influence cet indicateur.

Le manager moderne doit donc comprendre son fonctionnement et l'utiliser comme un outil de dialogue avec ses équipes.

Lorsqu'il est partagé et compris par tous, le seuil de rentabilité devient un puissant moteur de mobilisation collective.


Conclusion


Le seuil de rentabilité est l'un des indicateurs les plus utiles pour piloter une entreprise avec efficacité. Il permet de savoir où se situe le point d'équilibre financier, d'orienter les décisions stratégiques et d'améliorer la rentabilité.

Dans un contexte économique marqué par l'incertitude et la recherche permanente de performance, il constitue un véritable tableau de bord pour les managers.

Comprendre son seuil de rentabilité, c'est mieux maîtriser son activité. C'est aussi disposer d'une boussole fiable pour transformer les objectifs en résultats durables.


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Nos partenaires (TEAMR & ASSOCIES Expert Comptable en Seine-et-Marne, SJA Formation Coaching) vous accompagnent à mettre en place des outils de pilotage adaptés à leur activité. Nous accompagnons les entreprises dans l'analyse de leurs coûts, le calcul de leur seuil de rentabilité, la construction de tableaux de bord et l'amélioration de leur performance financière. Une entreprise performante est avant tout une entreprise qui comprend ses chiffres et sait les utiliser pour décider.


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Optimiser ses marges sans sacrifier la qualité : le défi du manager moderne

par Dr Hugues Domingo | 11 May, 2026 | Finances | 332

Dans un contexte économique marqué par la pression concurrentielle, la hausse des coûts et l’exigence croissante des clients, les entreprises font face à une équation délicate : améliorer leurs marges tout en maintenant un niveau de qualité élevé.

Pour de nombreux managers, cette situation ressemble à un exercice d’équilibriste. Réduire les coûts peut fragiliser la qualité, tandis qu’investir dans la qualité peut peser sur la rentabilité. Pourtant, les entreprises les plus performantes montrent qu’il est possible de concilier les deux.

Optimiser ses marges ne signifie pas forcément réduire la qualité. Au contraire, une approche intelligente permet de créer plus de valeur avec les mêmes ressources. C’est précisément là que se joue le rôle du manager moderne.


Comprendre la marge : bien plus qu’un simple indicateur financier


La marge est souvent perçue comme un indicateur purement financier. Pourtant, elle est aussi un révélateur de la qualité de gestion globale de l’entreprise.

Une marge saine traduit une bonne maîtrise des coûts, une politique de prix cohérente et une offre adaptée au marché. À l’inverse, une marge dégradée peut révéler des inefficacités opérationnelles, des erreurs de positionnement ou une mauvaise gestion des ressources.

Optimiser la marge consiste donc à agir sur plusieurs leviers : les coûts, les prix, la productivité et la valeur perçue par le client.


Réduire les coûts intelligemment, pas aveuglément


La première réaction face à une baisse de marge est souvent de réduire les dépenses. Mais toutes les réductions de coûts ne se valent pas.

Une réduction mal ciblée peut impacter la qualité du produit ou du service, démotiver les équipes ou détériorer l’expérience client. Le rôle du manager est donc d’identifier les coûts inutiles ou peu créateurs de valeur, plutôt que de couper de manière indiscriminée.

Il s’agit par exemple de :

  1. supprimer les dépenses redondantes,
  2. optimiser les processus internes,
  3. négocier avec les fournisseurs,
  4. digitaliser certaines tâches,
  5. limiter les pertes et les gaspillages.

L’objectif est de faire mieux avec moins, sans dégrader ce qui fait la force de l’entreprise.


Améliorer la productivité sans épuiser les équipes


La productivité est un levier majeur d’optimisation des marges. Produire plus avec les mêmes ressources permet d’augmenter la rentabilité sans augmenter les coûts.

Cependant, améliorer la productivité ne signifie pas imposer plus de pression aux équipes. Au contraire, il s’agit de créer un environnement de travail plus efficace.

Cela passe par :

  1. une meilleure organisation des tâches,
  2. l’automatisation des activités répétitives,
  3. la formation des collaborateurs,
  4. la clarification des rôles et des responsabilités.

Une équipe bien organisée et bien formée produit plus de valeur, avec moins d’efforts inutiles.


Travailler la valeur perçue plutôt que le prix


Beaucoup d’entreprises cherchent à augmenter leurs marges en augmentant leurs prix. Pourtant, cette stratégie peut être risquée si elle n’est pas accompagnée d’une amélioration de la valeur perçue.

Le client n’achète pas seulement un produit ou un service. Il achète une expérience, une solution à un problème, un niveau de confiance.

Le manager doit donc se poser la question suivante : comment rendre notre offre plus attractive sans nécessairement augmenter les coûts ?

Cela peut passer par :

  1. une meilleure qualité de service,
  2. une communication plus claire,
  3. une expérience client améliorée,
  4. un positionnement différenciant,
  5. une marque plus forte.

Lorsque la valeur perçue augmente, le client accepte plus facilement le prix, ce qui améliore naturellement la marge.


Optimiser la chaîne de valeur


Chaque étape du processus de production ou de prestation a un impact sur la marge. L’optimisation de la chaîne de valeur consiste à analyser l’ensemble du parcours, depuis l’achat des matières premières jusqu’à la livraison au client.

Le manager doit identifier :

  1. les points de friction,
  2. les pertes de temps,
  3. les étapes inutiles,
  4. les sources de surcoûts.

En simplifiant les processus et en améliorant la coordination entre les équipes, il est possible de réduire les coûts tout en améliorant la qualité.


Impliquer les équipes dans la recherche de performance


L’optimisation des marges ne doit pas être une décision descendante imposée aux équipes. Au contraire, elle doit être un projet collectif.

Les collaborateurs sont souvent les mieux placés pour identifier les inefficacités et proposer des solutions concrètes. Les impliquer dans la démarche permet de :

  1. renforcer leur engagement,
  2. améliorer la qualité des idées,
  3. faciliter la mise en œuvre des actions.

Un manager performant crée une culture où chacun comprend que la performance économique est l’affaire de tous.


Cas pratiques : quand marge et qualité avancent ensemble


Dans une entreprise de production, l’analyse des processus a permis d’identifier des étapes inutiles qui ralentissaient la production. Leur suppression a réduit les coûts tout en améliorant les délais de livraison, ce qui a renforcé la satisfaction client.

Dans une entreprise de services, la formation des équipes a permis d’améliorer la qualité des prestations. Résultat : une meilleure fidélisation des clients et une augmentation du prix moyen des services, sans hausse significative des coûts.

Ces exemples montrent que la marge ne s’améliore pas uniquement par la réduction des coûts, mais aussi par la création de valeur.


Le rôle du manager dans cet équilibre stratégique


Le manager moderne n’est plus seulement un gestionnaire de ressources. Il est un arbitre entre performance économique et qualité.

Son rôle consiste à :

  1. prendre des décisions équilibrées,
  2. éviter les choix à court terme destructeurs de valeur,
  3. aligner les équipes autour d’objectifs clairs,
  4. développer une vision durable de la performance.

C’est cette capacité à concilier rentabilité et qualité qui distingue les entreprises solides des entreprises fragiles.


Conclusion

Optimiser ses marges sans sacrifier la qualité n’est pas un compromis impossible. C’est un défi stratégique qui nécessite méthode, intelligence et vision.

Les entreprises qui réussissent ne sont pas celles qui réduisent leurs coûts à tout prix, mais celles qui savent éliminer le superflu, améliorer leur efficacité et renforcer la valeur de leur offre.

Pour le manager, l’enjeu est clair : transformer la contrainte de rentabilité en opportunité d’innovation et de performance durable.

Car au final, la vraie performance ne consiste pas à faire moins cher, mais à faire mieux… de manière rentable.

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Tresorerie_finance

La trésorerie expliquée aux managers : clé de survie et de croissance

par Dr Hugues Domingo | 28 Apr, 2026 | Finances | 322

Dans l’univers de l’entreprise, il existe une vérité parfois sous-estimée : une organisation peut être rentable… et pourtant disparaître. La raison est simple et redoutable : le manque de trésorerie.


Pour de nombreux managers, la trésorerie reste un sujet perçu comme technique, réservé aux financiers ou aux comptables. Pourtant, elle concerne directement chaque décision opérationnelle, chaque vente, chaque dépense et chaque engagement pris par l’entreprise.


Comprendre la trésorerie, c’est comprendre le rythme de vie réel de l’entreprise. C’est savoir si elle respire librement ou si elle fonctionne sous tension. C’est aussi disposer d’un levier puissant pour sécuriser l’activité et soutenir la croissance.


Qu’est-ce que la trésorerie, concrètement ?


La trésorerie représente l’ensemble des liquidités disponibles à un moment donné pour faire face aux dépenses de l’entreprise. Elle correspond à l’argent réellement disponible en caisse ou sur les comptes bancaires.


Contrairement au résultat comptable, qui peut inclure des éléments non encaissés ou non décaissés, la trésorerie reflète la réalité immédiate : ce que l’entreprise peut payer ici et maintenant.


C’est cette différence qui explique pourquoi une entreprise peut afficher des bénéfices tout en rencontrant des difficultés financières.


Pourquoi la trésorerie est-elle si stratégique pour un manager ?


La trésorerie est souvent comparée à l’oxygène de l’entreprise. Sans elle, même une structure rentable ne peut pas survivre.


Pour un dirigeant ou un manager, elle joue plusieurs rôles essentiels.


D’abord, elle garantit la continuité de l’activité. Salaires, fournisseurs, charges, investissements : tout dépend de la disponibilité du cash.


Ensuite, elle permet de prendre des décisions sereinement. Une entreprise disposant d’une trésorerie solide peut investir, recruter ou saisir des opportunités sans pression excessive.


Enfin, elle constitue un indicateur avancé de risque. Une tension de trésorerie est souvent le premier signal d’un déséquilibre plus profond.


Les principales causes des problèmes de trésorerie


Les difficultés de trésorerie ne sont pas toujours liées à un manque d’activité. Elles proviennent souvent d’un décalage entre les entrées et les sorties d’argent.


Parmi les causes les plus fréquentes, on retrouve :

  1. des délais de paiement clients trop longs,
  2. une croissance mal maîtrisée,
  3. des stocks trop importants,
  4. des investissements mal planifiés,
  5. des charges fixes élevées,
  6. une mauvaise anticipation des flux financiers.


Dans beaucoup de cas, le problème n’est pas le manque de chiffre d’affaires, mais le manque de synchronisation financière.


Les indicateurs clés à suivre pour piloter sa trésorerie


Pour gérer efficacement la trésorerie, le manager doit s’appuyer sur quelques indicateurs simples mais essentiels.


Le premier est le niveau de trésorerie disponible, qui donne une vision immédiate de la capacité de l’entreprise à faire face à ses engagements.


Le second est le délai de paiement client, qui mesure le temps moyen nécessaire pour encaisser les factures. Plus ce délai est long, plus la trésorerie est fragilisée.


Le troisième est le besoin en fonds de roulement (BFR), qui représente le cash immobilisé dans le cycle d’exploitation.


Enfin, le plan de trésorerie prévisionnel permet d’anticiper les périodes de tension et d’ajuster les décisions en conséquence.


Les bonnes pratiques pour améliorer la trésorerie


Améliorer la trésorerie ne nécessite pas toujours des solutions complexes. Des actions simples, appliquées avec rigueur, peuvent produire des résultats significatifs.


Il est important de facturer rapidement et systématiquement, afin de réduire le délai entre la vente et l’encaissement.


Le suivi des clients doit être renforcé pour éviter les retards de paiement. Une relance régulière et structurée permet d’accélérer les encaissements.


Du côté des dépenses, il est essentiel de maîtriser les coûts et de prioriser les investissements réellement nécessaires.

La gestion des stocks doit être optimisée pour éviter d’immobiliser inutilement du cash.


Enfin, la mise en place d’un plan de trésorerie permet d’anticiper et de prévenir les difficultés.


Cas pratiques : la trésorerie au cœur des décisions


Dans une PME de services, un manager a constaté que l’entreprise était rentable mais rencontrait des tensions financières récurrentes. L’analyse a révélé que les clients payaient en moyenne à 60 jours. En réduisant ce délai à 30 jours grâce à une meilleure relance, l’entreprise a significativement amélioré sa trésorerie sans augmenter son chiffre d’affaires.

Dans une entreprise commerciale, une réduction progressive du niveau de stock a permis de libérer des ressources financières importantes, qui ont ensuite été utilisées pour développer l’activité.

Ces exemples montrent que la trésorerie se joue souvent dans des décisions opérationnelles simples mais stratégiques.


La trésorerie comme levier de croissance


Contrairement à une idée reçue, la trésorerie ne sert pas uniquement à éviter les difficultés. Elle peut aussi devenir un puissant levier de croissance.


Une entreprise qui maîtrise sa trésorerie peut :

  1. investir au bon moment,
  2. négocier de meilleures conditions avec ses partenaires,
  3. saisir des opportunités de marché,
  4. renforcer sa position concurrentielle.


La trésorerie ne doit donc pas être vue uniquement comme un indicateur défensif, mais comme un outil de développement stratégique.


Le rôle du manager dans le pilotage de la trésorerie


Même si la gestion financière est souvent confiée à des spécialistes, le manager joue un rôle central dans la trésorerie.


Chaque décision opérationnelle a un impact : négociation commerciale, gestion des délais, organisation des achats, planification des projets.


Un manager performant est un manager qui comprend l’impact de ses actions sur le cash et qui intègre cette dimension dans ses choix quotidiens.


Conclusion


La trésorerie est bien plus qu’un simple indicateur financier. Elle est le reflet de la santé réelle de l’entreprise et un levier essentiel de sa performance.


Pour les managers, comprendre et piloter la trésorerie n’est plus une option. C’est une compétence clé pour sécuriser l’activité, anticiper les risques et soutenir la croissance.


En définitive, une entreprise ne vit pas seulement de ses ventes ou de ses bénéfices. Elle vit de sa capacité à générer, gérer et préserver son cash.


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Notre objectif est de permettre aux entreprises de sécuriser leur activité et de construire une croissance durable. Nos consultants dynamiques sont à votre disponibilité pour vous aider à atteindre vos objectifs et devenir leader dans votre activité.


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Le management par les chiffres : piloter avec les bons indicateurs

par Dr Sèna John Ahyee | 4 Apr, 2026 | Finances | 910

Dans un environnement économique de plus en plus exigeant, les dirigeants d’entreprise ne peuvent plus se contenter d’intuitions ou de décisions approximatives. Pour piloter efficacement une organisation, il est indispensable de s’appuyer sur des données concrètes, mesurables et régulièrement suivies. C’est tout l’enjeu du management par les chiffres : transformer les informations clés de l’entreprise en véritables outils d’aide à la décision.


Mais attention : piloter par les chiffres ne signifie pas se noyer dans des tableaux Excel interminables ou accumuler des statistiques sans utilité. L’essentiel est de choisir les bons indicateurs, ceux qui permettent réellement de comprendre la performance, d’anticiper les risques et de guider l’action.


Pourquoi manager par les chiffres ?


Le management par les chiffres consiste à utiliser des indicateurs de performance pour orienter la stratégie, mesurer les résultats et ajuster les actions. Cette approche présente plusieurs avantages majeurs.

D’abord, elle permet de sortir du pilotage à vue. Un dirigeant qui ne suit pas ses chiffres ressemble à un capitaine sans boussole : il avance, mais sans certitude sur sa direction. Les indicateurs offrent une vision claire de la situation réelle de l’entreprise.

Ensuite, ils facilitent la prise de décision rapide et objective. Face à une baisse de rentabilité, une chute des ventes ou une tension de trésorerie, les chiffres permettent d’identifier précisément l’origine du problème et d’agir de manière ciblée.

Enfin, le management par les chiffres favorise une culture de responsabilité et de performance. Lorsqu’une équipe connaît les objectifs à atteindre et les indicateurs à surveiller, elle devient plus consciente de son impact et plus engagée dans les résultats.


Piloter avec les bons indicateurs : une question de pertinence


L’une des erreurs les plus fréquentes en entreprise est de vouloir tout mesurer. Or, trop d’indicateurs tuent l’indicateur. Un bon tableau de bord n’est pas un inventaire de données, mais un outil de pilotage stratégique.

Un bon indicateur doit être :

  1. Simple à comprendre
  2. Facile à mesurer
  3. Pertinent pour l’activité
  4. Relié à un objectif précis
  5. Utilisable pour prendre une décision


Autrement dit, un indicateur n’a de valeur que s’il éclaire une action.


Les principaux indicateurs à suivre pour bien piloter son entreprise


Selon la nature de l’activité, les indicateurs peuvent varier. Toutefois, certains sont incontournables dans la plupart des entreprises.


1. Le chiffre d’affaires

C’est l’un des premiers indicateurs de suivi. Il permet de mesurer le volume d’activité de l’entreprise sur une période donnée. Son évolution renseigne sur la dynamique commerciale, la croissance ou le ralentissement.

Mais attention : un chiffre d’affaires en hausse n’est pas toujours synonyme de bonne santé. Il doit être analysé avec d’autres indicateurs comme la marge ou la trésorerie.


2. La marge brute et la marge nette

La marge brute permet de savoir ce que l’entreprise gagne réellement sur ses ventes après déduction des coûts directs. La marge nette, quant à elle, indique ce qu’il reste une fois toutes les charges payées.

Ces indicateurs sont essentiels pour vérifier si l’entreprise crée réellement de la valeur ou si elle travaille beaucoup… pour peu de résultats.


3. La trésorerie disponible

Une entreprise rentable peut pourtant tomber en difficulté si sa trésorerie est mal gérée. La trésorerie disponible permet de savoir si l’entreprise dispose des liquidités nécessaires pour faire face à ses engagements immédiats.

C’est un indicateur vital. En gestion, on le dit souvent : le bénéfice rassure, mais la trésorerie sauve.


4. Le délai de paiement client

Cet indicateur mesure le temps moyen que mettent les clients à régler leurs factures. Plus ce délai est long, plus la trésorerie de l’entreprise peut être fragilisée.

Suivre ce chiffre permet d’anticiper les tensions financières et d’améliorer les procédures de recouvrement.


5. Le niveau des charges fixes

Les charges fixes (loyers, salaires, abonnements, frais administratifs, etc.) pèsent directement sur la rentabilité. Les surveiller permet de garder une structure de coûts adaptée au niveau réel d’activité.

Une entreprise mal pilotée est souvent une entreprise dont les charges augmentent plus vite que les revenus.


6. Le taux de transformation commerciale

Il s’agit du rapport entre le nombre de prospects contactés et le nombre de ventes réalisées. Cet indicateur permet d’évaluer l’efficacité commerciale et la pertinence du processus de vente.

Il est particulièrement utile pour les entreprises qui veulent améliorer leur performance marketing et commerciale.


7. La productivité par collaborateur

Cet indicateur permet d’évaluer la contribution moyenne de chaque collaborateur ou équipe à la production de valeur. Il peut être mesuré en chiffre d’affaires par employé, en dossiers traités, en unités produites, ou selon d’autres critères adaptés au métier.

Il aide à mieux organiser les ressources humaines et à identifier les leviers d’amélioration.


Le tableau de bord : le cockpit du dirigeant


Tous ces indicateurs doivent être regroupés dans un tableau de bord de gestion, simple, lisible et mis à jour régulièrement. Ce tableau de bord est le cockpit du dirigeant : il lui permet de surveiller l’essentiel sans se perdre dans le détail.


Un bon tableau de bord doit répondre à trois questions fondamentales :

  1. Où en sommes-nous ?
  2. Sommes-nous en train d’atteindre nos objectifs ?
  3. Quelles décisions devons-nous prendre maintenant ?

Il peut être hebdomadaire, mensuel ou trimestriel selon le rythme de l’activité. L’important n’est pas seulement de le produire, mais surtout de l’exploiter réellement.


Les limites du management par les chiffres


Même si les chiffres sont indispensables, ils ne doivent pas devenir une prison. Une entreprise ne se résume pas à des colonnes de données. Le leadership, la motivation des équipes, la satisfaction client, l’innovation ou encore la qualité des relations internes restent des dimensions essentielles qui ne sont pas toujours totalement mesurables.

Le management par les chiffres doit donc être un outil de lucidité, pas un outil de rigidité. Il ne remplace pas le discernement du dirigeant, il l’éclaire.


Conclusion


Le management par les chiffres est aujourd’hui une nécessité pour toute entreprise qui veut grandir, résister aux imprévus et améliorer durablement sa performance. Mais la clé n’est pas de multiplier les indicateurs : la clé est de choisir les bons chiffres, ceux qui parlent vraiment de votre activité et qui vous aident à décider.

En réalité, un bon dirigeant n’est pas celui qui connaît tous les chiffres de son entreprise, mais celui qui sait quels chiffres regarder, quand les regarder, et comment agir en conséquence.

Piloter avec les bons indicateurs, c’est transformer les chiffres en décisions, et les décisions en résultats.


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Nos partenaires (TEAMR & ASSOCIES Expert Comptable 77, SJA Formation Coaching 77) vous accompagnent dans la gestion et le pilotage de votre entreprise, la mise en place de systèmes de contrôle de gestion et l'amélioration de votre stratégie. Nos consultants dynamiques sont à votre disponibilité pour vous aider à atteindre vos objectifs et devenir leader dans votre activité.


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Trésorerie d'entreprise : 10 bonnes pratiques

par Dr Hugues Domingo | 11 Mar, 2026 | Finances | 249

Dans la vie d’une entreprise, la rentabilité est importante, mais la trésorerie est vitale. Une organisation peut afficher un résultat positif tout en se retrouvant en difficulté si elle ne dispose pas de liquidités suffisantes pour faire face à ses obligations. C’est pourquoi les dirigeants et managers expérimentés répètent souvent une règle simple : Cash is King. La capacité à générer et à préserver du cash conditionne la stabilité, la croissance et la résilience de l’entreprise. Une bonne gestion de la trésorerie ne repose pas uniquement sur des outils financiers sophistiqués, mais surtout sur des pratiques de gestion rigoureuses et cohérentes. Cet article présente dix bonnes pratiques essentielles permettant d’améliorer durablement la trésorerie.


Comprendre que la trésorerie se pilote au quotidien


La trésorerie ne doit pas être analysée uniquement à la clôture comptable. Elle doit être suivie régulièrement afin d’anticiper les tensions financières. Le manager doit développer un réflexe de pilotage quotidien en surveillant les entrées et les sorties de cash. Cette vigilance permet d’identifier rapidement les dérives et d’agir avant que les difficultés ne s’installent.


Accélérer l’encaissement des clients


Les délais de paiement clients représentent souvent la principale source de tension de trésorerie. Réduire ces délais améliore immédiatement la liquidité. Cela passe par des facturations rapides, des conditions de paiement claires et un suivi rigoureux des créances. Plus l’entreprise encaisse rapidement, plus elle sécurise sa capacité à financer son activité.


Négocier intelligemment les délais fournisseurs


L’équilibre financier repose également sur la gestion des sorties de trésorerie. Négocier des délais de paiement fournisseurs raisonnables permet de préserver le cash sans fragiliser la relation commerciale. L’objectif n’est pas de retarder les paiements abusivement, mais d’aligner les échéances fournisseurs avec les encaissements clients.


Maîtriser les dépenses et les coûts inutiles


Certaines dépenses passent inaperçues lorsqu’elles sont dispersées dans différents services. Pourtant, cumulées, elles peuvent peser lourdement sur la trésorerie. Le manager doit régulièrement analyser les charges et identifier les coûts qui n’apportent pas de valeur directe à l’entreprise.


Optimiser la gestion des stocks


Des stocks excessifs immobilisent du capital qui pourrait être utilisé autrement. Une gestion plus fine des approvisionnements permet de réduire les immobilisations financières et d’améliorer la trésorerie disponible. Un stock bien dimensionné équilibre disponibilité des produits et optimisation financière.


Mettre en place un plan de trésorerie prévisionnel


Le plan de trésorerie est un outil simple mais extrêmement puissant. Il permet de visualiser les entrées et sorties de cash sur plusieurs semaines ou mois. Grâce à cette anticipation, le manager peut prévoir les périodes de tension et prendre des décisions adaptées avant qu’elles ne deviennent critiques.


Prioriser les investissements


Tous les investissements ne se valent pas en termes d’impact financier. Avant d’engager une dépense importante, le manager doit analyser son retour sur investissement et son impact sur la trésorerie. Cette discipline permet de concentrer les ressources sur les projets réellement créateurs de valeur.


Diversifier les sources de revenus


Une entreprise dépendante d’un nombre limité de clients ou d’une seule activité s’expose à un risque de trésorerie élevé. Diversifier les sources de revenus permet de stabiliser les flux financiers et de sécuriser la liquidité.


Renforcer la discipline financière dans l’entreprise


La gestion de la trésorerie n’est pas seulement l’affaire du service financier. Chaque décision opérationnelle a un impact sur le cash. Lorsque les équipes comprennent l’importance de la trésorerie, elles adoptent des comportements plus responsables dans la gestion des coûts et des délais.


Suivre des indicateurs simples mais réguliers


Un pilotage efficace repose sur quelques indicateurs clés : niveau de trésorerie disponible, délai moyen de paiement clients, rotation des stocks ou encore flux de trésorerie mensuels. Ces indicateurs permettent au manager de disposer d’une vision claire de la situation financière et d’agir rapidement si nécessaire.


Cas pratiques : quand la trésorerie change la trajectoire d’une entreprise


Dans une PME de services, la mise en place d’un suivi systématique des factures clients a permis de réduire les délais de paiement de quinze jours en moyenne. Cette simple amélioration a considérablement renforcé la trésorerie sans augmentation du chiffre d’affaires. Dans une entreprise commerciale, la réduction progressive du niveau de stock a libéré des ressources financières importantes qui ont été réinvesties dans le développement commercial.


Conclusion


Améliorer la trésorerie ne nécessite pas toujours des solutions complexes. Des pratiques simples, appliquées avec discipline, peuvent transformer durablement la santé financière de l’entreprise. Pour le manager, comprendre que la trésorerie est un indicateur stratégique permet d’adopter une gestion plus prudente, plus proactive et plus performante.


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Chez TEAMR & Associés , Votre Expert Comptable en Seine et Marne, nous accompagnons les dirigeants et managers dans la mise en place d’outils de pilotage de la trésorerie adaptés à leur réalité. Nous aidons à structurer les plans de trésorerie, analyser les flux financiers et sécuriser les décisions stratégiques.


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Prévoir, contrôler, ajuster : les secrets du pilotage budgétaire réussi

par Dr Sèna John Ahyee | 24 Feb, 2026 | Finances | 497

Dans un environnement économique marqué par l’incertitude, le budget ne peut plus être un simple document annuel figé. Il doit devenir un outil vivant, au service de la décision et de la performance. Un pilotage budgétaire efficace repose sur trois verbes clés : prévoir pour anticiper, contrôler pour comprendre et ajuster pour rester aligné avec la réalité.

Les managers qui maîtrisent cette dynamique transforment le budget en véritable levier stratégique. Cet article dévoile les principes essentiels d’un pilotage budgétaire réussi et montre comment passer d’un exercice administratif à un outil de management opérationnel.


Prévoir : anticiper pour mieux décider


Prévoir, ce n’est pas deviner l’avenir, mais structurer une vision réaliste des ressources et des besoins. Une bonne prévision budgétaire s’appuie sur l’analyse des données passées, la compréhension des hypothèses clés et l’identification des facteurs de risque.

Le manager doit traduire la stratégie en chiffres, en intégrant les objectifs commerciaux, les charges nécessaires et les investissements prévus. Cette étape permet d’anticiper les tensions de trésorerie, d’évaluer la faisabilité des projets et de fixer des priorités claires. Une prévision bien construite réduit l’improvisation et renforce la qualité des décisions.


Contrôler : comprendre les écarts plutôt que sanctionner


Le contrôle budgétaire ne consiste pas à vérifier mécaniquement si les chiffres sont respectés. Il vise avant tout à comprendre les écarts entre les prévisions et la réalité.

Un écart budgétaire peut révéler une opportunité, comme une hausse d’activité, ou signaler un dysfonctionnement, tel qu’un dépassement de coûts non anticipé. Le rôle du manager est d’analyser ces écarts avec discernement, sans les transformer en outil de sanction. Un contrôle bien mené favorise l’apprentissage collectif et améliore la fiabilité des prévisions futures.


Ajuster : rester agile face à la réalité


Ajuster est la clé d’un pilotage budgétaire performant. Dans un contexte changeant, persister dans un budget devenu irréaliste fragilise l’organisation.

L’ajustement permet de réallouer les ressources, de revoir les priorités et de sécuriser la performance. Il peut s’agir de réduire certaines dépenses, de différer un investissement ou de renforcer un poste budgétaire stratégique. Le manager agile accepte de réviser ses plans pour rester aligné avec la réalité économique, sans perdre de vue les objectifs globaux.


Le budget comme outil de dialogue managérial


Un pilotage budgétaire réussi repose aussi sur la communication. Le budget devient un langage commun entre la direction, les managers et les équipes.

En partageant les objectifs budgétaires et en expliquant les choix financiers, le manager favorise l’adhésion et la responsabilisation. Les équipes comprennent mieux l’impact de leurs actions sur les résultats et s’impliquent davantage dans la maîtrise des coûts et la création de valeur.


Cas pratiques : quand le pilotage budgétaire fait la différence


Dans une PME de services, un manager a mis en place un suivi budgétaire mensuel simple. En analysant régulièrement les écarts, il a identifié une dérive progressive des charges liées aux sous-traitants. L’ajustement rapide des contrats a permis de restaurer la rentabilité sans affecter la qualité des prestations.

Dans une entreprise industrielle, le pilotage budgétaire a révélé un décalage entre les prévisions de production et les ventes réelles. En ajustant les volumes et les achats, le manager a réduit les stocks et amélioré la trésorerie. Ces exemples illustrent l’impact concret d’un pilotage budgétaire actif et réactif.


Les qualités du manager pilote


Le pilotage budgétaire réussi repose moins sur des outils sophistiqués que sur la posture du manager. Il exige rigueur, curiosité et capacité d’adaptation.

Le manager pilote s’intéresse aux chiffres, pose les bonnes questions et agit rapidement. Il considère le budget comme un repère évolutif et non comme une contrainte figée. Cette posture renforce la performance et la résilience de l’organisation.


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Pour accompagner les dirigeants et managers dans la mise en place de systèmes de pilotage budgétaire simples, clairs et adaptés à leur réalité et aider à structurer les prévisions, à analyser les écarts et à transformer le budget en outil de décision stratégique, contactez l'équipe de TEAM R & Associés : secretariat@teamr-associes.com ( cabinets TEAMR & Associés Votre Expert Comptable dans le département 77, SJA Formation Coaching en pilotage dans le département 77). Notre objectif est de permettre aux organisations de piloter leur performance avec anticipation, lucidité et agilité.

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Les erreurs financières les plus fréquentes des entrepreneurs

par Dr Sèna John Ahyee | 11 Feb, 2026 | Finances | 272

Les difficultés financières d’une entreprise ne sont pas toujours liées à une crise externe ou à un manque d’opportunités. Très souvent, elles trouvent leur origine dans des erreurs managériales répétées, parfois invisibles au quotidien. Ces erreurs ne résultent pas d’un manque de bonne volonté, mais d’une mauvaise compréhension des mécanismes financiers ou d’une sous-estimation de leur impact.


Identifier ces erreurs et apprendre à les éviter est essentiel pour tout manager soucieux de préserver la performance, la trésorerie et la pérennité de son organisation. Cet article met en lumière les erreurs financières les plus fréquentes commises par les entrepreneurs et propose des pistes concrètes pour y remédier.


Confondre chiffre d’affaires et rentabilité


L’une des erreurs les plus courantes consiste à se focaliser uniquement sur le chiffre d’affaires. Une activité en croissance peut masquer une rentabilité insuffisante, voire négative. Lorsque les coûts augmentent plus vite que les revenus, l’entreprise s’expose à des tensions financières malgré un volume d’activité élevé.


Pour éviter cette erreur, l'entrepreneur ou le manager doivent systématiquement analyser les marges et comprendre ce que l’entreprise gagne réellement après couverture des charges. La rentabilité doit toujours primer sur la simple croissance du chiffre d’affaires.


Négliger la trésorerie au profit du résultat


De nombreux dirigeants raisonnent en termes de résultat comptable sans accorder une attention suffisante à la trésorerie. Pourtant, une entreprise peut être rentable et se retrouver en difficulté faute de liquidités disponibles.


Ignorer les délais de paiement clients, les échéances fournisseurs ou les charges fixes à venir fragilise l’équilibre financier.


Le dirigeant doit intégrer la trésorerie comme un indicateur de pilotage quotidien, au même titre que les ventes ou la production.


Prendre des décisions sans s’appuyer sur des indicateurs fiables


Décider à l’intuition, sans données chiffrées solides, expose l’entreprise à des choix risqués. Certains entrepreneurs lancent des projets, recrutent ou investissent sans analyser l’impact financier réel.


L’absence de tableaux de bord clairs empêche de mesurer les conséquences des décisions et d’ajuster rapidement la trajectoire. Mettre en place quelques indicateurs simples et régulièrement suivis permet de sécuriser les choix managériaux.


Sous-estimer les coûts cachés


Les coûts visibles ne représentent qu’une partie de la réalité économique. Les erreurs, les retards, la non-qualité, le temps improductif ou les stocks excessifs génèrent des coûts cachés souvent sous-estimés.


Lorsque ces coûts ne sont pas identifiés, ils grèvent progressivement la rentabilité. Le dirigeant attentif cherche à comprendre l’origine de ces pertes invisibles et à les réduire par une meilleure organisation et un suivi rigoureux.


S’endetter sans vision stratégique claire


L’endettement peut être un levier de croissance, mais il devient dangereux lorsqu’il est mal maîtrisé. Contracter des emprunts sans analyser la capacité de remboursement ou sans lien avec un projet rentable expose l’entreprise à une fragilisation financière.


Avant toute décision d’endettement, le dirigeant doit évaluer l’impact sur la structure financière, la trésorerie future et la flexibilité de l’entreprise. Une dette doit toujours servir une stratégie clairement définie.


Cas pratiques : quand les erreurs financières coûtent cher


Dans une PME commerciale, le dirigeant a multiplié les promotions pour augmenter le chiffre d’affaires sans analyser l’impact sur la marge. Résultat : une forte activité, mais une trésorerie sous tension et une rentabilité dégradée. La mise en place d’un suivi des marges a permis de corriger rapidement la stratégie.


Dans une entreprise de services, un manager a recruté plusieurs collaborateurs sans anticiper l’impact sur la trésorerie. Les charges fixes ont augmenté plus vite que les revenus, entraînant des difficultés de paiement. Une meilleure planification financière aurait permis d’étaler les recrutements et de sécuriser la croissance.


Adopter de bons réflexes financiers au quotidien


Éviter ces erreurs passe par l’adoption de réflexes simples mais structurants. L'entrepreneur doit apprendre à lire les indicateurs financiers, à anticiper plutôt qu’à subir et à intégrer la dimension financière dans chaque décision.


La finance ne doit pas être vécue comme une contrainte, mais comme un outil de sécurisation et de performance. Cette posture permet de prendre des décisions plus responsables et plus durables.


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Pour se faire accompagner pour prendre de bonnes décisions , contactez l'équipe de TEAM R & Associés : secretariat@teamr-associes.com ( cabinets TEAMR & Associés Votre Expert Comptable dans le département 77, SJA Formation Coaching en pilotage dans le département 77)

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Les ratios financiers essentiels pour évaluer la santé d’une entreprise

par Dr Sèna John Ahyee | 3 Feb, 2026 | Finances | 492

Évaluer la santé d’une entreprise ne se limite pas à constater un chiffre d’affaires en hausse ou un résultat positif. Derrière les chiffres bruts se cachent des équilibres financiers qu’il est essentiel de comprendre pour piloter efficacement. Les ratios financiers constituent à cet égard des outils de lecture puissants. Ils permettent de transformer des données comptables complexes en indicateurs clairs, comparables et exploitables.

Pour le manager, la maîtrise de quelques ratios clés suffit souvent à détecter les forces, les fragilités et les zones de risque d’une entreprise. Cet article présente les ratios financiers essentiels pour évaluer la santé globale d’une organisation et éclairer la prise de décision.


Pourquoi les ratios financiers sont indispensables au pilotage


Les états financiers fournissent une photographie détaillée de l’entreprise, mais ils peuvent être difficiles à interpréter sans outils de synthèse. Les ratios financiers jouent ce rôle de traduction. Ils mettent en relation différentes données pour révéler des tendances, des équilibres ou des déséquilibres.

Grâce aux ratios, le manager peut comparer la performance de son entreprise dans le temps, la situer par rapport à son secteur et anticiper d’éventuelles difficultés. Ils permettent ainsi de passer d’une lecture descriptive des comptes à une analyse réellement stratégique.


Les ratios de rentabilité : mesurer la capacité à créer de la valeur


La rentabilité est l’un des premiers indicateurs de santé d’une entreprise. Les ratios de rentabilité permettent d’évaluer si l’activité génère suffisamment de valeur par rapport aux ressources mobilisées.

La marge opérationnelle, par exemple, indique la performance de l’activité principale en rapportant le résultat d’exploitation au chiffre d’affaires. Un niveau stable ou en progression traduit une bonne maîtrise des coûts et une proposition de valeur cohérente.

Le ratio de rentabilité nette, quant à lui, permet de mesurer ce que l’entreprise conserve réellement après l’ensemble des charges. Pour le manager, ces ratios sont essentiels pour juger de la viabilité du modèle économique.


Les ratios de liquidité : apprécier la capacité à faire face aux engagements


Une entreprise rentable peut néanmoins rencontrer des difficultés si elle manque de liquidités. Les ratios de liquidité permettent d’évaluer la capacité à honorer les dettes à court terme.

Le ratio de liquidité générale compare les actifs circulants aux passifs à court terme. Un ratio supérieur à un indique que l’entreprise dispose, en théorie, des ressources nécessaires pour faire face à ses échéances immédiates.

Pour le manager, ces ratios sont particulièrement utiles pour anticiper les tensions de trésorerie et sécuriser la continuité de l’activité.


Les ratios d’endettement : analyser la structure financière


La structure financière d’une entreprise influence directement sa capacité à se développer et à résister aux chocs. Les ratios d’endettement mesurent le niveau de dépendance vis-à-vis des financements externes.

Le ratio d’endettement rapportant les dettes financières aux capitaux propres permet d’apprécier l’équilibre entre fonds propres et dettes. Un endettement maîtrisé peut être un levier de croissance, tandis qu’un niveau excessif fragilise l’entreprise en période d’incertitude.

Pour le manager, ces ratios sont indispensables avant toute décision d’investissement ou de financement.


Les ratios d’activité : évaluer l’efficacité opérationnelle


Les ratios d’activité analysent la manière dont l’entreprise utilise ses ressources. Ils portent notamment sur la rotation des stocks, les délais de paiement clients ou fournisseurs.

Un délai de paiement client trop long, par exemple, peut détériorer la trésorerie même en présence d’une activité soutenue. À l’inverse, une bonne rotation des stocks traduit une gestion efficace et limite les immobilisations financières.

Ces ratios permettent au manager d’identifier des leviers d’amélioration opérationnelle concrets.


Cas pratiques : lire la santé financière au-delà des apparences


Dans une PME commerciale, l’analyse des ratios a révélé une bonne rentabilité mais une liquidité insuffisante due à des délais de paiement clients trop élevés. En agissant sur la politique de recouvrement, le dirigeant a rapidement amélioré la trésorerie sans augmenter les ventes.

Dans une entreprise industrielle, un ratio d’endettement en hausse a alerté le management sur un risque de fragilisation financière. Cette prise de conscience a conduit à renforcer les fonds propres avant de lancer un nouvel investissement.

Ces exemples montrent que les ratios financiers permettent de détecter des signaux faibles invisibles dans les chiffres bruts.


Utiliser les ratios comme outils de décision, pas comme une fin en soi


Les ratios financiers ne doivent pas être analysés isolément. Ils prennent tout leur sens lorsqu’ils sont comparés dans le temps, confrontés aux normes du secteur et interprétés à la lumière du contexte stratégique.

Le manager doit les considérer comme des outils d’aide à la décision, et non comme des verdicts définitifs. Leur valeur réside dans leur capacité à orienter l’analyse et à éclairer les choix.



Notre partenaire TEAMR & ASSOCIES Expert Comptable 77 vous accompagnent dans l’analyse et l’interprétation des ratios financiers. Nous aidons à sélectionner les indicateurs pertinents, à construire des tableaux de bord clairs et à transformer les données financières en décisions opérationnelles. Notre objectif est de permettre aux entreprises de piloter leur santé financière avec lucidité et anticipation.


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Le manager financier : un état d’esprit plus qu’une compétence

par Dr Sèna John Ahyee | 14 Jan, 2026 | Finances | 337

Dans de nombreuses organisations, la finance est encore perçue comme une affaire de spécialistes. On associe spontanément la performance financière à des compétences techniques, à la maîtrise des chiffres ou à la connaissance des normes comptables. Pourtant, les managers les plus performants ne sont pas nécessairement ceux qui savent tout calculer, mais ceux qui savent penser financièrement.

Être un manager financier ne signifie pas devenir expert-comptable, mais adopter un état d’esprit orienté vers la création de valeur, la maîtrise des ressources et la prise de décision responsable. Cet article montre pourquoi la performance financière est avant tout une posture managériale, et comment cet état d’esprit peut transformer durablement la gestion d’une équipe ou d’une organisation.


Au-delà des chiffres : comprendre la logique financière


La finance n’est pas qu’une accumulation de chiffres, elle raconte une histoire. Elle traduit les choix stratégiques, les priorités opérationnelles et les comportements managériaux. Le manager financier est celui qui cherche à comprendre cette logique plutôt que de subir les résultats.

Lorsqu’un manager analyse une baisse de marge, il ne se contente pas de constater un chiffre négatif. Il s’interroge sur les causes possibles, sur les processus internes, sur les décisions commerciales ou organisationnelles qui ont conduit à cette situation. Cette capacité à relier les chiffres aux actions est au cœur de l’état d’esprit financier.


La responsabilité financière comme réflexe managérial


Adopter un état d’esprit financier, c’est intégrer la notion de responsabilité économique dans chaque décision. Le manager financier se demande systématiquement quel sera l’impact de ses choix sur les coûts, la rentabilité et la trésorerie.

Qu’il s’agisse de recruter, d’investir, de lancer un projet ou de modifier une organisation, il anticipe les conséquences financières sans bloquer l’innovation. Cette posture favorise une gestion équilibrée, où la performance économique soutient la performance opérationnelle.


Piloter avec des indicateurs plutôt qu’avec des intuitions


Le manager financier ne rejette pas l’intuition, mais il la confronte aux faits. Il s’appuie sur quelques indicateurs clés pour orienter ses décisions et suivre la performance.

Cette discipline permet d’éviter les décisions émotionnelles, les effets de mode ou les choix impulsifs. Elle renforce également la crédibilité du manager auprès de sa hiérarchie, de ses équipes et de ses partenaires. Les chiffres deviennent alors un support de dialogue et non une source de tension.


Cas pratiques : quand l’état d’esprit fait la différence


Dans une entreprise de services, un manager a décidé d’intégrer la notion de rentabilité dans la gestion quotidienne de son équipe. Sans modifier les compétences techniques, il a commencé à expliquer l’impact du temps non facturé sur la marge globale. Cette simple prise de conscience a conduit à une meilleure organisation du travail et à une amélioration significative des résultats.

Dans une PME industrielle, un responsable de production a adopté une posture financière en s’intéressant au coût réel des non-qualités. En impliquant son équipe dans l’analyse des pertes, il a instauré une culture de responsabilité qui a réduit les coûts sans pression supplémentaire.

Dans ces situations, ce n’est pas une compétence comptable qui a changé la performance, mais un changement de regard.


Transmettre l’état d’esprit financier à son équipe


Le manager financier ne garde pas cette posture pour lui seul. Il la diffuse au sein de son équipe en donnant du sens aux chiffres et en expliquant les enjeux économiques.

En partageant les objectifs financiers de manière pédagogique, il responsabilise ses collaborateurs et renforce leur engagement. La finance devient alors un levier de cohésion plutôt qu’un sujet anxiogène.


Un leadership fondé sur la création de valeur durable


L’état d’esprit financier renforce le leadership managérial. Il permet de concilier performance économique, vision stratégique et responsabilité collective.

Le manager financier est capable de dire non à des décisions séduisantes mais risquées, tout en soutenant des projets porteurs de valeur à long terme. Il agit comme un garant de l’équilibre entre ambition et réalisme.


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Pour se faire accompagner dans le développement de cet état d’esprit financier et se faire aider à comprendre les mécanismes économiques, à lire les indicateurs clés et à intégrer la finance dans les pratiques managériales quotidiennes, contactez l'équipe de TEAM R & Associés : secretariat@teamr-associes.com ( cabinets TEAMR & Associés Votre Expert Comptable dans le département 77, SJA Formation Coaching en pilotage dans le département 77)

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Comment sensibiliser son équipe à la performance financière

par Dr Sèna John Ahyee | 24 Dec, 2025 | Finances | 989

La performance financière d’une entreprise ne repose pas uniquement sur les décisions de la direction ou du service financier. Elle est avant tout le résultat des comportements quotidiens, des choix opérationnels et du niveau de compréhension économique de l’ensemble des équipes. Pourtant, dans de nombreuses organisations, la finance reste perçue comme un sujet réservé aux dirigeants ou aux comptables.

Sensibiliser son équipe à la performance financière devient alors un enjeu stratégique majeur. Lorsqu’une équipe comprend l’impact de ses actions sur les coûts, les marges et la rentabilité, elle agit de manière plus responsable, plus efficace et plus alignée avec les objectifs de l’entreprise. Cet article montre comment le manager peut transformer la culture financière de son équipe en levier de performance durable.


Pourquoi la performance financière concerne toute l’équipe


Chaque action opérationnelle a une traduction financière. Un retard de livraison, une mauvaise gestion des stocks, un temps improductif ou une erreur de facturation ont un impact direct sur les résultats de l’entreprise. Lorsque les collaborateurs ne perçoivent pas ce lien, ils travaillent sans conscience économique, ce qui fragilise la performance globale.

À l’inverse, une équipe sensibilisée à la performance financière comprend que ses décisions quotidiennes influencent la rentabilité, la trésorerie et la pérennité de l’organisation. Cette prise de conscience favorise l’engagement, la responsabilisation et l’esprit de performance collective.


Démystifier la finance pour mieux l’approprier


La première étape pour sensibiliser une équipe consiste à rendre la finance accessible. Il ne s’agit pas d’enseigner la comptabilité dans sa complexité, mais d’expliquer les notions essentielles avec un langage simple et concret.

Le manager doit traduire les chiffres en réalités opérationnelles. Par exemple, expliquer qu’une marge insuffisante limite la capacité à investir, à recruter ou à améliorer les conditions de travail permet aux collaborateurs de comprendre pourquoi la performance financière est un enjeu collectif. La finance devient alors un outil de compréhension et non une contrainte abstraite.


Relier les objectifs financiers aux actions quotidiennes


Pour qu’une équipe s’approprie la performance financière, elle doit percevoir clairement le lien entre ses actions et les résultats économiques. Le rôle du manager est de montrer comment chaque poste contribue à la création de valeur.

Un commercial comprend l’importance de la marge lorsqu’il voit son impact sur la rentabilité globale. Un responsable opérationnel devient plus attentif aux coûts lorsqu’il réalise que la maîtrise des dépenses améliore directement la trésorerie. Cette logique de lien direct entre action et résultat renforce la cohérence et l’efficacité collective.


Partager les indicateurs clés sans créer de pression


La transparence financière est un levier puissant lorsqu’elle est bien utilisée. Partager quelques indicateurs simples, comme l’évolution du chiffre d’affaires, de la marge ou des coûts, permet à l’équipe de suivre les résultats et de mesurer les progrès réalisés.

L’objectif n’est pas de mettre la pression, mais de donner de la visibilité. Lorsque les collaborateurs comprennent les chiffres et leur évolution, ils se sentent impliqués et responsables. Le manager doit veiller à présenter ces indicateurs comme des outils de pilotage et non comme des instruments de contrôle ou de sanction.


Cas pratiques : quand la sensibilisation change les comportements


Dans une entreprise de services, un manager a commencé à expliquer à son équipe comment le temps non facturé affectait directement la rentabilité. En quelques semaines, les collaborateurs ont amélioré leur organisation, réduit les pertes de temps et augmenté la marge sans augmentation de la charge de travail.

Dans une PME industrielle, le partage mensuel des coûts liés aux rebuts et aux erreurs de production a permis aux équipes de mieux contrôler les processus. La simple compréhension de l’impact financier a conduit à une baisse significative des pertes et à une amélioration durable de la performance.


Instaurer une culture financière progressive et durable


La sensibilisation à la performance financière ne se fait pas en une seule réunion. Elle s’inscrit dans une démarche continue. Le manager doit régulièrement rappeler les enjeux, expliquer les évolutions et valoriser les comportements responsables.

Former progressivement les équipes à la lecture de quelques indicateurs clés permet de créer une culture financière partagée. Cette culture favorise la prise d’initiative, la responsabilisation et la recherche permanente d’amélioration.


Le rôle clé du manager comme pédagogue financier


Le manager devient un véritable relais entre la stratégie financière et les équipes opérationnelles. Son rôle n’est pas de transmettre des chiffres bruts, mais de leur donner du sens.

En expliquant, en illustrant et en reliant les données financières à la réalité du terrain, le manager transforme la performance financière en objectif collectif. Cette posture renforce son leadership et crédibilise son action managériale.


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Pour découvrir comment mettre en place une culture de performance financière partagée, contactez l'équipe de TEAM R & Associés : secretariat@teamr-associes.com ( cabinets TEAMR & Associés Votre Expert Comptable dans le département 77, SJA Formation Coaching en pilotage dans le département 77)


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Intelligence artificielle et comptabilité : ce que tout manager doit savoir

par Dr Hugues Domingo | 18 Dec, 2025 | Finances | 582

L’intelligence artificielle s’impose progressivement dans toutes les fonctions de l’entreprise, et la comptabilité n’échappe pas à cette transformation. Longtemps perçue comme un domaine strictement normé et peu innovant, elle connaît aujourd’hui une mutation profonde portée par l’automatisation, l’analyse prédictive et la data intelligente.

Pour le manager, l’enjeu n’est pas de devenir expert en intelligence artificielle, mais de comprendre comment ces nouvelles technologies transforment la production de l’information financière et, surtout, comment elles peuvent améliorer la qualité des décisions stratégiques. L’IA ne remplace pas le jugement managérial, elle le renforce. Cet article vise à donner aux managers les clés essentielles pour comprendre le rôle de l’IA en comptabilité et en tirer un avantage concurrentiel.


L’IA en comptabilité : de quoi parle-t-on réellement ?


Dans le domaine comptable, l’intelligence artificielle regroupe l’ensemble des technologies capables de traiter automatiquement de grands volumes de données financières, d’apprendre à partir de ces données et de produire des analyses à forte valeur ajoutée. Elle intervient notamment dans la reconnaissance automatique des factures, le classement des écritures comptables, la détection d’anomalies, la prévision de trésorerie ou encore l’analyse des performances.

Concrètement, cela signifie que de nombreuses tâches répétitives et chronophages sont désormais automatisées, libérant du temps pour l’analyse, le conseil et la prise de décision. Pour le manager, cette évolution transforme la comptabilité d’un outil de constat en un véritable système d’aide au pilotage.


Automatisation comptable : un gain de fiabilité et de réactivité


L’un des premiers apports visibles de l’IA est l’automatisation des processus comptables. Les logiciels intelligents sont capables d’intégrer des factures, de les rapprocher des paiements, de comptabiliser les opérations et de produire des états financiers en temps quasi réel.

Cette automatisation réduit fortement les risques d’erreurs humaines, accélère les délais de clôture et améliore la fiabilité de l’information financière. Pour le manager, cela se traduit par un accès plus rapide à des données fiables, condition indispensable pour décider dans des environnements complexes et mouvants.


De la comptabilité descriptive à la comptabilité prédictive


L’intelligence artificielle permet également de dépasser la simple lecture du passé. Grâce à l’analyse de données historiques, les outils intelligents sont capables de produire des prévisions de trésorerie, d’anticiper des tensions financières ou de simuler l’impact de décisions futures.

Un manager peut ainsi visualiser les conséquences d’un investissement, d’un recrutement ou d’un changement de politique tarifaire avant même de prendre la décision. La comptabilité devient alors prospective, orientée vers l’anticipation plutôt que vers le simple contrôle a posteriori.


Cas pratiques : quand l’IA améliore la décision managériale


Prenons l’exemple d’un dirigeant de PME confronté à des tensions de trésorerie récurrentes. En utilisant un outil de prévision basé sur l’IA, il identifie que les retards de paiement de certains clients auront un impact critique dans les trois mois à venir. Il peut alors agir en amont, ajuster ses conditions de paiement ou négocier des solutions de financement adaptées.

Dans une entreprise de services, un manager utilise l’IA pour analyser la rentabilité de ses projets. L’outil met en évidence des écarts entre le temps facturé et le temps réellement consommé. Cette information permet de revoir l’organisation du travail et d’améliorer significativement la marge globale.

Dans ces situations, l’IA ne décide pas à la place du manager, mais elle éclaire ses choix avec une précision nouvelle.


Le rôle du manager à l’ère de l’IA comptable


Face à l’intelligence artificielle, le rôle du manager évolue. Il ne s’agit plus seulement de contrôler les chiffres, mais de les interpréter, de les questionner et de les relier à la stratégie globale de l’entreprise. Le manager reste responsable du sens donné aux données.

L’IA fournit des analyses, mais c’est le manager qui arbitre, priorise et décide. Une mauvaise compréhension des outils ou une confiance aveugle dans les algorithmes peut être aussi dangereuse qu’une absence totale de données. La compétence clé devient donc la capacité à dialoguer avec les outils numériques et avec les experts comptables.


Pourquoi l’IA est une opportunité et non une menace


Contrairement à certaines idées reçues, l’intelligence artificielle ne remplace pas les managers ni les experts-comptables. Elle transforme leurs métiers. Elle automatise les tâches à faible valeur ajoutée et renforce le rôle stratégique de l’humain.

Pour les managers, elle représente une opportunité unique d’améliorer la qualité des décisions, de sécuriser la gestion financière et de piloter la performance avec davantage de visibilité et de réactivité.


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Pour découvrir comment rendre performante votre comptabilité grâce à l’IA, contactez l'équipe de TEAM R & Associés : secretariat@teamr-associes.com ( cabinets TEAMR & Associés Votre Expert Comptable dans le département 77, SJA Formation Coaching en pilotage dans le département 77)

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La comptabilité: outil de pilotage

par Dr Sèna John Ahyee | 11 Dec, 2025 | Finances | 470

Dans de nombreuses organisations, la comptabilité est encore perçue comme une obligation administrative destinée à répondre aux exigences fiscales ou légales. Pourtant, pour un manager averti, elle constitue bien plus que cela : c’est l’un des outils de pilotage les plus puissants pour orienter la stratégie, anticiper les risques et améliorer la performance.


Passer d’un simple suivi budgétaire à une véritable gestion pilotée par les chiffres change profondément la manière de décider.


Cet article montre comment transformer la comptabilité en un levier opérationnel, accessible à tout manager, même sans formation comptable.


La comptabilité : un langage stratégique avant d’être un outil technique


Bien utilisée, la comptabilité offre une vision fidèle de l’activité, des flux de ressources et de la rentabilité. Elle met en lumière les forces, les faiblesses et les leviers d’amélioration de l’entreprise. Lorsqu’un manager apprend à lire ces données, il ne subit plus les événements : il les anticipe.


Le budget devient alors non pas un document figé, mais une boussole dynamique qui guide les choix et éclaire les zones de risque. Une variation de charges, une baisse de marge ou une tension de trésorerie cessent d’être des surprises : ce sont des signaux d’alerte qui permettent d’intervenir rapidement.


Du suivi budgétaire à la décision : comprendre ce que racontent les chiffres


Le suivi budgétaire traditionnel consiste à comparer les prévisions aux réalisations. Cette approche est nécessaire mais insuffisante. Le manager doit aller plus loin et interpréter les écarts pour comprendre ce qu’ils traduisent réellement.


Un dépassement de budget peut révéler une hausse de l’activité nécessitant des ressources supplémentaires, tout comme il peut signaler un problème d'organisation ou un manque de contrôle. De même, un budget sous-exécuté n’est pas toujours positif : il peut cacher une baisse de performance commerciale ou un retard dans un projet stratégique.


Transformer la comptabilité en levier décisionnel revient à relier chaque chiffre à son impact concret sur l’activité.


Le rôle clé des tableaux de bord dans la transformation managériale


Pour devenir un outil décisionnel, la comptabilité doit être traduite en indicateurs clairs, compréhensibles et actualisés. Le tableau de bord financier remplit exactement cette fonction.


Lorsqu’il est bien conçu, il permet au manager de suivre en un regard les marges, les charges, les flux de trésorerie, les variations de coûts et la rentabilité des différentes activités.


En observant régulièrement ces indicateurs, le manager développe une véritable culture financière. Il devient capable d’ajuster ses actions, de prioriser ses décisions et de prendre de l’avance sur les difficultés plutôt que de les subir.


Cas pratiques : comment la comptabilité devient un outil de performance


Prenons l’exemple d’un directeur d’agence dans le secteur des services. Pendant longtemps, il se contentait de consulter ses résultats en fin de trimestre sans analyser les détails. Avec l’accompagnement de son équipe comptable, il a commencé à suivre mensuellement la marge par type de prestation. Il a alors découvert que certaines missions très consommatrices en temps réduisaient fortement la rentabilité globale. En ajustant ses tarifs et en réorganisant la planification, il a réussi à améliorer immédiatement son résultat d’exploitation.


Autre situation : un responsable logistique observait régulièrement des écarts entre son budget carburant et les dépenses réelles. En analysant les données comptables, il a constaté que certaines tournées étaient mal optimisées. Une simple révision des itinéraires lui a permis de réduire ses charges de 12% en quelques mois.


Ces exemples illustrent une vérité simple : lorsqu’un manager comprend le sens des chiffres, il gagne en efficacité et en anticipation.


Pourquoi adopter une comptabilité orientée performance change tout


Une comptabilité orientée performance permet d’accroître la marge, de sécuriser la trésorerie et d’améliorer la qualité des décisions. Elle renforce également la communication interne, car les chiffres deviennent un langage partagé entre la direction, les équipes opérationnelles et les partenaires financiers.


En adoptant cette vision, les managers cessent de voir la comptabilité comme une contrainte. Ils la considèrent comme un véritable levier pour orienter l’avenir, optimiser les ressources et piloter la croissance.


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Nos partenaires (TEAMR & ASSOCIES Expert Comptable en Seine-et-Marne, SJA Formation Coaching ) vous accompagnent à mettre en place des outils de pilotage adaptés à votre activité.

Une entreprise performante est avant tout une entreprise qui comprend ses chiffres et sait les utiliser pour décider.


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Les 7 indicateurs financiers que tout manager doit maîtriser

par Dr Hugues Domingo | 9 Dec, 2025 | Finances | 285

Dans un environnement économique où l’incertitude devient la norme, piloter une organisation uniquement à l’intuition expose le manager à des décisions risquées. La compréhension des données financières est aujourd’hui un impératif stratégique, quel que soit le niveau de responsabilité. Dirigeants, responsables de service et chefs de projet doivent être capables d’interpréter les chiffres clés qui traduisent la réalité économique de leur activité.


Bonne nouvelle : il n’est pas nécessaire d’être expert-comptable pour y parvenir. En maîtrisant quelques indicateurs fondamentaux, tout manager peut analyser les performances, anticiper les difficultés et orienter l’entreprise vers des choix plus sécurisés.


TEAM R & Associés (cabinet de conseil en pilotage d'entreprise) présente ici les sept indicateurs financiers essentiels pour un pilotage d'entreprise performant.


1. Le chiffre d’affaires : la boussole de l’activité


Le premier repère financier d’une entreprise reste son chiffre d’affaires, qui mesure le volume global d’activité sur une période donnée. Il indique la dynamique commerciale, la progression ou le ralentissement du marché, et permet d’évaluer l’impact de la stratégie commerciale.


Suivi régulièrement, il révèle rapidement une anomalie, une baisse inattendue ou au contraire une opportunité de croissance. Lorsqu’un dirigeant observe un ralentissement soudain du chiffre d’affaires sur une gamme de produits, il peut par exemple décider de renforcer une action marketing ciblée ou de revoir la politique tarifaire.


Le chiffre d’affaires constitue ainsi le premier signal de pilotage.


2. La marge brute : ce que l’entreprise gagne réellement sur ses ventes


Si le chiffre d’affaires montre le volume d’activité, la marge brute indique ce que l’entreprise gagne réellement avant de supporter ses frais de structure.


Elle correspond à la différence entre le chiffre d’affaires et le coût des biens ou services vendus. L’analyse de la marge brute permet de comprendre quels produits, quels services ou quels clients contribuent réellement à la rentabilité.


Lorsque la marge brute d’une activité diminue, cela peut révéler une augmentation des coûts d’achat, une pression concurrentielle, ou une inadéquation entre prix de vente et structure de coûts.


Pour un manager, c’est un indicateur central dans la prise de décision commerciale et opérationnelle.


3. L’EBE (Excédent Brut d'Exploitation) : la mesure de la performance opérationnelle


L’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) permet d’évaluer les performances issues du seul cœur d’activité, sans tenir compte des éléments financiers ou exceptionnels. Il soustrait de la marge brute, la masse salariale et les autres charges d'exploitation. Il reflète la capacité d’une organisation à générer des résultats à partir de son exploitation normale.


Un EBE solide témoigne d’un modèle économique sain, tandis qu’un EBE en baisse doit alerter sur un dysfonctionnement dans les coûts, les prix, l’organisation interne ou la productivité.


Beaucoup d’investisseurs et de partenaires financiers fondent leurs analyses sur cet indicateur, car il exprime la rentabilité opérationnelle réelle d’une structure.


4. Le seuil de rentabilité : le point d’équilibre indispensable


Le seuil de rentabilité indique le niveau de chiffre d’affaires minimum que l’entreprise doit atteindre pour couvrir l’ensemble de ses charges. En dessous, elle enregistre une perte ; au-dessus, elle génère un bénéfice.


Connaître son seuil de rentabilité permet à un manager de fixer des objectifs commerciaux réalistes, d’anticiper les périodes critiques et de piloter ses équipes avec des données précises.


Lorsqu’une entreprise évolue dans un marché saisonnier ou en forte concurrence, ce seuil devient un repère stratégique permettant d’ajuster ses actions et ses priorités.


5. La trésorerie disponible : l’oxygène de l’entreprise


La trésorerie représente la capacité de l’entreprise à faire face à ses engagements immédiats. Une organisation peut être rentable sur le papier et pourtant se retrouver en difficulté si elle manque de liquidités.


Suivre la trésorerie réelle et prévisionnelle permet au manager de planifier les dépenses, de sécuriser les investissements et d’anticiper les tensions financières.


Une gestion proactive de la trésorerie évite les ruptures de paiement, renforce la crédibilité auprès des partenaires et offre une marge de manœuvre stratégique face aux imprévus.


6. Le DSO : maîtriser le délai de paiement des clients


Le DSO (Days Sales Outstanding) mesure le délai moyen nécessaire pour encaisser les factures clients. Plus il est élevé, plus la trésorerie de l’entreprise est mise sous pression. En observant ce délai par client ou par segment, le manager peut identifier les sources de retard, ajuster les conditions de paiement ou mettre en place des processus de relance plus efficaces.


Une diminution du DSO libère rapidement du cash, améliore la flexibilité financière et réduit le besoin en financement externe.


7. Le ratio d’endettement : évaluer la solidité financière


Le ratio d’endettement permet de mesurer la capacité de l’entreprise à faire face à ses engagements financiers. Il compare le niveau de dettes avec les capitaux propres et indique si la structure financière est équilibrée ou fragilisée.


Un ratio trop élevé peut rendre l’entreprise dépendante des créanciers et limiter sa capacité d’investissement.


Avant toute demande de prêt ou décision stratégique majeure, cet indicateur offre une lecture fiable de la marge de sécurité financière.


Cas pratiques : comment ces indicateurs transforment la gestion


Prenons l’exemple d’un chef de chantier travaillant dans une PME du BTP.


En suivant attentivement la marge brute de chaque projet, il peut identifier rapidement les chantiers les plus rentables et ajuster ses priorités en conséquence. Lorsqu'il analyse également sa trésorerie prévisionnelle, il devient capable de planifier ses achats de matériaux au meilleur moment tout en préservant la santé financière de l’entreprise.


À l’inverse, un consultant informatique indépendant utilise régulièrement son seuil de rentabilité mensuel pour évaluer le nombre de missions nécessaires afin de couvrir ses charges. En maîtrisant en parallèle son DSO, il sait anticiper ses encaissements, gérer ses relances et sécuriser ses revenus, ce qui lui offre une visibilité financière indispensable.


Pourquoi ces indicateurs sont essentiels pour les managers


Ces sept indicateurs ne sont pas réservés aux spécialistes de la finance. Lorsqu’ils sont compris et régulièrement suivis, ils deviennent de véritables leviers de pilotage stratégique. Ils facilitent le dialogue avec la direction, renforcent la crédibilité auprès des partenaires et permettent de mobiliser les équipes autour d’objectifs clairs et mesurables. Ils constituent également un langage commun permettant une meilleure coordination entre les services.


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Comment TEAM R & Associés peut vous accompagner ?


TEAM R & Associés accompagne les dirigeants, managers et entrepreneurs dans la mise en place de tableaux de bord adaptés à leurs besoins. Le cabinet propose des formations à la lecture des indicateurs financiers et aide à construire des stratégies de pilotage simples, mesurables et efficaces.


Que vous dirigiez une entreprise, un service ou un projet, nous vous aidons à donner du sens à vos chiffres afin de prendre des décisions plus pertinentes.


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Lire et comprendre ses états financiers

par Dr Sèna John Ahyee | 10 Nov, 2025 | Finances | 771

Dans un contexte économique toujours plus complexe et performant, la maîtrise de ses états financiers n'est plus une option pour le dirigeant.


C'est une compétence stratégique incontournable qui permet de piloter efficacement l'entreprise, de prendre des décisions éclairées, et d'assurer sa pérennité. Pourtant, nombre de chefs d'entreprise perçoivent encore la lecture des états financiers comme une tâche technique, abstraite ou réservée aux experts comptables. Il est temps de dépasser cette vision et d'appréhender ces documents comme de véritables outils de pilotage stratégique.


Cet article propose, dans un langage clair et opérationnel, de décrypter les états financiers essentiels et de révéler leur rôle stratégique pour tout dirigeant ambitieux.


Pourquoi les états financiers sont-ils cruciaux pour un dirigeant ?


Les états financiers constituent le reflet chiffré de la santé économique de l'entreprise. Ils offrent une radiographie précise des ressources, des engagements, des performances et des flux financiers. Pour un dirigeant, ces documents sont autant d'indicateurs pour contrôler la rentabilité, gérer la trésorerie, anticiper les risques et dialoguer efficacement avec les investisseurs, banques, fournisseurs ou partenaires. Comprendre ses états financiers, c'est ainsi gagner en autonomie dans la prise de décision, réduire la dépendance à des conseils externes, et instaurer une gouvernance plus rigoureuse. Mais au-delà de la simple lecture, il s'agit de savoir analyser ces données en lien direct avec la stratégie d'entreprise.


Quel modèle économique supportons-nous ? Quelle est la nature de nos coûts et marges ? Notre structure financière est-elle solide ? Nos investissements créent-ils de la valeur ? Autant de questions qui doivent guider l'interprétation des chiffres comptables.


Les trois documents financiers incontournables

Pour décrypter l'économie d'une entreprise, trois documents doivent retenir toute l'attention d'un dirigeant : le bilan, le compte de résultat et le tableau des flux de trésorerie.


1. Le bilan : la photographie du patrimoine à un instant T


Le bilan est souvent perçu comme un simple état comptable figé, mais il s'agit, en réalité, d'une photographie très stratégique. Il présente les actifs (ce que possède l'entreprise) d'un côté et les passifs (ce qu'elle doit) de l'autre, équilibrés par la notion de fonds propres.


Les actifs comprennent notamment les immobilisations (biens durables nécessaires à l'activité), les stocks, les créances clients, et la trésorerie disponible. Les passifs regroupent les dettes financières, les dettes fournisseurs et les capitaux propres (capital apporté par les actionnaires et bénéfices non distribués).


Analyser le bilan permet d'apprécier la structure financière : un financement majoritaire par fonds propres témoigne de solidité, tandis qu'un recours excessif à l'endettement peut augmenter la vulnérabilité de l'entreprise en période de crise. Le dirigeant averti examine également la qualité des actifs : la valorisation correcte des stocks, la récupération des créances, ou encore le renouvellement maîtrisé des immobilisations.


2. Le compte de résultat : le baromètre de la performance économique


Le compte de résultat résume les produits (chiffre d'affaires, autres revenus) et les charges sur une période donnée, permettant de mesurer le résultat net (bénéfice ou perte). La lecture stratégique de ce document porte sur l'analyse des marges, des coûts fixes et variables, et de l'évolution du résultat.


Il s'agit d'identifier quels segments d'activité sont rentables, où se concentrent les coûts, et quel est l'impact des charges financières ou exceptionnelles.


Un dirigeant doit s'attacher à décortiquer les résultats en plusieurs niveaux (marge brute, EBITDA[BJ1] [L2] (signifie en anglais « Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization », ce qui signifie « Bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement», résultat d'exploitation) pour mieux piloter la rentabilité.


3. Le tableau des flux de trésorerie : l'essence de la liquidité


Souvent délaissé par manque de maîtrise, le tableau des flux de trésorerie est pourtant le document vital pour garantir la survie financière. Il détaille les entrées et sorties d'argent générées par l'exploitation, l'investissement et le financement. Une entreprise peut être rentable sur le papier (compte de résultat positif) mais en situation de tension de trésorerie mortelle.


Ce tableau permet de suivre la capacité à générer du cash-flow, à financer les investissements, et à rembourser ses dettes. Le dirigeant doit s'assurer que l'activité dégage suffisamment de liquidités pour faire face aux engagements courants sans recourir excessivement au financement externe. La gestion proactive de la trésorerie est un levier de flexibilité et d'innovation.


Comprendre les indicateurs clés pour une analyse efficace


La simple lecture des chiffres, même dans les trois états financiers, ne suffit pas. Le dirigeant stratégique combine ces données à travers des indicateurs clés.

Voici les indicateurs clés :

  1. Ratio d'endettement = Dettes financières / Capitaux propres : mesure le levier financier, un ratio trop élevé signale un risque.
  2. Ratio de liquidité générale = Actifs circulants / Passifs circulants : la capacité à couvrir les dettes à court terme.
  3. Marge opérationnelle = Résultat économique / Chiffre d'affaires : évalue la rentabilité de l'activité principale.
  4. Besoins en fonds de roulement, BFR = Stocks moyens + Encours moyen "Créances clients" - Encours moyen "Dettes fournisseurs" :indicateur essentiel pour tout créateur d'entreprise. Il correspond à l'argent dont l'entreprise a besoin en permanence pour financer son exploitation. Plus le BFR est élevé, plus l’entreprise a besoin de se financer à court terme.
  5. Délai moyen de paiement clients = (Créances clients / Chiffre d'affaires) * 360 : analyser l'efficacité de la gestion du crédit client.

Ces indicateurs clés, ne sont pas des fins en soi, mais des points de vigilance pour orienter les décisions, détecter des anomalies.


Passer des chiffres à la stratégie


Le véritable enjeu pour tout dirigeant est de ne pas se contenter d'une lecture comptable mais de faire des états financiers un levier d'action. Cela passe par plusieurs pratiques clés :

  1. Mettre en place un reporting régulier et personnalisé qui intègre non seulement les chiffres historiques mais aussi des projections adaptées aux objectifs de développement.
  2. Décliner les objectifs financiers en actions concrètes : optimisation des coûts, renégociation des financements, pilotage des marges, gestion rigoureuse des stocks et créances.
  3. Sensibilisateur et ancien son comité de direction à la lecture financière pour un pilotage collectif éclairé. Etc...


Les risques d'une mauvaise compréhension


Ignorer ou mal interpréter ses états financiers peut coûter cher. Outre la mauvaise allocation des ressources, cela peut aboutir à un endettement mal maîtrisé, à une rupture de trésorerie, ou à une perte d'opportunité de croissance. De plus, cela affaiblit la crédibilité du dirigeant face aux partenaires stratégiques. Par ailleurs, dans le cadre des contrôles fiscaux ou juridiques, la compréhension des comptes garantit la conformité et évite des sanctions lourdes. Maîtriser ses états financiers, c'est en somme protéger l'entreprise dans toutes ses dimensions.


Lire et comprendre ses états financiers est un acte de leadership. C'est s'approprier le langage universel de la gestion pour piloter avec confiance et anticipation. Pour le diriger, investir du temps dans cette lecture stratégique revient à sécuriser l'avenir et à bâtir une entreprise agile, capable de s'adapter aux défis économiques. Il ne s'agit pas de devenir un expert-comptable, mais d'acquérir les clés pour dialoguer avec eux, interpréter les chiffres, et orienter les décisions de manière éclairée, et nous sommes prêts à vous accompagner. En ce sens, la maîtrise des états financiers est un pilier fondamental de la gouvernance moderne et un levier indispensable de croissance responsable.


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Nos partenaires ( cabinets TEAMR & Associés Votre Expert Comptable dans le département 77, SJA Formation Coaching en pilotage dans le département 77) vous accompagnent dans le pilotage d'entreprise, le controle de gestion, le diagnostic et la mise en oeuvre de votre stratégie. Nos spécialistes sont à votre disposition pour un accompagnement sur mesure de votre entreprise.


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Financement et gestion budgétaire d'un projet

par Dr Sèna John Ahyee | 21 Dec, 2023 | Finances | 1604

Le financement d’un projet est la somme des moyens financiers mobilisés pour l’ensemble du projet, avant-projet compris. Que le projet soit interne ou externe, c’est au maître d’ouvrage de mobiliser ces fonds. Le financement du projet peut avoir deux origines : il peut être assuré par des fonds propres de l’entreprise ou faire appel à des financements extérieurs. 

Après avoir présenté les modalités de financement d'un projet, nous présenterons dans cet article quelques bonnes pratiques concernant sa gestion budgétaire.


Les enjeux concernant le financement d’un projet 


Les “financeurs”, qu’il s’agisse d’entreprises privées, de banques ou d'États (projets gouvernementaux), prennent toujours leurs décisions de financement en fonction de la fiabilité technique et ou économique du projet. C’est pourquoi toutes les questions liées à la gestion des risques du projet représentent la clé du succès d’un financement de projet. 


Pour prendre une décision de financement en étant certain que le projet est techniquement et économiquement viable, il faudrait avoir terminé l’ensemble des études et avoir fait une analyse de risques détaillée. Cela représente un coût important qui serait perdu pour tout le monde si la décision conduisait à ne pas faire le projet. 


La solution est donc de financer successivement chacune des phases de l’avant-projet en se donnant la possibilité d’arrêter le processus à chaque changement de phase (go / no go). Si la phase de réalisation est décidée, un financement est trouvé. Généralement, ce financement sera débloqué par périodes (trimestres ou années). 


Cela oblige la maîtrise d’œuvre à mettre la planification de son travail en cohérence avec le plan de financement. Il faut prévoir un avancement physique prévisionnel du projet en phase avec le déblocage des fonds. Pour ce faire, maîtriser les subtilités de la gestion budgétaire d’un projet est indispensable.


Comprendre le “budget du projet” 


Le budget du projet est le montant des sommes mises à la disposition de l’équipe de projet pour le réaliser conformément aux exigences du cahier des charges. On distingue habituellement le budget initial et le budget à date.

Le budget initial du projet peut être décomposé en deux parties : 


  • Les lignes budgétaires

C’est l’unité de suivi des coûts du projet. Constituées par le coût de revient estimé des différentes tâches du projet, elles sont regroupées en grands sous-ensembles (études, achats)


  • Les provisions

Une provision globale est estimée pour couvrir les risques du projet. Elle est ensuite répartie entre les différents sous-ensembles au prorata des risques estimés.


La somme des lignes budgétaires et des provisions est parfois appelée budget initial opérationnel (BIO). C’est le budget effectif dont dispose le chef de projet pour réaliser le projet. Le budget pouvant évoluer au cours du projet, le budget à date est l’état du budget à un instant donné. C’est un budget initial actualisé.


Clés pour maîtriser le budget d'un projet


Au-delà de l’établissement du budget, voici quelques points à suivre pour assurer un pilotage économique adéquat du projet ; 

  • Subdivision du projet : subdiviser et coder, afin de pouvoir identifier chaque tâche et pouvoir y affecter une partie du budget et les coûts à venir.
  • Budgéter chaque subdivision : fixer les budgets au niveau de chaque subdivision. Il s’agit des tâches ou lots de travaux.
  • Coût du réalisé pour chaque phase : mesurer à période régulière, pour chacune des subdivisions, le coût du réalisé. L’objectif est d’anticiper les dérives des coûts. 
  • Actualiser le coût prévisionnel final : c’est la somme des coûts du travail réalisé ajoutés aux coûts du travail à réaliser. 
  • Suivre les écarts : évaluer les écarts, mais aussi leurs évolutions dans le temps (les dérives). C’est par la maîtrise des dérives que l’on pilote les coûts d’un projet.
  • Actualiser le couple recettes estimées / coûts : présenter les corrections de recettes (avenants ou redistribution de la provision pour risque) et ordonner les corrections de dépenses selon les décisions prises pour la suite du projet.
  • Reporting : finaliser les prévisions corrigées dans le rapport de coûts et faire les reportings tels que convenus avec les financeurs.


Si un dépassement inacceptable apparaît certain, il faut avoir le courage d’arrêter le projet.


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Nos partenaires ( cabinets TeamR & Associés Expert comptable à Bussy st GeorgesSJA Formation) vous accompagnent dans le pilotage d'entreprise et la mise en œuvre de vos projets d'entreprise.


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LES 7 PRINCIPES DU PILOTAGE D'ENTREPRISE

par Dr Sèna John Ahyee | 25 Sep, 2023 | Finances | 3534

Le pilotage d'entreprise n'a qu'une seule raison d'être : la réussite du projet d'entreprise. Dans l'univers universitaire francophone, Philippe Lorino (Professeur à l'ESSEC) est sans aucun doute l'auteur de référence sur le pilotage d'entreprise. Pour lui, le pilotage d'entreprise contribue à la réalisation des objectifs et met en place une démarche d'amélioration continue.


C'est une approche du contrôle de gestion qui prend en compte les défis du contexte économique actuelle.


Les idées et outils de Philippe Lorino sont proposés entre autres, dans deux contributions marquantes : "Comptes et récits de la performance. Essai sur le pilotage d'entreprise" (1995) et "Méthodes et pratiques de la performance. Le guide du pilotage" (1997).


Dans cet article, nous proposons une synthèse des principes fondamentaux qui caractérisent selon lui la démarche de pilotage d'entreprise.


Principe 1: de la responsabilisation individuelle à l'apprentissage collectif


Il faut sortir d'une approche du contrôle de gestion focalisé sur les responsabilités individuelles pour aller vers une logique du pilotage qui valorise l'apprentissage collectif. Passer du pilotage par les résultats individuels à un pilotage par des objectifs partagés.


Piloter, c'est définir et mettre en œuvre des méthodes qui permettent d'apprendre ensemble à agir ensemble de manière de plus en plus performante.


Principe 2: piloter le couple valeur-coût


Une autre limite des démarches de contrôle de gestion classiques c'est de se focaliser uniquement sur le coût (et chercher à le baisser) ou sur la valeur (et chercher à l'augmenter).

Le pilotage d'entreprise nécessite de travailler simultanément sur les deux leviers. Quelles conséquences de la baisse des coûts sur la valeur créée/perçue? Souvent le pari est fait de réduire les coûts tout en maintenant le niveau de qualité. Bonne idée? Pas toujours.


Piloter, c'est chercher à améliorer le couple valeur-coût.


Principe 3: piloter, c'est déployer la stratégie


Il s'agit d'une constante en matière de contrôle de gestion. Les outils du pilotage doivent avoir des liens forts et explicites avec la stratégie d'entreprise. Cette stratégie est issue d'un diagnostic externe (identification des menaces et opportunités) et d'un diagnostic interne (identification des forces et faiblesses). Elle est conçue pour permettre à l'entreprise d'accéder à une position de choix sur son marché.


Piloter, c'est mettre en place des dispositifs et outils qui permettent de s'assurer de la mise en œuvre des objectifs stratégiques.


Principe 4: le pilotage est une boucle entre stratégie et opérations


Contrairement aux dispositifs classiques du contrôle de gestion qui ne mettent pas suffisamment l'accent sur la dimension apprentissage, les outils du pilotage d'entreprise doivent favoriser le retour d'expérience dans une logique d'amélioration continue.


Piloter, c'est accomplir de manière continue deux fonctions complémentaires : déployer la stratégie et favoriser les retours d'expérience.





Principe 5: le pilotage s'articule sur les activités


La logique du pilotage d'entreprise invite à rentrer dans la "boîte noire" des activités. Piloter c'est aller regarder les modes opératoires, les technologies, les compétences et identifier les pistes d'amélioration. Il s'agit d'un contrôle de gestion ancré dans l'opérationnel, qui cherche à améliorer l'animation de l'action collective.


Piloter, c'est se focaliser sur le déroulement des activités et identifier les leviers d'amélioration.


Principe 6: les outils de gestion sont des supports imparfaits et temporaires pour apprendre


Souvent les outils de gestion (budget, comptabilité, indicateurs de performance) sont considérés comme produisant des vérités "scientifiques", incontestables, non contextualisables. Ces conceptions peuvent conduire à un désengagement, à des comportements mimétiques qui ne favorisent pas l'adaptation, la créativité, l'innovation. Dans la logique du pilotage d'entreprise, les outils sont pertinents lorsqu'ils accompagnent et stimulent la dynamique d'apprentissage collectif.


Piloter, c'est trouver les voies et moyens d'un apprentissage collectif, et donc les outils de pilotage ne constituent pas une fin en soi.


Principes 7: les outils de pilotage sont fondés sur une logique causes-effets


Les outils déployés dans le cadre du pilotage d'entreprise sont basés sur une logique de causalité. En effet, ils doivent permettre de suivre les actions sur les causes (leviers d'action) identifiées comme pertinentes pour atteindre les objectifs visés (stratégie). Ils doivent aussi permettre un suivi des causes réelles des résultats obtenus (retour d'expérience).


Piloter, c'est identifier et modéliser les relations "causes-effets" pertinentes pour les activités de l'entreprise.



En synthèse, pour qu'il soit performant, votre système de pilotage doit :

  1. favoriser l'apprentissage et l'action collective,
  2. contribuer au déploiement stratégique et le retour d'expérience,
  3. permettre une bonne compréhension des activités et des chaines de causalité associées.



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Notre partenaire TEAM R & Associés Votre Expert Comptable à Paris et Seine-et-Marne ( Guermantes, Bussy-Saint-Georges, Torcy, Marne-la-Vallée, Lognes ) vous accompagne dans le pilotage d'entreprise, le controle de gestion, la mise en oeuvre de dispositifs de management efficaces et adaptés pour devenir un leader dans votre secteur.


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COMPRENDRE LE COMPTE DE RESULTAT

par Dr Hugues Domingo | 19 Dec, 2022 | Finances | 516

Dans cet article, nous proposons de présenter les caractéristiques d’un outil de pilotage incontournable : le compte de résultat. En effet, l’une des clés du succès d’un entrepreneur réside aussi dans sa capacité à comprendre et utiliser quelques outils comptables et financiers incontournables.



Définition du compte de résultat

L'un des enjeux d'une activité économique est de pouvoir déterminer périodiquement si l'activité a généré une augmentation positive du patrimoine (profit) ou au contraire une dégradation du patrimoine (perte).


C'est le compte de résultat qui donne cette information. Il porte généralement sur une période de douze mois et sert aussi de base au calcul de l'impôt annuel sur la société.


Le compte de résultat est donc un tableau qui regroupe l'ensemble des produits et des charges de l'entreprise. Les produits sont composés principalement des sommes perçues ou à recevoir en contrepartie de la vente de biens ou de la réalisation d'une prestation de services. Les charges sont les sommes versées ou à verser en contrepartie d'achats de marchandises, matières, de services et des dotations aux amortissements, dépréciations et provisions.


En général, dans le système comptable francophone, les charges sont présentées dans la colonne de gauche et les produits dans la colonne de droite. La différence entre les produits et les charges de la période, qui représente le résultat, s'inscrit côté charge lorsque c'est un bénéfice et côté produit lorsque c'est une perte.


Ainsi dans le compte de résultat, le total “produits” est toujours égal au total “charges”.


Au niveau des produits, on distingue : les produits d'exploitation, financiers et exceptionnels.

Au niveau des charges, on distingue: les charges d'exploitation, financières, exceptionnelles et l'impôt sur le bénéfice.

Même si la présentation peut varier selon les pays, les éléments composant le compte de résultat sont toujours à peu près les mêmes.


Lire le compte de résultat : les produits


Au niveau des produits on distingue les produits d'exploitation, les produits financiers et les produits exceptionnels.


Les produits d'exploitation sont relatifs à l'activité courante de l'entreprise. Il s'agit principalement du chiffre d'affaires, de la production stockée et immobilisée, des subventions d'exploitation, et des autres produits d'exploitation.


Le chiffre d'affaires concerne les recettes liées aux marchandises revendues sans transformation (activité de négoce), les ventes de produits transformés (activité industrielle) et les ventes de prestations (activité de services). Il représente en général le principal produit de l'entreprise.


La production stockée et celle immobilisée se rencontrent dans les activités industrielles. La production immobilisée correspond à des produits fabriqués par l'entreprise pour sa propre utilisation (ex: bâtiment, machine, logiciel…) La production stockée permet la comptabilisation de la variation du stock de produits finis ou en-cours de production.


Les subventions d'exploitation sont des sommes reçues par l'entreprise en général des autorités publiques pour l'aider dans le financement de l'activité.


Les autres produits d'exploitation regroupent toutes les autres sommes et valeurs reçues dans le cadre de l'activité courante.


Les produits financiers sont les revenus tirés des opérations financières : investissements dans des titres de participations, placement de la trésorerie, cession de titres…


Les produits exceptionnels sont des revenus issus d'opérations non récurrentes survenues dans l'exercice (ex: cession de matériel, d'immeubles…)


Lire le compte de résultat : les charges


Au niveau des charges, nous distinguons: les charges d'exploitation, les charges financières, les charges exceptionnelles et l'impôt sur le bénéfice.


Les charges d'exploitation sont relatifs à l'activité courante de l'entreprise. Il s'agit principalement de:

  1. les achats de marchandises ou de matières
  2. les achats de fournitures (carburant, matériel de bureau, énergie…)
  3. les frais de fonctionnement (loyer, charges locatives, assurances, téléphone, internet, frais bancaires, honoraires…)
  4. les impôts et taxes
  5. les charges de personnel (salaires bruts, cotisations sur salaire)
  6. les amortissement, dépréciation et provisions


Les charges financières sont les dépenses relatives à des opérations financières : intérêts d'emprunts, pertes de change,…


Les charges exceptionnelles concernent des opérations non récurrentes survenues dans l'exercice (ex: cession de matériel, d'immeubles, perte de stock sur incendie ou accident…)


L'impôt sur le bénéfice est la part perçue par l'état sur le bénéfice réalisé. Il est calculé sur la base d'un ou plusieurs taux appliqués selon la législation fiscale en vigueur.


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BILAN COMPTABLE : DEFINITION ET CLES DE LECTURE

par Dr Sèna John Ahyee | 14 Dec, 2022 | Finances | 473

L’une des clés du succès d’un entrepreneur réside aussi dans sa capacité à comprendre et utiliser quelques outils comptables et financiers incontournables.


Dans cet article, nous proposons de présenter les caractéristiques d’un de ces outils : le bilan comptable. Après avoir donné une définition et présenté ses composantes, nous donnons quelques pistes pour vous aider à lire le bilan comptable.



Définition d'un bilan comptable


D’après l’article L123-12 du code de commerce français : « Toute personne physique ou morale ayant la qualité de commerçant doit procéder à l'enregistrement comptable des mouvements affectant le patrimoine de son entreprise. Ces mouvements sont enregistrés chronologiquement. Elle doit contrôler par inventaire, au moins une fois tous les douze mois, l'existence et la valeur des éléments actifs et passifs du patrimoine de l'entreprise. »


Il s'agit de l'article fondateur de la notion de bilan comptable. On le retrouve peu ou prou dans toutes les législations commerciales du monde.


Sur cette base, le bilan comptable est un document qui présente l’existence et la valeur des éléments du patrimoine de l’entreprise, en distinguant les éléments du passif et les éléments de l’actif.


Il se présente généralement sous forme de tableau, normalisé par la réglementation comptable applicable. Sa réalisation est requise au moins un fois tous les douze mois, mais il peut être réalisé chaque fois l’entrepreneur souhaite avoir un état de son patrimoine.


Le bilan c’est la photographie du patrimoine de l’entreprise (ce qu'elle possède et ce qu'elle doit) à une date précise (souvent en fin d’année au 31 Décembre).


Le bilan comptable se décompose en actif et passif. L’actif représente la valeur des différents biens / éléments que l’entreprise utilise pour son activité. Il représente aussi l’emploi des ressources mobilisées dans le cadre de l’activité économique. Le passif représente la valeur des sources de financement des biens / éléments utilisés dans le cadre de l’activité.


Même si la présentation peut varier selon les pays, les éléments composants l’actif et le passif sont toujours à peu près les mêmes.



Lire un bilan comptable : l’actif comptable


L'actif comptable est composé des valeurs et biens utilisés dans le cadre de l'activité. Pour faire simple, c'est ce que possède l'entreprise.


L’actif comptable comprend globalement l’actif « immobilisé » (immobilisations) et l’actif « circulant ».


Les immobilisations sont définies comme des éléments contrôlés par l’entreprise et qui vont lui procurer des avantages économiques sur une période supérieure à douze mois. Ce sont des biens, que l’entreprise va utiliser pendant plusieurs années dans le cadre de son activité.


On trouve dans cette catégorie :

  1. Les immobilisations incorporelles : fonds de commerce, droit au bail, logiciels, licences, marques…
  2. Les immobilisations corporelles : terrains, constructions, matériel de transport, matériel et outillage industriel, matériel informatique…
  3. Les immobilisations financières : cautions, dépôts de garantie, achat de participations dans d’autres entreprise dans le cadre de l’activité économique…


La valeur d’une immobilisation doit en général être répartie sur sa durée d’utilisation probable grâce au mécanisme de l’amortissement. On peut aussi constater une perte de valeur non prévue d’immobilisation grâce à la technique de la dépréciation (en cas d’incendie, d’accident…)


Les actifs circulants sont des éléments contrôlés par l’entreprise sensés lui procurer un avantage économique sur une période plus courte, en général dans les 12 mois de l’exercice comptable. Il s’agit généralement des stocks, des créances et des disponibilités.


Les stocks représentent les stocks de marchandises, de matières premières, de produis, possédés par l’entreprise.


Les créances, principalement liées aux clients, représentent les sommes dues à l’entreprise. Ces sommes sont censées être encaissées à court terme.


Les disponibilités représentent les sommes en banque et en caisse. C’est la trésorerie que l’entreprise utilise pour financer son activité (payer les matières et marchandises, payer les charges courantes, payer les salaires…).



Lire un bilan comptable: le passif comptable


Le passif correspond aux ressources mobilisées pour financer l’actif (capital, dettes à long terme, dettes à court terme....)


Il se décompose en passif à moyen / long terme et en passif à court terme.


En termes d’équilibre financier, le passif moyen / long terme permet de financer l’actif immobilisé. Le passif à court terme (passif circulant) permet de financer l’actif circulant.


Au niveau du passif à moyen / long terme, on distingue : les capitaux propres et les dettes financières.


Dans les capitaux propres on retrouve : le capital initial apporté par le ou les associés, les bénéfices des exercices antérieurs mis en réserves, le résultat de l’exercice correspondant à la période du bilan.


Les dettes financières représentent toutes les sommes prêtées par des banques ou autres et qui doivent être remboursées dans un délai supérieur à un an.


Le passif à court terme correspond aux dettes d’exploitation, sensées être remboursées dans un délai inférieur à 12 mois.


Elles concernent les relations avec les parties prenantes suivantes :

  1. Les fournisseurs : montants des achats non réglés à la date de clôture (dettes fournisseurs)
  2. L’état : montants des dettes fiscales et des charges sur salaires à payer (dettes fiscales et sociales)
  3. Les banques et autres prêteurs à court-terme (escompte, découvert, avances des associés…)


Dans un bilan comptable, le total actif est toujours égal au total passif. Cela n’est que la résultante du principe selon lequel « les éléments de l’actif trouvent leurs origines dans les éléments du passif ». C'est la logique de la comptabilité en partie double.


L’un des intérêts du bilan est de présenter l’état du patrimoine de l’entreprise, permettant d’évaluer sa pérennité. En effet, une entreprise peu endettée avec une trésorerie importante est probablement plus à même de voir son activité évoluer qu’une autre très endettée et sans trésorerie.


Sur la base du bilan, des analyses peuvent être réalisée pour évaluer les équilibres financiers, la structure d’endettement, les risques financiers…


Autre élément, le résultat de l’exercice au niveau du passif révèle si l’activité de la période considérée a été bénéfique, conduisant à un accroissement du patrimoine.


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Faites du bilan comptable un outil clé de votre succès entrepreneurial. Nos équipes sont à votre disposition pour un accompagnement sur mesure.


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Comment élaborer un tableau de bord Balanced Scorecard ?

par Dr Sèna John Ahyee | 3 Apr, 2022 | Finances | 677

Le Balanced Scorecard ou tableau de bord prospectif est un modèle de tableau de bord proposé dans les années 1990 par Robert Kaplan (professeur à l'Université de Harvard) et David Norton (Consultant). Cet outil de pilotage d'entreprise est le résultat d'un travail de consulting qu'ils ont réalisé initialement auprès de 12 entreprises américaines. Dans cet article, nous en présentons les principales caractéristiques.


A l'origine du tableau de bord stratégique BSC


Le Balanced Scorecard (BSC) est proposé à une période marquée par les critiques sur un contrôle de gestion trop focalisé sur les indicateurs financiers et donc sur le court-terme, négligeant ainsi les facteurs de succès à long terme. L'idée est de proposer un outil permettant le pilotage du capital immatériel (satisfaction des employés, satisfaction des clients, qualité de la relation avec les fournisseurs, apprentissage collectif...), source de création de valeur à long terme.


Le Balanced Scorecard est un tableau de bord construit autour de quatre questions fondamentales:


  • Comment nos clients nous perçoivent-ils ? (dimension commerciale)
  • Quelle est notre efficacité opérationnelle ? (dimension processus)
  • Comment continuer à nous améliorer et à innover ? (dimension apprentissage)
  • Quelle est notre performance sur le plan financier ? (dimension financière)


Les 4 axes du balanced scorecard (BSC)


Ces quatre questions définissent les 4 dimensions du Balanced Scorecard : axe apprentissage, axe processus, axe client, axe financier.


Le modèle du Balanced Scorecard établit un lien de causalité entre les différents axes. Ainsi: une bonne capacité d'apprentissage collectif entraine une bonne efficacité opérationnelle qui entraine une satisfaction des clients qui se traduit in fine par une bonne performance économique. 


Cette logique à la base du Balanced Scorecard permet de choisir les indicateurs clés à suivre mais aussi permet de formaliser la stratégie de l'entreprise. C'est ainsi que la démarche du Balanced Scorecard oblige l'organisation à réfléchir sur sa stratégie et à élaborer sa carte stratégique.


Sur l'axe "apprentissage organisationnel", les indicateurs utilisables sont par exemple: nombre moyen d’heure de formation par salariés, nombre de séminaires ou de réunions d’équipe par an, taux de satisfaction des collaborateurs par rapport à la formation interne...


Sur l'axe "processus internes", on peut faire appel aux indicateurs suivants: taux d’application d’une procédure suite à un audit, durée d’un cycle de production, taux de défaut dans le cycle de production...


Sur l'axe "client", les indicateurs pertinents sont par exemple: taux de retard dans la livraison des produits ou services, taux de réclamation, taux de croissance du portefeuille client...


Enfin sur l'axe "financier", on peut utiliser: taux de croissance du chiffre d’affaires, taux de croissance de la trésorerie, taux de croissance de la marge...


Les étapes de la mise en place de cet outil de controle de gestion


Au final, on peut retenir que la mise en place d'un Balanced Scorecard passe par les étapes suivantes :

 

  1. Définir les objectifs de l'organisation selon les 4 axes : établissement d'une carte stratégique
  2. Choisir les indicateurs associés aux différents objectifs
  3. Définir la cible à atteindre pour chaque indicateur
  4. Identifier les actions à réaliser pour atteindre la cible
  5. Mettre en place un processus de collecte de l'information nécessaire au calcul des indicateurs
  6. Mettre en forme le tableau de bord à l'aide d'un outil de visualisation des données (Excel, Power BI, Tableau...)
  7. Mettre le tableau de bord à disposition des utilisateurs


L'originalité fondamentale du Balanced Scorecard réside probablement dans les liens de causalité qui existent entre ses différents axes.


Même si ces liens restent contestés dans la littérature académique, ils ont le mérite de mettre en avant l'importance de facteurs immatériels et non financiers (apprentissage, satisfaction, procédures...) dans la construction de la performance économique.


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Comment construire un budget de trésorerie ?

par Dr Sèna John Ahyee | 2 Jun, 2021 | Finances | 591

La trésorerie est un indicateur clé de l’état de santé d’une entreprise. Quand elle est positive (y a encore des sous) cela indique que l’entreprise dispose d’un potentiel pour le développement de son activité. Quand elle est négative (y a plus de sous) cela signifie que l’entreprise doit trouver du financement sans quoi c’est la fin de l’aventure. Dans cet article, nous présentons les bases d’un budget de trésorerie.

 

1. C'est quoi un budget de trésorerie?


Le budget de trésorerie est un outil incontournable pour le suivi et l’analyse prévisionnelle de la trésorerie.

Il est un cas d’application du concept de budget et permet d’avoir une représentation prévisionnelle de la situation de la trésorerie sur la période d’analyse. Si l’analyse de la trésorerie est journalière, grâce au budget de trésorerie, on peut au début du mois connaitre l’état prévisionnel de la trésorerie pour chaque jour du mois et anticiper les éventuelles difficultés de trésorerie.


Grâce à ce budget, on peut anticiper les périodes de déficit en trésorerie et prendre des mesures adéquates.

Pour élaborer un budget de trésorerie, il faut se poser 3 questions :

  • Quels seront mes décaissements de la période ?
  • Quels seront mes encaissements de la période ?
  • Quelle est la situation de ma trésorerie au début de la période d’analyse ?


Le budget de trésorerie permet, grâce à ces trois paramètres, de déterminer la situation de la trésorerie à la fin de la période d’analyse.

 

2. Les décaissements de trésorerie


Les décaissements représentent les sorties de trésorerie, les paiements. On parle de décaissements d’exploitation ou courant et de décaissements hors exploitation ou exceptionnels.


Les décaissements d’exploitation concernent l’activité habituelle de l’entreprise. Il s’agit des salaires, des achats de marchandise et matières premières (stock), des charges de prestataires, des loyers, les frais d’électricité/téléphone/internet/entretien, des taxes et charges sociales à payer…


Les décaissements hors exploitation sont des paiements exceptionnels. Il s’agit par exemple d’achat de machines ou équipements, de biens immobiliers, de travaux. Ce sont des décaissements ponctuels liés à des opérations d’investissement ou de financement (remboursement d’emprunt par exemple).

 

3. Les encaissements de trésorerie


Ils représentent les entrées de trésorerie. On parle aussi d’encaissements d’exploitation ou hors exploitation.

Les encaissements d’exploitation concernent les entrées de trésorerie liées aux ventes ou aux prestations de service. Il s’agit d’un excellent indicateur de la santé de l’entreprise. Si l’activité se développe et que les clients paient régulièrement c’est que tout se déroule bien.

Les encaissements hors exploitation sont des entrées de trésorerie ponctuelles qui ne sont pas relatives à l’activité habituelle de l’entreprise. Ils peuvent concerner des opérations d’investissement (vente d’équipement ou de biens immobilier), des opérations de financement (augmentation du capital, apport en compte courant, emprunts…).


Une fois les encaissements et décaissements périodiques identifiés, il suffit juste de rajouter la trésorerie en début de période pour obtenir un solde de trésorerie à la fin de la période.

La formule appliquée est :

trésorerie finale = trésorerie initiale + total encaissements - total décaissements


L' évolution du solde de trésorerie dépend fortement de la qualité des encaissements d’exploitation. Si ceux-ci ne sont pas suffisants (début d’activité, difficultés commerciales, problèmes d’approvisionnement…) il faut donc anticiper la recherche de financements afin de maintenir l’activité.


Cela peut passer entre autres par :

  • des levées de fonds auprès de financeurs (emprunts, entrée d’actionnaires…)
  • une augmentation des apports personnels
  • la négociation de lignes de découvert auprès des banques
  • la négociation des délais de paiement fournisseurs


Comme le disait souvent un éminent professeur en gestion, la situation d'une entreprise se résume bien souvent à la question "y a-t-il encore des sous dans la caisse?" Le budget de trésorerie est parfait pour vous aider à anticiper les réponses à cette question fondamentale.


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Cet article est proposé par SJA FORMATION, cabinet de conseil et formation en management, contrôle de gestion, responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

 

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Comment construire un tableau de bord avec la méthode OVAR?

par Dr Sèna John Ahyee | 3 May, 2021 | Finances | 3122

Le tableau de bord est un outil incontournable du pilotage d'entreprise aujourd'hui. Dans cet article nous revenons sur sa définition et sur une méthode classique pour l'élaborer. Il s'agit de la méthode OVAR que nous présentons souvent dans le cadre de nos missions de conseil et formation en gestion d'entreprise.


Qu’est-ce qu’un tableau de bord ?



D’après la chercheuse en sciences de gestion Sylvie Gerbaix (2006)[i], « un tableau de bord est un ensemble d’informations sur des points clés, informations sélectionnées pour leur pertinence permettant de donner périodiquement et rapidement au responsable une vue synthétique pour son action. C’est un instrument d’information, de communication, d’aide à la décision ». Il peut contenir des informations financières ou non financières. C'est un outil clé en contrôle de gestion et pilotage d'entreprise.


Il doit présenter une vue synthétique des résultats des actions sur des points clés identifiés et sur une périodicité définie (jour, mois, trimestre, semestre, année). La périodicité résulte souvent d’un équilibre entre le coût d’élaboration et la mise en œuvre rapide de mesures correctives

Dans le tableau de bord, les informations synthétiques sur des points clés de l’activité correspondent aux indicateurs de performance.


Autrement dit, un tableau de bord est un ensemble d’indicateurs de performance déterminés et présentés de manière périodique au chef d’entreprise ou au manager dans le but d’évaluer les résultats de son action et accompagner la prise de décision.

Le tableau de bord est un formidable outil de pilotage qui peut être décliné sur toutes les fonctions de l’entreprise : production, achat, vente, marketing, management des ressources humaines…

Il constitue une aide précieuse pour le dirigeant et représente un outil clé pour le contrôleur de gestion business partner.


La méthode OVAR pour construire un tableau de bord



Historiquement en France, l’élaboration d’un tableau de bord repose sur la méthode OVAR (Objectifs-Variables d’Action-Responsables) élaborée par une équipe de chercheur de HEC[ii]. Cette méthode globale d’élaboration du tableau de bord suppose que cet outil est la résultante :


  1. d’Objectifs (déclinaisons quantifiées ou opérationnelles des buts généraux de l’entreprise)
  2. traduits en Variables d’Actions
  3. affectés à des Responsables


Selon cette méthode, le tableau de bord apparait comme l’ensemble des indicateurs permettant au responsable de suivre au mieux ses variables d’action, et par conséquent sa contribution à l’atteinte des objectifs de l’entreprise.


Prenons l’exemple d’un chef d’entreprise qui dirige une boucherie et souhaite suivre au mieux ses performances trimestrielles. Le suivi de la performance nécessite donc la mise en place d’un tableau de bord trimestriel simple. Une condition préliminaire à la production du tableau de bord concerne la mise à jour de la comptabilité financière (saisie des achats, opérations bancaires, ventes, charges de personnel…).


Ici quel est l’objectif du chef d’entreprise ? Optimiser son résultat.


Cela passe par une croissance de son chiffre d’affaires et par la maitrise de ses charges. L’application de la méthode OVAR devenue dans le cas d’espèce OVA (puisqu’il est le seul responsable ici) permet d’aboutir à la chaine de causalité suivante :


Objectif : Maximiser le résultat

Variables d'Action : Maximiser la marge brute, Maitriser les charges de personnel, Maitriser les frais généraux

Indicateurs : chiffre d'affaires, coût d'achat des marchandises vendues, salaires bruts et charges salariales, montant des frais généraux


Au-delà des données synthétiques, il existe aujourd’hui de nombreuses technologies permettant d’analyser les différentes composantes de la performance de manière détaillée.


Au final, pour un meilleur pilotage, la méthode OVAR permet d’associer aux objectifs des variables d’action et des indicateurs de performance. Il s’agit d’une technique très efficace de contrôle de gestion qui peut être mise en œuvre aussi bien dans une petite entreprise (comme dans notre exemple) que dans une multinationale.


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[i] Gerbaix, S. (2006). Les tableaux de bord de gestion. In Le contrôle de gestion (Presses Universitaires de France, p. 107‑119)

[ii] Gray, J., & Pesqueux, Y. (1991). Le tableau de bord, outil de gestion, une comparaison France—Etats-Unis (Les cahiers de recherche du groupe HEC).


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L'accompagnement de l'expert comptable boosté par les nouvelles technologies

par Dr Sèna John Ahyee | 10 Mar, 2021 | Finances | 564

Grace à une nouvelle génération d'outils de business intelligence et de visualisation de données les experts-comptables et les professionnels du chiffre peuvent désormais proposer un accompagnement renforcé des chefs d'entreprise. Dans cette contribution, nous proposons un focus sur quelques un de ces outils qui révolutionnent de plus en plus la production de tableaux de bord, de budgets et d’indicateurs pour un meilleur pilotage des entreprises et des organisations.


A travers ces technologies, toutes les entreprises, même les plus petites, peuvent disposer périodiquement de leurs indicateurs économiques pour une prise de décision rapide. Aujourd'hui, ce n’est plus un luxe, c’est une véritable nécessité. Ces outils permettent aussi à l'expert-comptable d'aller au-delà de ses attributions classiques pour devenir un vrai copilote du chef d'entreprise.

Focus donc sur cinq acteurs dont les propositions constituent une véritable valeur ajoutée technologique en matière de pilotage: Digdash, Vizmatch, Waibi, Emasphere, Finthesis.

 

Quelques plateformes qui révolutionnent la production de tableau de bord

 

Digdash Enterprise (Digital Dashboard pour les entreprises) est une solution d’informatique décisionnelle développée par la société française Digdash créée en 2006 (www.digdash.com/fr/). Cet outil « full web » permet un suivi de la performance de l’entreprise par la création de tableaux de bord dynamiques à partir de sources de données existantes ou de logiciels de BI déjà installés tels que Business Objects et Cognos.


Lancé en 2016 par Wilfried Chung, passé par la filière comptable, Vizmatch a dès le départ été conçu comme un outil permettant aux professionnels de la comptabilité de valoriser les données à leur disposition par la production de tableaux de bord et la réalisation de missions de conseil. De nombreux commentaires sur le site de l’entreprise, montrent comment cet outil est parfaitement en résonnance avec l’orientation « accompagnement au pilotage » des professionnels de la comptabilité (www.vizmatch.com/fr#testimonials).


Waibi dashboard (www.waibi.fr/)) est une solution de restitution de données comptables basée sur la technologie web. Elle permet la mise en place de tableaux de bord intuitifs et interactifs. Solution opérationnelle depuis 2015, Waibi a été lauréat en 2016 du concours Eurek@ dont l’objectif est de : « détecter et valoriser, par tout moyen, un produit, un site web ou un logiciel réalisé par un concepteur, expert-comptable ou non, qui apporte une valeur ajoutée dans la mission de Conseil de l’expert-comptable ou dans l’organisation/gestion du cabinet d’expertise comptable » (www.eureka-ec.fr/laureats).


Emasphere (www.emasphere.com/fr/) est une solution de reporting en ligne éditée par la société belge Emasphere SA depuis 2015. En 2018, Emasphere ouvre son bureau à Paris et consolide sa stratégie de développement à l’international. En 2020, la solution Emasphere a été déployée par des acteurs majeurs de la profession comptable tels que : PWC pour les entrepreneurs, BDO, Grant Thornton.


Finthesis (www.finthesis.io) est une solution de business intelligence pour les experts-comptables portée depuis 2022 par Finthesis SAS. La jeune pousse se donne les missions suivantes : aider les experts-comptables dans leur transition vers plus de missions de conseil, rendre la BI accessible (en termes de coût et de prise en main) à tous les professionnels de la finance d’entreprise, construire une interface entre le professionnel et son client, facilitant la communication.

 

Les prérequis pour une utilisation optimale de ces outils

 

Toutefois, ces outils ne constituent pas une panacée en matière de pilotage d’entreprise.

Tout comme il est inutile d’acheter une Ferrari lorsqu’on n’a pas le permis, il ne sert à rien d’avoir une plateforme BI performante lorsqu’on ne dispose pas de données pertinentes et fiables.


Ainsi, élaborer un tableau de bord périodique suppose des enjeux qui dépassent largement la problématique technologique. A travers leurs solutions, ces acteurs de la BI ne répondent qu’à la moitié de l’équation « pilotage ».


Pour en bénéficier au mieux, il faut impérativement s’entourer d’experts économiques et métiers qui répondront aux questions suivantes :


  • quelle modélisation de l’activité sert de base au tableau de bord ? (quels indicateurs pour quelles finalités ?)
  • quelle formalisation au niveau du système d’information pour la production des indicateurs nécessaires ? (codification comptable et rattachement des comptes aux indicateurs par exemple)
  • quels traitements périodiques de la donnée sont nécessaires pour la production du tableau de bord ? (par exemple: la mise à jour de la comptabilité, la révision des comptes et les estimations comptables périodiques pour un tableau de bord financier)
  • quelle interprétation des indicateurs produits et quelles décisions en découlent ?


Plus que jamais, les professionnels de la comptabilité et de la gestion se révèlent indispensables pour bénéficier pleinement de la puissance technologique apportée par les plateformes de pilotage.


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Expert comptable : devenir business partner

par Dr Sèna John Ahyee | 20 Feb, 2021 | Finances | 541

L’expert-comptable est appelé à jouer un rôle de plus en plus important en matière de pilotage d'entreprise et de contrôle de gestion des TPE-PME grâce aux évolutions actuelles de la technologie.


Après avoir présenté les enjeux associés à la mise en place du contrôle de gestion dans une PME, nous illustrerons dans cet article comment l’expert-comptable peut contribuer à la généralisation du contrôle de gestion dans toutes les entreprises, même les plus petites.



Le contrôle de gestion dans une PME



Pour les chercheurs Thierry Nobre et Cindy Zawadzki (2014), les caractéristiques culturelles de la PME rendent difficile l’émergence du contrôle de gestion parce que :


  1. du fait de la taille, le contrôle direct limite l’intérêt d’un système global et cohérent de management de la performance ;
  2. les enjeux de réactivité, de prise de risque, de proximité, se heurtent à la nature même du contrôle de gestion qui se définit par la rigueur, l’efficience, le reporting ;
  3. le contrôle de gestion ne devient nécessaire que lorsque la PME passe au stade d’ETI où émergent des enjeux de reporting à des partenaires externes suite à l’ouverture du capital.


Pour d’autres chercheurs, les outils de contrôle de gestion (analyse de coûts, budgets, indicateurs de performance) sont pertinents dans le contexte de la PME, même si la mise en place reste limitée. D’après François Meyssonnier (2019), il ressort que :


  1. la mise en place d’une analyse des coûts semble plus corrélée aux caractéristiques du métier qu’à la taille ;
  2. les budgets sont plus fréquents dans les entreprises de plus de 100 salariés ;
  3. les tableaux de bord sont très utiles à la gestion de la PME car ils permettent de mesurer le déploiement des ressources avec des indicateurs avancés de performance.


Par ailleurs, il souligne aussi que « la très petite ou petite entreprise (TPE ou PE) va avoir un fonctionnement informel et peu instrumenté sous la supervision directe du dirigeant-propriétaire. Pendant cette phase, l’outillage de gestion est assez réduit en général et on ne trouve pas de contrôle de gestion. C’est l’expert comptable externe qui établit les comptes et conseille souvent le dirigeant en direct » (p.68).


Finalement, les facteurs limitant le contrôle de gestion dans la PME étaient jusqu’à présent : le manque de compétence, les ressources limitées, la faible présence de l’expert-comptable sur ce type de prestation…


Grace aux évolutions technologiques qui génèrent des gains de productivité dans la prestation comptable classique, le rôle de l'expert comptable va évoluer, entrainant une plus forte diffusion du contrôle de gestion dans les petites et moyennes entreprises.




L’expert comptable : copilote du chef d’entreprise



Dans un célèbre article paru en 1991 dans la revue Management Accounting, Lianabel Oliver exhortait les contrôleurs de gestion à être moins focalisés sur le reporting et plus sur l’aide à la décision.


Aujourd’hui, c’est au tour des experts-comptables d’accompagner au quotidien les dirigeants de PME dans leur gestion par la mise en place de tableaux de bord pertinents et co-construits.


Deux principaux facteurs permettent désormais à l’expert-comptable et à son équipe d’être plus actifs dans la diffusion d’outils de contrôle de gestion dans la PME.


Il s’agit des évolutions sur le marché des prestations comptables (concurrence accrue, pression sur les prix, changement des seuils d’audit…) et des mutations technologiques (automatisation de la collecte, réforme de la facture électronique, intégration de l'IA dans les outils de production...)


Les évolutions de l’environnement économique de la profession comptable impliquent de trouver de nouvelles missions sources de différenciation et de fidélisation des clients. Les nouvelles technologies, générant des gains de productivité aussi bien dans le traitement comptable que dans la production de tableau de bord, permettent de relever le défi.


Même si pour certains cabinets comptables, la mission « tableau de bord » relève encore de l’exceptionnel, cette prestation est de plus en plus incluse dans l’offre de base des cabinets d’expertise comptable.


Ce nouveau rôle de l’expert-comptable se traduit concrètement par les démarches suivantes :


  1. Proposition systématique de l’accompagnement au pilotage
  2. Analyse du modèle économique de l’entreprise
  3. Identification des facteurs clés de succès et des indicateurs pertinents
  4. Identification des sources de données
  5. Optimisation des traitements comptables courants
  6. Modélisation du tableau de bord (avec Excel, Power BI ou avec une plateforme en ligne)
  7. Elaboration et mise à disposition du tableau de bord périodique
  8. Echanges avec le dirigeant sur les résultats économiques et mesures correctives


Cette mutation du rôle de l’expert-comptable et de ses collaborateurs n’en est qu’à ses prémisses. Toutefois, il s’agit probablement d’une tendance de fond appelée à s’intensifier dans les prochaines années.


_______________

Meyssonnier F (2019), Le contrôle de gestion des entreprises de taille réduite, ACCRA, n°6, 63-82

Nobre T, Zawadzki, C (2014), L contrôle de gestion dans la PME : mythe ou réalité ?, in Le contrôle de gestion aujourd’hui (Marc Bollecker et Gerald Naro), 243-255

Lianabel Oliver (1991), « Accountants as business partners », Management Accounting 72(12)

Le Pavec F (2016), Valorisation des données clients en possession de l’expert-comptable par un outil décisionnel, Mémoire du Diplôme d’expertise comptable


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La comptabilité de gestion à l'ère de l'économie numérique

par Dr Sèna John Ahyee | 30 Jan, 2021 | Finances | 415

Tous les jours, nous utilisons "gratuitement" des outils et consommons des prestations sans imaginer un seul instant qu'elles ont un coût et devraient être payantes. Avec l'explosion de la web economy, la gratuité est devenue un des fondements de l’activité économique des entreprises les plus puissantes du secteur (Google, Facebook, Amazon, Apple…).

Cette économie numérique basée sur la gratuité décrite par Chris Anderson[i] remet en cause certaines finalités classiques de la comptabilité de gestion, et met au cœur de la comptabilité et contrôle de gestion de nouveaux enjeux managériaux. Après avoir présenté brièvement les caractéristiques de l’économie du gratuit, nous présenterons dans cet article quelques nouveaux défis associés en matière de comptabilité de gestion.


Les nouveaux défis de la comptabilité de gestion

 

1. Comment fonctionne la « freeconomics » ?


Comment définir un modèle économique fondé sur la gratuité ? Il me semble qu’on peut considérer comme étant basé sur la gratuité, un modèle économique qui met à disposition des utilisateurs un ou plusieurs services à consommer sans aucune contrepartie financière directe. Toutefois un modèle économique fondé sur la gratuité ne veut pas dire que l’objectif de profitabilité est abandonné. L’exemple de Google en est l’illustration la plus forte. De nombreux services associés à Google (moteur de recherche, mapping, mailing, suite bureautique…) sont utilisés gratuitement chaque jour par des millions d’utilisateurs, et pourtant personne ne peut soutenir que Google est une organisation à but non lucratif. Comment gagne-t-on de l’argent en mettant à disposition ses produits ou services gratuitement ? Chris Anderson identifie quatre principaux modèles économiques fondés sur la gratuité : la subvention croisée simple, le marché tripartite, le freemium et l’économie du partage.


  • La subvention croisée simple

Il s’agit du modèle de gratuité classiquement utilisé en stratégie commerciale (exemple : 1 produit offert pour 1 autre acheté) : le produit A subventionne le produit B dont le prix de vente est 0 (produit gratuit). L’entreprise espère ici générer suffisamment de marge sur les produits payants pour absorber les pertes sur ceux gratuits.


  • Le marché tripartite

C’est le modèle économique classique de la publicité. Un troisième acteur paye pour qu’un service ou un produit soit gratuitement mis à disposition des consommateurs (exemple : journaux gratuits, vidéo sur Youtube, presse gratuite sur Internet…). L’intérêt de cet acteur est de mettre en avant à un moment ou à un autre sa marque ou ses produits, de manière à impacter positivement ses ventes futures.


  • Le modèle « freemium »

Il s’agit d’un modèle très répandu grâce au développement de l’économie numérique (économie du web). L’enjeu ici est de mettre à disposition gratuitement pour tous une version basique d’un outil ou d’un service sur Internet (exemple : linkedin, wordpress, prezi…). Les consommateurs séduits par le produit et désireux d’utiliser une version plus complète, plus complexe, ou une option supplémentaire, sont mis à contribution financièrement. Ils obtiennent donc un accès « premium » au service ou produit. Contrairement au modèle de production de biens physiques qui nécessite des ressources supplémentaires pour financer les biens gratuits, le coût marginal des biens numériques est relativement faible voir nul tant que la capacité maximale n’est pas atteinte. Ainsi, dans ce modèle, non seulement le coût du produit « gratuit » est quasi nul mais celui-ci agit surtout comme un puissant outil commercial.


  • Le modèle du partage

Dans ce modèle économique, des biens sont mis gratuitement à disposition des consommateurs par un producteur en quête de reconnaissance, de réputation (exemple : cours en ligne gratuits, MOOC, tutoriels, blogs…). Cette économie du partage est favorisée par les faibles charges de structure associées au développement technologique.

 

2. Les nouvelles finalités de la comptabilité de gestion

 

Avec le développement de l’économie des services et des modèles économiques numériques fondés sur la gratuité, les finalités classiques de la comptabilité de gestion se trouvent bousculées. En effet, comme souligné dans une contribution précédente, les enjeux initiaux de cette discipline sont relatifs à la détermination de coûts de production dans une optique de valorisation des stocks, de fixation des prix de vente, de contrôle des performances. Or comme le souligne à juste titre le professeur François Meyssonnier[ii], l’économie des services est caractérisée par la production de biens immatériels et surtout non stockables.


Dans ces conditions, les finalités de valorisation des stocks et de fixation des prix de vente sur la base du coût de production perdent leur pertinence. En effet, non seulement il n’y a plus de stocks à valoriser, mais le prix de vente résulte plus que jamais de la stratégie commerciale déployée (quel modèle de gratuit adopter ?).


Au-delà, une autre caractéristique des organisations de l’économie numérique, c’est l’explosion des charges fixes (charges de structure : charges salariales, coûts des logiciels et des serveurs, loyers, abonnements divers…), charges que la comptabilité de gestion a toujours eu du mal à répartir surtout lorsqu’elles sont indirectes. Cet enjeu de répartition des charges fixes indirectes, dans le but de calculer le coût d’une unité produite présente désormais un intérêt secondaire pour les organisations de la web economy, du fait de la relative indépendance entre la production et la commercialisation.


Dès lors, reste à la comptabilité de gestion des finalités d’aide à la définition des politiques tarifaires et d’évaluation des performances. C’est ce que soulignent parfaitement les professeurs Mendoza et Zilberberg [iii], pour qui : « la comptabilité de gestion est conduite à se rapprocher de la fonction marketing dont les politiques de tarification deviennent la condition du contrôle des coûts et de la maximisation de la marge contributive à travers le pilotage des usages » (p.103).


En effet, le succès des organisations de l’économie numérique dépend principalement de la capacité à séduire et retenir un maximum d’utilisateurs, d’autant plus que sur Internet il semble exister une prime à la taille (Anderson 2016).


Pour la comptabilité de gestion, il s’agit alors d’analyser la profitabilité des différents segments de la clientèle, d’aider à évaluer les déterminants de la demande (causes de la fluctuation du chiffre d’affaire), d’aider à évaluer la sensibilité des différents segments de la clientèle à la variation de prix ou de paramètres du produit (élasticités croisées)…


Comme l’a souligné le professeur Robert Simons [iv], il s’agit en fin de compte d’aider à l’optimisation de la politique de ciblage (identifier et satisfaire la cible principale de l’organisation). Concernant l’évaluation des performances, les techniques de coûts partiels (marge sur coûts variables, marge sur coûts directs…) seront semble-t-il privilégiées (Mendoza et Zilberberg 2011).


En définitive, le développement de l’économie basée sur internet appelle de profondes mutations dans les pratiques de comptabilité de gestion : perte de pertinence des coûts complets, montée en puissance des coûts partiels, rapprochement comptabilité de gestion et marketing.

________________

 

[i] Chris Anderson (2016), Free ! Comment marche l’économie du gratuit, Flammarion, Paris, 368 p

[ii] François Meyssonnier (2014), Une nouvelle approche du contrôle de gestion des services, in Le contrôle de gestion aujourd’hui (Marc Bollecker et Gerald Naro, Vuibert, p. 197-208

[iii] Carla Mendoza, Emmanuel Zilberberg, « Les nouveaux défis de la comptabilité de gestion », L'Expansion Management Review 2011/1 (N° 140), p. 92-103

[iv] Robert Simons, Choosing the right customer, Harvard Business Review, March, 2014


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Quelles compétences pour devenir directeur financier ?

par Dr Sèna John Ahyee | 4 Oct, 2020 | Finances | 532

Dans un environnement économique en profonde mutation, marqué par les phénomènes de globalisation et de digitalisation, toutes les professions comptables et financières semblent impactées. Celle très prestigieuse de directeur financier (CFO pour les anglo-saxons) n’est pas épargnée. Deux études réalisées par les cabinets EY (anciennement Ernt&Young) et Robert Half mettent en évidence les changements en cours et à venir dans la fonction de directeur financier. Nous présentons dans cet article une synthèse de ces études.


Les compétences pour piloter une direction financière

 

Un directeur financier de plus en plus difficile à « profiler »

 

L’étude de EY (i), réalisée par enquête auprès de 769 directeurs financiers dans le monde, met en avant quatre principales forces qui impactent la fonction de directeur financier :

  • le digital : l’automatisation de nombreuses activités récurrentes, le développement de technologies de traitement et d’analyse automatisés des données susceptibles de modifier les processus et les business models
  • le big data : la possibilité grâce aux nouvelles technologies de collecter et d’analyser de manière fine des données permettant potentiellement d’améliorer la planification et la prise de décisions
  • risques et volatilité : la multiplication des risques technologiques, environnementaux, juridiques, sociaux, politiques…
  • parties prenantes et réglementation : la prise en compte des attentes des parties prenantes (investisseurs, clients, activistes, fournisseurs, Etat…) et la mise en application des règlementations environnementales et sociales.


La mutation de la fonction de directeur financier du fait des technologies de l’information est aussi soulignée aussi par l’étude de Robert Half (ii) (entretiens auprès de 200 professionnels de la finance).


D’après cette étude, l’un des grands défis actuels des directeurs financiers est le pilotage de la transformation digitale. Au-delà du pilotage de cette transformation, il s’agit pour le directeur financier, sur la base d’analyses de données pointues, d’aider à la détection des opportunités de développement, de contribuer à l’amélioration de la productivité, d’aider à une efficacité accrue en matière de communication interne et externe.


Sous l’influence des facteurs ainsi identifiés, mais aussi de la spécificité des contextes organisationnels, l’étude EY souligne qu’il est de plus en plus difficile de décoder l’ADN du directeur financier tant les profils et les intitulés de poste se diversifient.

 

Directeur Financier : une fonction de plus en plus politique ?

 

Les difficultés de profilage des CFO se manifestent clairement dans le profil académique des jeunes directeurs financiers, qui ne sont que 23% à détenir un diplôme de comptabilité alors que ce taux tourne autour de 45% dans les générations précédentes (étude EY). Par ailleurs, ces jeunes directeurs financiers sont en quête de compétences en gestion d’équipe et leadership (63%) vu qu’ils devront de plus en plus gérer des centres de services partagés pluridisciplinaires.


Selon l’étude EY, pour devenir CFO demain, il sera moins question de compétences techniques en comptabilité – finance, mais d’un subtil mélange de savoir-faire en : comptabilité et finance, digital et analyse de données, leadership et communication, gestion des risques technologiques et juridiques.


D’après l’analyse de Robert Half, en termes de savoir-être, les quatre premières qualités que les CFO devront développer dans le futur sont : leadership, flexibilité (ouverture au changement), communication, vision stratégique. Sur le plan technique, les compétences en systèmes d’information sont largement citées (45% des répondants). Viennent ensuite les compétences en normes comptables, en règlementation et gestion des risques, en analyse de données.


En définitive, les compétences nécessaires sont tellement diversifiées qu’on peut supposer que la nomination du directeur financier résultera plutôt d’enjeux politiques, celui ou celle-ci étant entouré(e) de spécialistes en charge des enjeux plus techniques.


__________

 

i Le rôle du CFO : déterminé ou déterminant ?, EY, 2016, ey.com/fr/adnducfo

ii La finance d’entreprise en 2020, Robert Half, 2016, https://www.roberthalf.fr/notre-groupe/nos-publications/la-finance-en-entreprise

 

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C'est quoi la méthode ABC (ACTIVITY BASED COSTING) ?

par Dr Sèna John Ahyee | 27 Jun, 2020 | Finances | 1916

La méthode des centres d’analyse, principale réponse aux enjeux de comptabilité de gestion au 20ème siècle, a connu une remise en cause radicale à la fin des années 1980.

La révolution fut lancée depuis les Etats-Unis, avec un leader : le professeur Robert S. Kaplan de la Harvard Business School. Dans cet article, nous présentons la méthode de calcul de coûts complets basée sur les activités qui a émergé suite à cet épisode.


COMPRENDRE LA METHODE ACTIVITY BASED COSTING

 

Au cœur du scandale : la répartition des charges indirectes

 

Comme le soulignent les professeurs Lebas et Mévellec (i) , dès 1986 des voix se font entendre aux Etats-Unis et en France pour dénoncer la perte de pertinence de la comptabilité de gestion traditionnelle (comprenons la méthode des centres d’analyse) et appellent à une évolution de la discipline.


En effet, dans un environnement économique marqué par la complexification et l’automatisation des processus de production, et donc la montée en puissance des charges indirectes, les approximations liées à l’allocation des charges indirectes peuvent fortement biaiser les indicateurs de rentabilité, la fixation des prix de vente et l’évaluation des stocks. Il urge dès lors de proposer des méthodes qui permettent de suivre plus finement la consommation des ressources.


Les questions fondamentales de la comptabilité de gestion sont alors : Comment élaborer des coûts complets plus précis ? Comment allouer plus finement les charges indirectes (frais des services non « productifs ») ? Comment identifier des unités d’œuvre plus pertinentes ?

 

La méthode ABC comme renouvellement de la comptabilité de gestion

 

En 1988, les professeurs Robert Kaplan et Robin Cooper proposent, dans un article publié dans la Harvard Business Review, une méthode qui constituera la proposition majeure en comptabilité de gestion des années 1990-2000 : activity based costing (ii) ou comptabilité à base d’activités.


Cette méthode sera diffusée en France dès les années 1990-1991, notamment via les ouvrages des professeurs Philippe Lorino (Contrôle de gestion stratégique) et Pierre Mévellec (Outils de gestion, la pertinence retrouvée).


Cette méthode comptable se fonde sur les postulats suivants :

  1. l’organisation est le lieu d’activités identifiables,
  2. les activités consomment des ressources (charges),
  3. les produits consomment des activités.


Sur cette base, la résolution des questions fondamentales (comment calculer un coût de revient ? comment répartir au mieux les charges indirectes ? comment analyser la profitabilité de manière plus précise ?) passe successivement par :

  1. l’identification des activités de l’organisation (cartographie des activités),
  2. la détermination d’unités de mesure des activités (les unités d’œuvre deviennent des inducteurs de coût),
  3. la répartition des charges par activités,
  4. le calcul du coût par unité d’activité,
  5. l’identification des liens entre activités et produits (nombre d’inducteurs « activité » par produit),
  6. le calcul du coût de revient ( nombre d’inducteurs « activité »*coût unitaire inducteur).


Très vite de nouvelles questions vont émerger autour de la définition et l’identification des activités, la détermination des inducteurs de coût pertinents, la modélisation des liens entre les activités et les produits.


Dès 1999, les professeurs Lebas et Mévellec identifient trois tendances possibles en matière d’Activity Based Costing (ABC) :

-un système à base d’activités : l’organisation est découpée en activités homogènes et les ressources sont réparties entre ces activités sur la base d’inducteurs (avec le risque d’aboutir à un système complexe, lourd, consommateur de ressources pour un retour sur investissement assez faible) ;

-un système fonctionnel : les activités identifiées sont regroupées en fonctions organisationnelles et les ressources sont réparties entre ces fonctions (avec le risque d’aboutir à une nouvelle forme de la méthode « centres d’analyse ») ;

-un système basé sur les processus orientés clients : les activités identifiées sont regroupées selon des attributs valorisés par le client (avec le risque de problèmes organisationnels, si la structure organisationnelle n’est pas passée d’une logique fonctionnelle classique à une logique transversale fondée sur la chaine de valeur).


Finalement, cette méthode ABC, loin de répondre de manière définitive aux questions fondamentales de la comptabilité de gestion, offre surtout de nouvelle perspective à la discipline en lui permettant de contribuer à la réflexion stratégique dans l’organisation.


Avec cette méthode, de nouvelles questions fondamentales font donc leur apparition : comment réaliser une cartographie des activités ? Comment modéliser les liens entre les activités et les produits ? Comment identifier les activités les plus génératrices de valeur pour les clients ? Comment organiser la transversalité dans l’organisation ?


Avec l’ABC, la comptabilité de gestion prend toute sa dimension dans l’analyse stratégique et sert désormais de base à une nouvelle forme de management : l’Activity Based Management (ABM).


Toutefois, la mise en œuvre de l’ABC se révèle souvent très lourde, alors que les questions relatives à la répartition des charges indirectes sont plus que jamais d’actualité.

 

_____________

 

i Lebas, M., & Mévellec, P. (1999). Vingt ans de chantiers de comptabilité de gestion. Comptabilité-Contrôle-Audit, 5(3), 77-91.

ii Cooper, R., & Kaplan, R. S. (1988). Measure costs right: make the right decisions. Harvard business review, 66(5), 96-103.


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Autres publications sur le thème Controle de gestion :

1- Comprendre les fondements du contrôle de gestion

2- Les principes du controle de gestion

3- C'est quoi le lean management ?


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Comment calculer un coût avec la méthode des centres d'analyse ?

par Dr Sèna John Ahyee | 27 May, 2020 | Finances | 996

C’est un fait aujourd’hui que la comptabilité de gestion est l’une des techniques au cœur du pilotage d’une organisation. Dans cet article nous présentons les fondements de la méthode de calcul des coûts complets d’un produit ou service par les centres d’analyse.


Le calcul des coûts par la méthode des centres d'analyse


En comptabilité de gestion, les questions fondamentales au début de 20ème siècle étaient par exemple : Qu’est-ce qu’un coût ? Qu’est-ce qu’une charge ? Comment calculer un coût de production ? Comment calculer un coût de revient ? Comment répartir les charges administratives ? Ces questions restent tout à fait d’actualité.


 

A l’origine de la comptabilité de gestion

 

En pleine période d’industrialisation, ces questions révélaient les préoccupations fortes de l’époque : détermination des prix de vente unitaires, établissement de coûts standards et rationalisation de la production, élaboration de budgets prévisionnels, évaluation des stocks et des actifs, analyse de la rentabilité, maitrise des dépenses…


En France, ces questions sont au cœur des préoccupations des industriels dès la fin 19ème et début 20ème comme le souligne le témoignage suivant :

« Pourquoi tenir des « prix de revient » ?, interrogeait Androuin [1924], pour fixer des prix de vente ? « Notre collègue, M. Nussbaumer, nous a montré l'an dernier que cette raison est pratiquement inexistante, les prix de vente étant surtout conditionnés par l'état de la concurrence et la situation d'ensemble du marché ». Ce calcul devait servir à une meilleure gestion : « La raison vraiment importante de tenir des prix de revient, c'est de voir clair chez soi […] savoir à chaque instant si une exploitation est fructueuse ou non […] contrôler en tout temps la productivité des dépenses indirectes. » (Lemarchand et Le Roy, 2000, p.92) (i).


Après de nombreux débats autour de ces questions, les réponses qui s’imposeront, notamment via le plans comptables 1947, 1957 et 1982, sont issues principalement de rapports rédigés par le lieutenant-colonel Eugène Rimailho (1927,1928, 1933) dans le cadre d’un groupe de travail de la CEGOS (commission générale d’organisation scientifique du travail) (ii).

 

Les étapes du calcul des coûts complets par la méthode des centres d’analyse

 

Ces réponses fondamentales en matière de comptabilité de gestion furent popularisées et pratiquées sous le nom de : méthode des sections homogènes ou des centres d’analyse.


Concrètement, l’approche par les sections homogènes (centres d’analyse) permettant d’aboutir au coût de revient se déploie de manière simplifiée comme suit (iii) :

  • découpage de l’organisation en départements, fonctions, services (ex : achat, production, distribution, administration…) appelés "centre d’analyse " ou "section homogène";
  • détermination pour chaque centre d’analyse d’un indicateur de mesure de l’activité, permettant le calcul d’un coût unitaire du centre (ex : nombre de produits achetés, heure de machine, heure de main d’œuvre, nombre de produits vendus…) : l’unité d’œuvre ;
  • identification des charges directes (variables et fixes) par centre d’analyse (achat, production, distribution…) et par produit sur la base de la comptabilité financière ;
  • imputation (répartition) des charges indirectes aux centres d’analyse sur la base de coefficients ou clés de répartition (généralement déterminés de manière arbitraire) ;
  • calcul du coût de revient global et du coût de revient unitaire par cumul des coûts (charges directes + charges indirectes imputées) issus de chaque centre d’analyse.


Cette méthode, qui constituait le cœur du savoir en comptabilité de gestion jusque dans les années 1980-90, répondait plus ou moins aux questions fondamentales : comment calculer un coût de revient ? Comment calculer un coût de production ? Comment répartir des charges administratives (indirectes) dans le calcul de ces coûts ?


Elle permettait ainsi une évaluation globale et ciblée (par fonction, par produit…) a posteriori des performances économiques (analyse des écarts entre les coûts réels et prévisionnels), ainsi que l’évaluation des stocks.


______________

i Lemarchand, Y., & Le Roy, F. (2000). L’introduction de la comptabilité analytique en France: de l’institutionnalisation d’une pratique de gestion. Finance, Contrôle, Stratégie, 3(4), 83-111.

ii Lebas, M., & Mévellec, P. (1999). Vingt ans de chantiers de comptabilité de gestion. Comptabilité-Contrôle-Audit, 5(3), 77-91.

iii Cauvin, E., & Neumann, B. (2007). French cost accounting methods: ABC and other structural similarities. Journal of Cost Management, 35-41.


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Quelle formation pour devenir controleur de gestion en France?

par Dr Sèna John Ahyee | 11 Apr, 2020 | Finances | 658

Dans un marché mondial de la formation au contrôle de gestion dominé par des géants anglo-américains, quelle est la situation de la formation au contrôle de gestion en France ?

Dans cette contribution, nous proposons un petit état des lieux de l’organisation de la formation au contrôle de gestion et au pilotage dans le contexte français.


L'organisation de la formation au contrôle de gestion en France

 

Le contrôle de gestion en quête d’une organisation professionnelle

 

En France, il n’existe pas d’ordre professionnel de contrôleur de gestion, ni de label unique représentatif de la formation au contrôle de gestion comme le CMA ou le CGMA.

La première tentative de regroupement professionnel fort autour du contrôle de gestion remonte à 1964 avec la création de l’association nationale des contrôleurs de gestion (ANCG) devenue aujourd’hui Association nationale des directeurs financiers et du contrôle de gestion (DFCG) (i).


D’après Georges Mathey, président d’honneur de la DFCG, l’objectif de l’association était d’être «ouverte aux gens du métier pour : progresser ensemble par l’échange ; et préciser puis promouvoir le contrôle de gestion ».


Dès 1967, l’association lance sa revue Echanges, suivant probablement l’exemple de son aînée américaine. En 2013, la revue a été renommée « Finance&Gestion » et la DFCG présente ses nombreuses activités à travers son portail internet (www.dfcg.fr).


Toutefois, contrairement à ses consoeurs IMA et CIMA, la DFCG n’a pas eu le privilège d’un diplôme spécifique contribuant à sa reconnaissance, sa légitimation et son financement.

Telle est probablement la grande faiblesse de l’environnement institutionnel du contrôle de gestion en France : l’absence d’un label de formation unique porté par une association professionnelle puissante où collaborent professionnels et académiques.


En effet, même si l’histoire des formations en contrôle de gestion en France reste largement à écrire, il semble des formations diplômantes sur cette spécialité ont émergé dans les écoles de commerce dans les années 1960-1970. Par la suite, des formations universitaires de type maitrise/DESS/Master ont été créées. Actuellement, l’association nationale des responsables des masters "contrôle de gestion et audit organisationnel" (AMCGAO) créée en 2015 en a identifiées 32, réparties dans toute la France.


Les faiblesses de ces formations étaient jusqu’à présent l’absence d’homogénéité et de liens forts, en bref de stratégie commune, avec la DFCG.

 

Les formations au contrôle de gestion en quête de légitimité

 

Deux faits illustrent bien cette faible légitimité et l’absence de stratégie unifiée des formations au contrôle de gestion en France.


En premier, rappelons la tentative de suppression des mentions « contrôle de gestion » au niveau des masters en sciences de gestion en 2013.

L’un des arguments avancés par le ministère de l’enseignement supérieur était : « le maintien d’un intitulé « contrôle de gestion » ne donnerait qu’une apparence d’unité à des formations dont le contenu peut être très contrasté » (ii).


C’est cette alerte venue du ministère qui a sans doute initiée une prise de conscience, conduisant à la création de l’AMCGAO dont l’objet est : « la promotion et le développement des masters CGAO et affiliés ». Cette association marque non seulement l’émergence d’une nouvelle stratégie de légitimation des formations en contrôle de gestion, mais aussi la volonté de créer un label de formation unique : « contrôle de gestion et audit organisationnel » (CGAO).


Le deuxième fait, c’est l’explosion depuis une dizaine d’années de formations de tous niveaux sensées conduire au métier de contrôleur de gestion : master universitaire, diplôme d’école de commerce, certificat de compétences en contrôle de gestion (DFCG-AFNOR), DU en contrôle de gestion (DFCG- université Paris 1), filière DCG/DSCG…

On le voit, en France, de nombreux chemins peuvent mener au contrôle de gestion et à la direction financière.


_______________

 

i Georges Mathey, “40 Ans de DFCG,” Echanges 216 (2004): 27–29.

ii Isabelle Martinez and Gerald Naro, “Lettre Du 15 Mai 2013 à L’attention de Monsieur Jean-Michel JOLION, Chef Du Service de La Stratégie de l’Enseignement Supérieur et de l’Insertion Professionnelle,” 2013.


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1- Découvrir le lean management

2- Les principes du pilotage d'entreprise

3- Les principes du controle de gestion

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Quelle formation pour devenir contrôleur de gestion à l'international ?

par Dr Sèna John Ahyee | 24 Feb, 2020 | Finances | 729

Quelles sont les institutions qui forment au plan international les cadres des fonctions comptables et financières? Dans cette contribution nous présentons deux institutions qui ont une influence significative dans la formation de l'élite des directions financières.


L'organisation de la formation au contrôle de gestion à l'international

 

L’institute of management accountants et son label CMA


L’Institute of Management Accountants (IMA, ordre américain des contrôleurs de gestion) est l’une des deux

institutions les plus influentes dans le domaine de la formation au contrôle de gestion aujourd’hui.


L’IMA existe depuis 1919. Sous le nom de National Association of Cost Accountants (NACA), elle a été fondée pour être au service des professionnels de la comptabilité des coûts.


Dès 1925, la jeune organisation se dote d’un outil de communication, le NACA Bulletin, destiné à répondre à diverses questions professionnelles. En 1969, l’association se dote d’un organe de réflexion et de proposition, le Management Accounting Practices Committee, puis crée en 1972 un diplôme professionnel permettant de garantir les compétences techniques et relationnelles des contrôleurs. Suivront d’autres démarches de structuration de la profession : l’élaboration d’un code éthique professionnel ; la participation à la création du COSO, organisme de référence en matière de contrôle interne ; la création d’une fondation de recherche…

Par ses différentes initiatives, cette association rebaptisée National Association of Accountants en 1957, puis Institute of Management Accountants en 1991, a fortement influencé la définition du champ d’activité des contrôleurs de gestion américains et, a activement contribué à la reconnaissance de la profession. Par la qualité de ses publications, la revue de l’association, renommée NAA Bulletin en 1957, puis Management Accounting en 1965, et enfin Strategic Finance en 1999 s’est imposée comme l’une des premières revues professionnelles destinées aux contrôleurs de gestion et aux professionnels de la finance d'entreprise.


Aujourd’hui, en plus de la revue Strategic Finance auquel un site internet (ii) est entièrement dédié, l’IMA est directement responsable de la revue Management Accounting Quarterly, de la revue IMA Educational Case Journal, et est le financeur de plusieurs rapports de recherche à destination des éducateurs et des professionnels.

Sur son site internet, l’IMA revendique 75 000 membres, 300 antennes locales, 20 000 diplômés CMA (Certified Management Accountant) en activité (iii). Dans son rapport annuel 2015, l’IMA revendiquait sa présence dans 138 pays et une croissance du nombre de candidats à son titre professionnel de 19% (26 000 candidats (iv).

 

La Chartered Institute of Management Accountants et son label CGMA


La CIMA (Chartered Institute of Management Accountants) est l’autre grande institution internationale dans le domaine du contrôle de gestion. Elle existe aussi depuis 1919, et a été fondée sous le nom d’Institute of Cost and Works Accountants (v) avec la contribution de Lord Leverhulme, fondateur du géant Unilever.


L’objectif de cet ordre était de contribuer à l’émergence d’une approche scientifique de calcul des coûts et la formation de comptables plus focalisés sur la création de valeur économique. Très tôt, cet ordre s’est aussi doté d’un outil de communication appelé aujourd’hui « Financial Management Magazine ». Aujourd’hui, cet outil existe sous forme de site internet (vi) et propose de nombreux articles de qualité à destination de la profession comptable.


Dès son origine, la CIMA a élaboré un programme de formation professionnel conduisant à l’obtention du titre de Associate Chartered Management Accountant. Depuis 2011, la CIMA est engagée dans un partenariat avec l’AICPA (ordre américain des experts comptables) conduisant à l’obtention du titre de CGMA (Chartered Global Management Accountant).


Dans son rapport d’activité 2011, la CIMA justifie son alliance avec l’AICPA et son label le CGMA comme suit : unir deux institutions comptables prestigieuses, donner une plus grande visibilité à la profession de contrôleur de gestion, établir le CGMA comme formation de référence mondiale en matière de contrôle de gestion.


Dans son rapport 2015 sur l’état de la profession comptable (vii) en Grande Bretagne, la FRC (Financial Reporting Council) souligne que la CIMA comptait au 31 Décembre 2014, 99 942 membres pour 127 813 étudiants faisant d’elle la deuxième association comptable britannique derrière l’ACCA (Association of Chartered Certified Accountants, ordre des experts comptables). Notons d’après ce même rapport que plus de la moitié des étudiants de ces deux ordres (73 129 / 127 813 pour CIMA et 290 470 / 373 668 pour ACCA) se situaient en 2014 en dehors de la Grande Bretagne, signe de leurs politiques d’internationalisation.

Enfin, soulignons qu’en marge du rapprochement entre l’AICPA (experts comptables américains) et la CIMA (ordre des contrôleurs de gestion britanniques), l’IMA (ordre des contrôleurs de gestion américains) et l’ACCA (experts comptables britanniques) ont lancé depuis 2013 un partenariat stratégique.


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i) http://goingconcern.com/post/aicpa-cima-want-give-cgma-its-own-accounting-association-update

ii) http://sfmagazine.com/

iii) http://www.imanet.org/about-ima/about-ima-overview

iv) http://www.imanet.org/2015-annual-report/site/index.html#grow

v) http://www.cfoinnovation.com/story/1259/cima-history-innovation

vi) http://www.fm-magazine.com

vii) Key Facts and Trends in the Accountancy Profession, Financial Reporting Council, June 2015


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Autres publications sur le thème Controleur de gestion :

1-Les missions du controleur de gestion

2-Le controleur de gestion est-il un business partner?

3-Les outils du contrôleur de gestion



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A quoi sert le budget dans le pilotage d'entreprise ?

par Dr Hugues Domingo | 14 Jan, 2020 | Finances | 1106

Le budget est sans doute l’outil emblématique du contrôle de gestion, selon son approche étroite. Il est historiquement au coeur du pilotage d'une entreprise. De temps en temps, il est soumis à de violentes critiques et des appels à son abandon sont émis. Pourtant, qu’il s’agisse de management public ou privé, le budget et le contrôle budgétaire restent omniprésents. Dans cette contribution, nous proposons un retour sur les raisons qui font du budget un formidable outil de pilotage.

 

Les finalités du budget


On peut raisonnablement définir le budget global d’une organisation comme une représentation prévisionnelle, quantitative et financière, de ses objectifs et des moyens mobilisés pour les atteindre.

Cette définition suggère deux principales composantes dans un budget global : la composante « objectifs » et la composante « moyens ».


Chaque composante peut donner lieu à des budgets spécifiques. Ainsi, concernant les objectifs, on peut identifier : le budget des ventes / des recettes / des adhésions…

Concernant les moyens, on peut identifier : le budget des dépenses globales / des achats / de la masse salariale / des frais administratifs / des investissements…


De manière assez générale, trois finalités classiques peuvent être associées aux budgets : la planification financière des activités, la coordination et le suivi de la mise en œuvre du plan, la motivation et l’évaluation des collaborateurs.


Dans une analyse historique réalisée au début des années 2000, le professeur Nicolas Berland (i) de l’université Paris Dauphine, mettait en évidence les finalités spécifiques du processus budgétaire en fonction du management stratégique de l’organisation. Ainsi :

  • dans le cas de la planification stratégique (grande organisation décentralisée, les filiales doivent concrétiser une stratégie générale sous contrainte budgétaire) : les budgets permettent principalement la prévision et le contrôle des dépenses.
  • dans le cas du contrôle stratégique (grande organisation décentralisée, les filiales doivent contribuer de manière optimale à la stratégie globale définie par la direction générale) : les budgets permettent principalement la coordination et l’évaluation des différentes activités.
  • dans le cas du contrôle financier (grande organisation décentralisée et diversifiée, les filiales doivent contribuer de manière optimale à la performance financière) : les budgets ont vocation à motiver les collaborateurs et à évaluer leur performance.

 

Les raisons de la longévité du budget


Une équipe australienne de chercheurs s’est penchée sur les raisons de l’utilisation continue du « budget » malgré les attaques féroces qu’il subit.

Dans cette étude (ii), 10 causes possibles de la pérennité du processus budgétaire sont questionnées.

Ces causes associent au budget les finalités suivantes :


1) évaluation de la performance des managers;

2) évaluation de la performance d’un centre de responsabilité;

3) allocation des ressources;

4) formulation des plans d’action;

5) management des capacités de production;

6) détermination des prix de ventes;

7) développement de comportements innovants;

8) information et communication externe;

9) suivi de l’activité de l'organisation;

10) maîtrise des coûts.


Ces 10 causes ont été testées via un questionnaire auprès 331 responsables comptables d’organisations australiennes.


Il ressort de cette recherche que les cinq premières causes de l’utilisation persistante du budget dans les organisations sont : la maîtrise des coûts, le suivi des activités, la formulation des plans d’action, l’allocation des ressources et l’évaluation des centres de responsabilité.


Par ailleurs, les chercheurs observent aussi que la procédure budgétaire annuelle est associée à une démarche d’actualisation périodique des budgets (re-prévisions trimestrielles ou semestrielles), atténuant ainsi les limites couramment associées à la démarche budgétaire (déconnection par rapport à la situation économique réelle, rigidité…).

En définitive, à quoi sert le budget ?


Il ressort des travaux scientifiques sur le sujet que le budget reste un formidable outil de planification économique et financière. Grâce à lui, les dirigeants peuvent suivre les activités, comparer avec les anticipations et initier des mesures correctives en cas de problème. Le budget reste aussi un outil d’allocation des ressources et d’évaluation de la performance des collaborateurs.


Cependant, dans un environnement économique marqué par de nombreuses fluctuations, le budget annuel court le risque d’être rapidement dépassé. C’est pour cela que nombre d’organisations mettent en place une budgétisation flexible, avec une actualisation partielle ou totale des données budgétaires. L’évolution technologique actuelle est de nature à favoriser de telles démarches.


_________

 

i Nicolas Berland, “A Quoi Sert Le Contrôle Budgétaire?”, Finance Contrôle Stratégie 2, no. 3 (1999): 5–24.

ii Prabhu Sivabalan et al., “An Exploratory Study of Operational Reasons to Budget”, Accounting and Finance 49 (2009): 849–871.


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C'est quoi le Lean Management ?

par Dr Sèna John Ahyee | 12 Dec, 2019 | Finances | 900

En considérant le contrôle de gestion dans son approche large, le Lean Management (littéralement management maigre) apparaît sans doute comme une des approches actuelles les plus débattues. Vivement critiqué par certains pour ses effets néfastes sur la santé au travail (enquête Special Investigation sur le lean), largement plébiscité par d’autres comme outil indispensable du pilotage d'entreprise moderne (Lean Enterprise Institute), que recouvre concrètement cette notion de « Lean Management » ?

Nous proposons dans cet article une synthèse sur les fondements du lean management et présentons quelques limites de sa pratique actuelle.


1- Aux fondements du Lean Management


Les fondements du Lean Management se trouvent dans le célèbre ouvrage de James P. Womack, Daniel T. Jones et Daniel Ross « The machine that changed the world », publié pour la première fois en Avril 1990. A travers cet ouvrage, il s’agissait pour les auteurs de présenter l’approche managériale et productive qui a fait le succès du constructeur automobile Toyota (Toyota Production System TPS).


Ainsi donc, développé au Japon, notamment chez Toyota, le Lean Management est une démarche de conduite des activités de l’organisation qui vise simultanément une amélioration continue de la qualité de la production / prestation de services et de la productivité.


On retrouve ainsi dans le Lean, les deux enjeux fondamentaux du contrôle de gestion : efficacité (atteinte des objectifs de qualité et satisfaction client) et efficience (optimisation de la productivité).

D’après Philippe Lorino (i), éminent professeur de contrôle de gestion à l’ESSEC, « le théoricien le plus notoire du TPS (Toyota Production System), Taiichi Ohno (1988), le résume en trois enjeux de performance clés : Muda, éliminer le gaspillage, Mura, analyser et maîtriser la variabilité de la demande, et Muri, supprimer la surcharge des équipements et des employés » (p.38).


C’est ce que souligne aussi le professeur Bob Emiliani, lorsqu’il dit que selon Taiichi Ohno deux principes fondamentaux sont à la base du Lean : l’élimination systématique des sources de gaspillage (Muda) et le respect des collaborateurs (Muri).

 

2- La focalisation excessive sur les sources de gaspillage


Au-delà de ces grands principes (Muda, Mura, Muri), la mise en œuvre concrète du Lean s’est traduite par une attention exclusivement portée sur la question des sources de gaspillage (Muda), engendrant des problèmes sur lesquels nous reviendrons un peu plus loin.


C’est ce qui fait que « Lean Management » se confond aujourd’hui avec « management dégraissé » et l’élimination de huit sources potentielles de gaspillage que sont :

  • les défauts : à ce niveau une démarche Lean suppose la mise en place et le suivi d’indicateurs de qualité (ex : taux de retour, taux de réclamation) et de satisfaction, dans le but d’atteindre le « zéro-défaut » ou une « satisfaction client » maximale. Dans ce cadre, des démarches management « qualité » rigoureuses sont mises en place (ex : ISO 9001), les process de production sont adaptés et actualisés, des enquêtes de satisfaction sont réalisées de manière régulière.


  • la surproduction : à ce niveau une démarche Lean suppose la mise en place et le suivi d’indicateurs de production (ex : nombre de produits fabriqués, nombre d’heures facturées) et de surproduction (ex : ratio de la production vendue, taux d’heures facturées, marge sur coût horaire). L’objectif visé est d’utiliser les facteurs de production au maximum, dans le but d’optimiser la productivité.


  • les temps d’attente : à ce niveau une démarche Lean suppose la mesure des temps d’attente des collaborateurs (ex : nombre d’heures non travaillées par semaine) dans le process de production et la réduction de ces temps non productifs. Pour remédier à ces temps d’attente, on peut rendre les collaborateurs polyvalents.


  • les ressources inexploitées : à ce niveau une démarche Lean suppose l’identification des ressources inexploitées (humaines et matérielles) et leur réaffectation.


  • les mouvements inutiles : à ce niveau une démarche Lean suppose l’identification et la mesure du temps nécessaire pour accomplir une action (ex : durée optimale pour un appel / call centers). Cela peut conduire à une standardisation des mouvements et des temps au travail.


  • les stocks : à ce niveau une démarche Lean suppose la mesure du niveau et du coût du stockage, ainsi que la mise en place de mesures pour réduire les stocks (management en juste-à-temps).


  • les temps de transport : à ce niveau une démarche Lean suppose la mesure des temps de transport des individus et des biens. Il s’agit alors de mettre en place un processus logistique permettant de les optimiser.


  • les surtraitements : à ce niveau une démarche Lean suppose l’identification des surplus de ressource affectées à des productions ou prestations de service, et d’y remédier.


Cette approche du Lean, focalisée sur l’élimination du gaspillage, en a fait une logique managériale orientée exclusivement vers la réduction des coûts.


Ainsi selon le professeur Lorino : « Lazaro Campos, PDG de SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), interviewé dans le magazine de McKinsey (2010), définit clairement le Lean comme programme de réduction des coûts visant en priorité l’efficience productive. Sa voix n’est pas isolée : les managers, les consultants, mais aussi de nombreux chercheurs, s’accordent aujourd’hui à définir exclusivement le Lean comme « élimination des gaspillages… » (p.41). Au-delà, « pour nombre de ses partisans actuels, le Lean consiste à mettre sous tension les acteurs, opérateurs et cadres de proximité, dans le cadre de leur poste de travail individuel. Est ainsi effacée la dimension collective qui avait été mise en avant par les pionniers du TPS » (Lorino 2015, p.42).


C’est sans doute cet état de fait qui justifie la mauvaise image du Lean Management dans certaines organisations aujourd’hui. En effet, cette chasse impitoyable au gaspillage instaure dans les organisations une tension permanente (fonctionnement en flux tendu), qui finit par avoir un effet contreproductif sur la qualité (augmentation des défauts et des réclamations, perte de confiance et scepticisme du client) et la productivité (augmentation des arrêts maladie, du turn over, dégradation de la motivation au travail…).

 

3- Pour un retour du Lean à ses trois dimensions fondamentales


Pour Lorino, on est dans un « étrange cas d’amnésie collective, qui conduit des dirigeants d’entreprises, par une sorte de retournement historique, à baptiser lean précisément les modèles organisationnels contre lesquels se sont battus les pionniers du lean » (p.40).


Dès lors, pour les fonctions Finance et les managers, que faire contre ce dévoiement du Lean Management ?

On est, à peu de choses près, sur le même débat depuis les premières critiques du taylorisme et de la financiarisation excessive du contrôle de gestion (ii).

Le défi est de taille : il faut concilier efficience (quête de productivité) et renforcement de la capacité productive (personnel compétent, motivé, innovant, investissement R&D…).

 

Pour le relever, les managers et les contrôleurs de gestion ne doivent pas fuir devant la complexité de la vie des organisations et céder à des solutions faciles (objectifs de productivité trop élevés, réorganisations "sauvages", réduction du personnel, réduction excessive du temps "non productif"...). Ils doivent enfin comprendre qu’une productivité vite gagnée peut nuire à moyen terme à la performance de leurs organisations.


__________


i Philippe Lorino, « La fuite managériale devant la complexité: l’exemple historique du lean management », in Les systèmes de gestion entre simplification et complexification, Economica, 2015, 37-47.

ii Henri Bouquin et Michel Fiol, « Le contrôle de gestion: repères perdus, espaces à retrouver », in Congrès de l’Association Francophone de Comptabilité (IAE Poitiers, 2007).


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Quel est l'impact des évolutions technologiques sur la fonction Finance ?

par Dr Sèna John Ahyee | 7 Dec, 2019 | Finances | 476

Avec les évolutions technologiques actuelles, de nombreuses questions sont posées concernant l'évolution de la fonction finance. La technologie étant vue comme libératrice des activités routinières, peut-on espérer une implication plus importante des contrôleurs de gestion dans l'accompagnement des managers et la réalisation d'études prospectives?

Dans cet article, nous proposons une synthèse sur l'impact des nouvelles technologies sur les activités des contrôleurs de gestion et des directions financières.


IMPACT DE LA TECHNOLOGIE SUR LA DIRECTION FINANCIERE

 

L'évolution technologique impacte fortement la fonction finance


Sur le sujet, l'étude de Stan Davis et Tom Albright publiée en 2000(ii) constate un effet important de la mise en place du progiciel sur la fonction de contrôleur de gestion.

Ils observent dans différents cas que les contrôleurs de gestion sont plus impliqués dans des missions d’aide à la décision suite à la mise en place du progiciel de gestion.

Les travaux de Ariela Caglio (iii) et de Bob Scapens et Mostafa Jazayeri (iv) en 2003 suggèrent aussi une évolution des missions des contrôleurs de gestion du fait de la mise en place des progiciels de gestion.

 

L'évolution technologique n'impacte pas significativement la fonction finance


Dans leur étude de 2002 les professeurs Markus Granlund et Teemu Malmi (i) expriment les questionnements suivants : « Il y a un vif débat autour de l’élargissement du rôle du contrôleur de gestion, du « comptage de haricots » vers une action en faveur du changement orienté business… Les questions pertinentes dans ce contexte incluent les suivantes : le nouveau système permet-il d’avoir plus de temps pour des analyses et allège-t-il le fardeau du reporting ordinaire ? Un système d’information intégré améliore-t-il la communication transversale au sein de l’organisation et les processus en général ? Le nouveau système impacte-t-il l’organisation de la fonction de contrôle de gestion et l’autonomie des contrôleurs ? »

Les résultats de leur étude par entretiens suggèrent que l’effet des progiciels n’est pas le même selon les organisations. Dans certains cas les contrôleurs sont juste associés aux problématiques comptables, alors que dans d’autres ils sont associés à des processus plus transversaux et sont au cœur de la sélection des systèmes intégrés de gestion.


Dans toutes les organisations, les responsables du contrôle de gestion sont en charge de la formation de leurs collaborateurs aux modules comptables, et dans certaines ils sont chargés de former aux modules non comptables.


L’évolution du rôle des contrôleurs de gestion vers plus d’aide à la décision, du fait du progiciel, n’a été observée que dans la moitié des cas. Sur le plan organisationnel, la mise en œuvre du progiciel n’a entraîné que peu de modifications au niveau de la fonction « contrôle de gestion ». La structuration hiérarchique au niveau de la fonction n’a pas été impactée par la mise en place du progiciel. Enfin, cette étude souligne que l’automatisation des tâches associée au progiciel a impliqué une réduction de l’effectif des contrôleurs de gestion.


En synthèse, d’après cette étude l’effet de la mise en place d’un progiciel de gestion sur la fonction de contrôleur de gestion est relativement faible.


Pour les chercheurs François Meyssonnier et Frédéric Pourtier (v), la complexité de la mise en œuvre des progiciels de gestion exige d’analyser ce lien de contingence de manière plus précise.


Pour eux, « … si les ERP constituent un cadre technique innovant et conceptuellement remarquable pouvant favoriser une évolution significative du contrôle de gestion, la réalité reste nettement plus nuancée. » (p.47).

Sur la base de leurs études de cas, ils proposent l’analyse suivante (p.55-56) : « Ces observations, somme toute sans grandes surprises, montrent que le contrôle de gestion reste une fonction importante mais non prioritaire dans la plupart des projets d’intégration. Il ne bénéficie que de manière très nuancée des apports potentiels des systèmes intégrés. Les tâches habituelles de la fonction évoluent peu. Ainsi, l’ERP a consolidé l’existant, les acteurs s’accordent sur une amélioration de forme (automatisation, rapidité d’obtention des informations, finesse du découpage) mais pas de fond… Pour autant, nous n’avons pas pu quantifier les changements intervenant dans les tâches du contrôleur… » .


Ainsi, d’après cette étude, les progiciels de gestion intégrée n’ont impacté que de manière faible la fonction de contrôleur de gestion. Pour ces chercheurs, « il apparaît que la mise en place des ERP ne joue pas un rôle décisif dans l’évolution de la fonction du contrôleur de gestion. Le contrôle de gestion n’est fondamentalement transformé ni dans son appareillage conceptuel, ni dans son dispositif organisationnel. » (p. 62)

 

En conclusion: l'impact dépend du contexte organisationnel


Au final, il reste assez difficile d’établir une conclusion définitive sur la réalité et la nature de l’impact des nouveaux systèmes d’information sur les fonctions comptables et financières dans l'organisation.


Par exemple, dans une étude quantitative par questionnaire (62 réponses), l’équipe d'Alan Sangster (vi) suggère que le succès ou l’échec de la mise en place du progiciel joue un rôle médiateur sur l’impact des progiciels sur les missions des contrôleurs de gestion.


Si au niveau des tâches courantes on peut noter des différences entre le contrôleur d’aujourd’hui (plus focalisé sur la gestion de bases de données, le paramétrage d’ERP, les mises à jour système) et celui d’il y a 30 ans, la promesse d’un ERP libérateur de tâches routinières (reporting harassant et pléthorique) ne semble pas encore tenue. Néanmoins, on peut retenir que le reporting financier est beaucoup plus facile qu'il y a 30 ans.


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i Markus Granlund et Teemu Malmi, « Moderate impact of ERP on management accounting: a lag or permanent outcome? », Management Accounting Research 13 (2002): 299-321.

ii Stan Davis et Tom Albright, « The Changing Organizational Structure and Individual Responsibilities of Managerial Accountants: A Case Study », Journal of Managerial Issues 12(4) (2000): 446-467.

iii Ariela Caglio, « Enterprise Resource Planning systems and accountants: towards hybridization? », European Accounting Review 12(1) (2003): 123-153.

iv R. W. Scapens et Mostafa Jazayeri, « ERP systems and management accounting change: opportunities or impacts? A research note », European Accounting Review 12(1) (2003): 201-233.

v François Meyssonnier et Frederic Pourtier, « Les ERP changent-ils le contrôle de gestion? », Comptabilité Contrôle Audit 12(1) (2006): 45-64.

vi Alan Sangster, Stewart A. Leech, et Severin Grabski, « Erp implementations and thein impact upon management accountants », Journal of Information Systems and Technology Management 6(2) (2009): 125-142.


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Quel rôle pour la fonction finance dans la RSE ?

par Dr Sèna John Ahyee | 26 Nov, 2019 | Finances | 526

Avec la montée en puissance du développement durable et de la RSE, chaque fonction de l'entreprise est invitée à prendre sa part dans la résolution des problèmes de la société. Dès lors, de nombreuses questions émergent concernant la contribution des acteurs de la fonction finance (directeur financier, contrôleur de gestion, comptable...) à la sauvegarde de la planète. Sont-ils des acteurs insensibles aux défis environnementaux, focalisés sur leurs finalités économiques ? S’impliquent-ils avec ferveur dans la résolution des problèmes environnementaux en déployant de nouveaux outils, même au détriment de la performance économique à court-terme ? Dans cet article, nous revenons sur quelques principales observations faites sur ce sujet.


LA FONCTION FINANCE ET LA RSE

 

Les travaux fondateurs au début des années 1990


Sur l’implication des professionnels de la comptabilité et de la finance dans le management des enjeux environnementaux, les premiers travaux remontent aux années 1990, par l’équipe de Rob Gray.


D’après les chercheurs Jan Bebbington et Carlos Larrinaga (i), le rapport Brundtland de 1987 fut l’occasion pour le gouvernement britannique de lancer divers travaux sur l’économie verte ou environnementale. C’est dans ce contexte que l’un des ordres comptables britanniques (Chartered Association of Certified Accountants) a chargé Rob Gray de faire des propositions permettant à la profession comptable de s’associer à cette dynamique.


Cette mission a donné lieu à un rapport (The Greening of Accountancy. The Profession after Pearce) et à différents travaux de recherche sur la comptabilité environnementale. L’un de ces projets de recherche s’est focalisé sur l’attitude des contrôleurs de gestion et des comptables par rapport à la comptabilité environnementale en Grande Bretagne, Nouvelle-Zélande et au Canada.


Dans le cadre de ce projet de recherche, Rob Gray et son équipe montrent que l’attention des professionnels reste focalisée sur les consommations de ressources et sur l’évaluation des investissements environnementaux.


Concernant leur implication dans les politiques environnementales, même s’ils semblent au fait de ces démarches, leur implication reste faible (ii). Ils s’investissent peu dans l’évaluation des impacts environnementaux, dans la rédaction des politiques environnementales, dans l’évaluation de la performance environnementale des fournisseurs, dans les analyses de cycle de vie


Toutefois, l’étude montre aussi que les contrôleurs ne sont pas insensibles aux questions environnementales. Ils désirent même s’impliquer davantage dans les démarches de comptabilité environnementale, même si cela ne se traduit pas forcément dans les faits. Ainsi, l’étude de Wycherley en 1997 (iii), réalisée via des entretiens auprès de 30 responsables « environnement », suggère que les contrôleurs de gestion et les comptables en général, apparaissent comme le groupe organisationnel le plus difficile à impliquer dans le management environnemental.

 

Fonction financière : une faible implication sur les questions environnementales entre 1990 et 2010


Une enquête publiée en 2001, réalisée en Australie par les chercheurs Trevor Wilmshurst et Geoffrey Frost (iv), montre qu’en majorité les contrôleurs de gestion s’impliquent peu ou pas dans le développement de politiques environnementales et la diffusion d’informations environnementales. En majorité, ils interviennent peu dans l’élaboration des objectifs d’émission de gaz, dans l’évaluation des impacts environnementaux, dans les stratégies de réponse aux contraintes législatives, dans les audits environnementaux.


L’étude de Sumit Lodhia en 2003 (v) aux iles Fidji souligne de manière très intéressante que les acteurs des services environnementaux perçoivent mal le rôle que pourraient jouer les contrôleurs de gestion dans le management environnemental.


Globalement, les contrôleurs de gestion ne s’impliquent pas dans le contrôle de gestion et le reporting environnementaux. Ils se considèrent dans ces entreprises avant tout comme des gardiens de la performance économique.


En France, le chercheur Jean-Philippe Lafontaine en 2006(vi) renforce ces conclusions à travers son étude par entretiens dans sept établissements français certifiés ISO 14001. Selon lui, « les responsables environnement occupent une place privilégiée au cœur des SME [systèmes de management environnemental], alors que les responsables financiers n’interviennent que de façon ponctuelle dans les prises de décision et le suivi des actions environnementales ».


Pour Lafontaine, « ce qui ressort aussi des entretiens, c’est que les responsables environnement ne voient pas en quoi les comptables et les contrôleurs de gestion pourraient être concernés par le suivi des actions environnementales ».

Ainsi, dans les organisations, les enjeux environnementaux sont pris en charge par des fonctions « environnement » spécifiques, maintenant les contrôleurs de gestion et les comptables dans leurs missions économiques.


Dans sa thèse de doctorat publiée en 2011, Dominique Fajfrowski (vii) montre aussi cette faible implication des contrôleurs de gestion dans les dispositifs de management environnemental. Dans son analyse de deux sites du groupe AREVA, il montre que les dispositifs de management environnemental dans cette entreprise sont mis en œuvre par des acteurs autres que les contrôleurs de gestion. Les contrôleurs de gestion ne participent pas non plus aux audits environnementaux. Sur les sites étudiés, les contrôleurs de gestion interviennent principalement dans le processus budgétaire, la production de tableaux de bord, la gestion de la trésorerie. Ils restent focalisés sur leurs finalités économiques. Les dispositifs environnementaux et sociétaux sont principalement du ressort du responsable « Qualité Santé Sûreté Environnement ». Dans l’étude par questionnaire complémentaire à cette étude de cas, 60% des répondants considèrent que la question environnementale ne constitue pas une priorité des contrôleurs de gestion. Près de 80% considèrent que les questions d’environnement relèvent d’autres fonctionnels.

 

Les financiers en quête de légitimité sur les enjeux environnementaux


Malgré ces résultats, on constate une montée en puissance du sujet dans les préoccupations des professions comptables et financières.


Ainsi, dans une étude à contre-courant publiée en 2014, la chercheuse Angèle Renaud (viii) montre un cas en France où le contrôleur de gestion prend un rôle plus important dans la gestion des enjeux environnementaux. Il peut être : vérificateur CO2, conseiller dans la prise de décision environnementale (ex : réduction des gaz à effet de serre, gestion des déchets…), animateur du système d’information environnemental, traducteur euro-carbone, acteur du changement environnemental. Les professionnels américains du contrôle de gestion (Institute of Management Accountant) font de plus en plus souvent la promotion du rôle qu'ils pourraient jouer sur le sujet.


Le sujet prend aussi de l'ampleur au niveau des professionnels français du contrôle de gestion et de la finance ). On assiste même à l'émergence de formations pour des directeurs financiers orientés sur les enjeux de la RSE : chief value officer.


Cependant au niveau des pratiques dans les organisations les évolutions restent peu visibles.


Ainsi le travail de recherche de Sèna John Ahyee en 2015 (ix) qui comporte des entretiens avec des responsables RSE, des contrôleurs de gestion dans différentes entreprises et organisations (Université, prestataire de services logistiques, Ecole de commerce, industrie agroalimentaire, industrie nucléaire) et une enquête par questionnaire auprès de contrôleurs de gestion juniors et séniors conclut globalement que les contrôleurs de gestion restent focalisés sur les enjeux économiques tandis que les enjeux environnementaux et sociaux sont pris en charge par d'autres acteurs (responsable qualité, responsable RH, responsable RSE...).


Avec la montée en puissance du sujet notamment du fait de nouvelles règlementations en matière extra-financière (directive CSRD, normes ESRS, normes ISSB...), on n'est pas à l'abri d'une guerre de territoire entre ces différents acteurs.


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i Jan Bebbington et Carlos Larrinaga, « Accounting and sustainable development: an exploration », Accounting Organizations and Society 39, n° 6 (2014): 395-413.

ii Jan Bebbington et al., « Accountants’ attitudes and Environmentally-sensitive accounting », Accounting and Business Research 24(94) (1994): 109-120.

iii Ian Wycherley, « Environmental managers and accounting », Journal of Applied Management Studies 6, n°2 (1997): 169-184.

iv Trevor D. Wilmshurst et Geoffrey R. Frost, « The role of accounting and the accountant in the environmental management system », Business Strategy and the Environment 10 (2001): 135-147.

v S.K. Lodhia, « Accountants’ responses to the environmental agenda in a developing nation: an initial and exploratory study on fiji », Critical Perspectives on Accounting 14 (2003): 715-737.

vi Jean-Philippe Lafontaine, « L’introduction de l’environnement dans les formations en comptabilité contrôle audit: une adéquation à l’évolution du contrôle de gestion dans certaines organisations » (CERMAT-IAE Tours, 2006).

vii Dominique Fajfrowski, « Le rôle du contrôle de gestion dans la stratégie de développement durable de l’entreprise » (Thèse de doctorat, Université Montpellier 1, 2011).

viii Angèle Renaud, « Le contrôle de gestion environnemental: quels rôles pour le contrôleur de gestion? », Comptabilité Contrôle Audit 20, n°2 (2014): 67-94.

ix Sèna John Ahyee, (2015). L'influence du management de la responsabilité sociétale sur les caractéristiques instrumentales et organisationnelles de la fonction de contrôleur de gestion (Doctoral dissertation, Université Montpellier).


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Le controleur de gestion est-il un business partner ?

par Dr Sèna John Ahyee | 11 Nov, 2019 | Finances | 2894

Un débat récurrent concernant la fonction finance et les contrôleurs de gestion dans l'organisation porte sur la question suivante : "le contrôleur de gestion est-il un copilote du dirigeant et un business partner?" Dans cet article, nous revenons sur les paramètres de ce débat et tentons de proposer une synthèse.

 

1 - A l'origine du "Business Partner"


Le concept de Business Partner associé au contrôleur de gestion a été popularisé dans les années 1990, notamment grâce à une publication de Lianabel Oliver (i) dans la revue américaine Management Accounting.

L’idée c’est de favoriser l’émergence d’un contrôleur de gestion plus impliqué dans la prise de décisions opérationnelles et moins focalisé sur le reporting et le contrôle budgétaire.


Dès lors, le discours officiel dans de nombreuses associations professionnelles (IMA, CIMA, DFCG) est de proclamer l’avènement du contrôleur business partner, business advocate (ii) , centré sur des missions d’aide à la décision, et la mort du contrôleur beancounter, corporate cop, focalisé sur le reporting et l’évaluation de la performance.


Malgré l’engouement des professionnels pour le profil de business partner, tous les contrôleurs de gestion sont-ils des business partners aujourd’hui ?


Les résultats des travaux scientifiques sur le sujet sont contrastés. Pour certains auteurs, les contrôleurs de gestion sont des business partners. Pour d’autres, ils ne le sont pas encore.

 

2- Oui, le contrôleur de gestion est un business partner


Parmi les contributions qui confirment l’avènement du business partner, notons les publications de Granlund et Lukka en 1998 (iii), de Siegel et Kulesza en 1996 (iv), de Siegel et Sorensen en 1999 (v), de l’équipe de Garg en 2003 (vi).


Ainsi, dans leur étude Granlund et Lukka suggèrent que les contrôleurs de gestion des multinationales finlandaises semblent fortement impliqués dans les équipes opérationnelles et centrés sur l’aide à la décision.


Dans une autre étude soutenue par l’association américaine des contrôleurs de gestion (Institute of Management Accountants), Siegel et Kulesza montrent que les technologies de l’information, la pression concurrentielle, les restructurations organisationnelles ont entraîné l’automatisation et la centralisation de nombreuses opérations de contrôle. Ces évolutions ont permis aux contrôleurs de gestion d’être plus investis dans des tâches d’analyse et d’aide à la décision. Ce constat est confirmé par une autre étude de Siegel et Sorensen pour qui les contrôleurs de gestion sont bien passés de Beancounters à Business Partners dans les entreprises américaines. D’après cette étude, les contrôleurs se voient prendre plus de place dans la prise de décision. Cette conclusion est aussi celle de l’équipe de Garg en 2003.

 

3- Non le contrôleur de gestion n'est pas un business partner


D’autres publications scientifiques invitent à relativiser la généralisation du contrôleur Business Partner.

Ainsi, pour Scheumann (vii) en 1999, les contrôleurs sont toujours en dehors du processus de planification stratégique ou sont intégrés après la réalisation de choix majeurs. D’après lui, le passage des contrôleurs à un rôle de partenaire d’affaires n’est pas acquis et sera plus lent que prévu.


Selon Davis et McLaughlin en 2009 (viii), les scandales financiers des années 2000 ont favorisé la résistance des missions d’évaluation et de contrôle interne face à celles d’aide à la décision. Pour eux, les contrôleurs sont peu associés aux décisions concernant la fixation des prix, la distribution, le développement de nouveaux produits.


En France, les travaux de Caroline Lambert et de Samuel Sponem (ix) soulignent la faible diffusion du contrôleur Business Partner et la persistance du contrôleur technicien et vérificateur.


Selon Duban-Doyard et Doch (x), « le chemin à parcourir est encore long avant que le contrôleur de gestion ne devienne un véritable business partner (conseil aux dirigeants) en matière de pilotage de l’activité opérationnelle ».


Enfin, Caroline Lambert et Jeremy Morales (xi) montrent dans leur étude de cas qu’il reste difficile pour les contrôleurs de gestion d’atteindre le statut de partenaire.


En définitive, que retenir de ces travaux, au regard de la question suivante : tous les contrôleurs de gestion sont-ils des business partners ?

 

4- En guise de conclusion provisoire...


Si on considère que le contrôleur de gestion est Business Partner « lorsqu’il est intégré dans des équipes opérationnelles et principalement focalisé sur l’aide à la décision économique (analyses de coûts et marges, simulations économiques, fixation de prix, analyses de marché…) », alors il est clair que tous les contrôleurs n’en sont pas. Regardons autour de nous pour en avoir la preuve. De nombreux contrôleurs de gestion restent encore accaparés aujourd’hui par des reportings périodiques harassants.


Si on considère que le contrôleur de gestion est Business Partner « lorsqu’il contribue à la réalisation du cycle économique de l’organisation, que ce soit en tant qu’évaluateur de la performance ou aide à la prise de décision », alors sans aucun doute tous les contrôleurs sont des Business Partners. En effet, dans le rôle d’évaluateur il est un partenaire précieux en veillant à une gestion rigoureuse des ressources. Dans le rôle de conseiller, il est un partenaire précieux en permettant la prise de décision la plus pertinente possible.


Au final, chacun décidera si tel ou tel contrôleur de gestion est un Business Partner. De notre côté, nous considérons qu’ils le sont tous, puisque « corporate cop » ou « business advocate », ils contribuent selon leurs attributions à l’atteinte des objectifs de leur organisation. Ils sont des des parties prenantes importantes pour la pérennité de l'organisation.


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Peut-on gérer son entreprise sans comptabilité de gestion ?

par Dr Sèna John Ahyee | 2 Nov, 2019 | Finances | 509

L'utilisation du budget, des techniques de calcul des coûts, des indicateurs de performance économique est au coeur du contrôle de gestion et du pilotage de la performance des organisations. Or à partir des années 1980, divers travaux scientifiques critiquent vivement la planification, la budgétisation et la comptabilité de gestion. Dans cet article, nous revenons sur ces critiques et évaluons leurs conséquences sur la pratique du pilotage économique aujourd'hui.

 

Les critiques envers la gestion budgétaire


Ainsi, selon le professeur Henry Mintzberg (i), la planification stratégique ne permet pas l’émergence de nouvelles logiques stratégiques et ne favorise pas les changements organisationnels, nécessaires à l’adaptation de l’entreprise. Elle est un style de management « calculateur » qui ne favorise pas l’engagement des acteurs.

Enfin, elle repose sur trois hypothèses présentées comme erronées : la possibilité d’anticiper l’avenir, la possibilité de dissocier élaboration et mise en œuvre de la stratégie, la possibilité de formaliser le processus stratégique.


Au-delà de la planification stratégique, le processus budgétaire qui lui est associé fait aussi l’objet de critiques.

Cette critique du budget est ancienne. Elle date notamment des années 1960-1970 avec la proposition du « zero-base budget » (ii) comme solution aux limites du budget classique. Cependant, elle trouve une nouvelle jeunesse dans les travaux de Hope & Fraser (1997, 1999) qui animent un groupe international de réflexion baptisé « Beyond Budget Round Table ».

Leur proposition phare consiste en la suppression du budget.


Dans leur discours, le processus budgétaire est accusé d’avoir émergé dans une période de stabilité économique et de n’être plus adapté à l’environnement instable d’aujourd’hui ; d’être un frein au changement radical et à l’apprentissage organisationnel ; de ne pas permettre la gestion des actifs immatériels (satisfaction clients, innovation, capital intellectuel…) ; de se concentrer sur des indicateurs comptables au lieu de contribuer à l’évaluation de la valeur pour l’actionnaire ; d’installer un cadre contraignant qui ne favorise pas la créativité (iii).


Avec cette critique du processus budgétaire, à travers les travaux du Beyond Budget Round Table, Hope et Fraser suggèrent tout simplement d’abandonner l’utilisation du budget, outil emblématique du contrôle de gestion.

 

Les critiques envers la comptabilité de gestion


Au-delà du budget qui est remis en cause, les années 1980-1990 connaissent aussi une critique forte de la comptabilité de gestion.


Robert Kaplan (iv), professeur à Harvard, synthétise quelques-unes des critiques émises contre la comptabilité de gestion : inadéquation des anciennes techniques de calcul des coûts avec le nouvel environnement de production, focalisation excessive sur la performance financière à court-terme, optimisation des indicateurs financiers par l’utilisation de techniques comptables, utilisation excessive de montages financiers, réduction des investissements en actifs immatériels


L’ouvrage « Relevance lost : the rise and fall of management accounting » (Johnson & Kaplan, 1987) qui détaille ces critiques et ouvre des pistes de renouvellement, apparaît comme un des principaux marqueurs de cette période de remise en cause.

 

Pour un renouvellement du pilotage de la performance


Pour faire suite à ces critiques, de nouveaux outils de gestion sont proposés.

Ils sont regroupés, malgré leur diversité, sous l’appellation de techniques de « gestion stratégique des coûts » (v).

En effet, la gestion stratégique des coûts se différencie de l’approche traditionnelle en comptabilité de gestion par le fait qu’elle est fondée sur les concepts suivants : analyse de la chaîne de valeur, analyse du positionnement stratégique, inducteurs de coûts.


L’analyse de la « chaîne de valeur » implique une perspective plus large que celle de la comptabilité de gestion traditionnelle. L’enjeu ici est d’optimiser chaque niveau de la chaîne de valeur, de l’approvisionnement à la commercialisation.


L’approche basée sur le positionnement stratégique, défend une nécessaire adéquation entre la logique stratégique de l’entreprise et son système de calcul des coûts. La gestion des coûts ne peut être la même dans une stratégie de domination par les coûts et dans une stratégie de différenciation.


L’approche basée sur les inducteurs de coûts vise une meilleure maîtrise des coûts, par une meilleure compréhension de leurs causes. L’objectif est de mettre en évidence des inducteurs plus pertinents que ceux volumiques traditionnels. L’activity based costing (ABC) est l’outil de gestion représentatif de cette approche.


A la suite de cette période, les outils de comptabilité de gestion proposés aux entreprises se sont étoffés. Cela s’est illustré dans les formations par le développement de modules sur la comptabilité à base d’activité (ABC), l’analyse de la chaine de valeur, le target costing (technique du coût cible)…


Malgré ce foisonnement intellectuel à l'oeuvre depuis les années 80, les observateurs identifient des évolutions très lentes au niveau des organisations.


Ainsi la gestion budgétaire et les méthodes de calcul de coût classiques (coût complet, coût partiel, coût marginal...) restent très présentes dans les entreprises. Cela peut s'expliquer par le surcoût engendré par la mise en place des nouveaux outils au regard de leurs apports réels.

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i Henry Mintzberg, « The Fall and Rise of Strategic Planning », Harvard Business Review January-February (1994): 107-14.

ii Geoff Burrows et Barbara Syme, « Zero-Base Budgeting: Origins and Pioneers », Abacus 36, no 2 (2000): 226-41.

iii Simon Alcouffe, Nicolas Berland, et Yves Levant, « “Succès” et “échec” d’un outil de gestion: Le cas de la naissance des budgets et de la gestion sans budget », Revue Française de Gestion 8, no 188?89 (2008): 291-306.

iv Robert S. Kaplan, « The Evolution of Management Accounting », The Accounting Review, 1984, 390-418.

v John K. Shank, « Strategic Cost Management: New wine, or Just New Bottles? », Journal of Management Accounting Research 1 (1989): 47-65.


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Les outils fondamentaux du controle de gestion

par Dr Sèna John Ahyee | 28 Oct, 2019 | Finances | 1258

Le contrôleur de gestion est un acteur central dans le suivi des performances économiques des organisations et dans le pilotage d'entreprise. Quels sont les outils qu’il utilise dans le cadre de son activité ? Dans cet article nous revenons sur les outils au coeur du contrôle gestion.


Les travaux de recherche sur les métiers de la comptabilité ont permis dès le milieu du 20ème siècle de caractériser le contrôleur de gestion, notamment à travers les outils/techniques de gestion qu’il utilise.


Les outils des contrôleurs de gestion en France


Par exemple, l’étude de Bülher en 1979 (citée par Lambert 2005), réalisée à partir d’un échantillon de soixante-douze entreprises de la région Rhônes-Alpes en France, donne les résultats suivants :

« 91% des contrôleurs de gestion ont en charge le contrôle de gestion, 83% s’occupent du contrôle budgétaire, 68% de la comptabilité analytique. Parmi les activités connexes, 37% ont en charge l’informatique, 38% le juridique et le fiscal, 37% la comptabilité générale, 36% l’audit interne et 16% la formation. » (Lambert, 2005, p. 101-102)


Ardoin et Jordan en 1979 à partir d’offres d’emploi (Lambert 2005, p. 107), observent que la principale mission des contrôleurs est de contribuer à l’amélioration de l’efficacité et de la rentabilité des activités. Il s’agit d’une mission d’aide à la prise de décision, orientée vers la performance économique. Cette finalité se traduit concrètement par des tâches de formation des utilisateurs aux outils de gestion, d’aide à l’évaluation des performances par la mise en évidence d’écarts, et par le calcul d’indicateurs financiers pertinents.


Dans une autre contribution en France, Dumoulin (1983, p.12-13) associe le contrôleur de gestion à l’utilisation des outils de gestion suivants : budget, tableau de bord, comptabilité de gestion, comptabilité financière, informatique.


Ces résultats illustrent des contrôleurs de gestion caractérisés par l’utilisation d’outils du contrôle de gestion dans son approche étroite (budget, comptabilité de gestion …).


Les outils des contrôleurs de gestion aux Etats Unis


Les américains Janell et Kinnunen en 1980 observent que les contrôleurs de gestion sont associés à la mise en place de systèmes de contrôle de gestion, et à la fourniture d’informations de gestion pertinentes aux responsables opérationnels. Ils sont caractérisés par la construction et l’utilisation de plans financiers, de budgets et d’indicateurs de performance économique. Les techniques de comptabilité des coûts, de comptabilité financière, d’audit et de contrôle interne sont les plus utilisées dans leurs activités.


Toujours aux USA, les observations empiriques de Vijay Sathe en 1983 confirment que les deux missions des contrôleurs de gestion sont : l’aide à la décision et l’évaluation des performances économiques. 


Pour Sathe, ces finalités se traduisent par l’opérationnalisation de la planification et du contrôle budgétaire. Un autre pan du travail des contrôleurs de gestion consiste en l’élaboration périodique de rapports sur la performance financière de l’entreprise. Enfin, par diverses analyses économiques et financières, les contrôleurs aident les responsables à prendre des décisions dans des domaines tels que la politique de communication, les actions promotionnelles, la distribution, la gestion des stocks, la fixation des prix. Ces analyses sont basées sur l’utilisation de la comptabilité de gestion.


Ces travaux parmi d’autres autres ont permis la structuration des programmes de formation des contrôleurs de gestion et l’élaboration des fiches de poste permettant leur recrutement dans les organisations.

Malgré leur ancienneté, les observations issus de ces travaux fondateurs restent pertinentes aujourd’hui.


_________________

 

i) Cité par Caroline Lambert, « La Fonction Contrôle de Gestion: Contribution à l’analyse de la place des services fonctionnels dans l’organisation » (Thèse de doctorat, Université Paris Dauphine, 2005).

ii) JL Ardoin et H. Jordan, Le contrôleur de gestion, Flammarion, 1979.

iii) Paul A. Janell et Raymond M. Kinnunen, « Portrait of the divisional controller », Management Accounting 61, no 12 (1980).

iv) Vijay Sathe, « The controller’s Role in Management », Organizational Dynamics Winter (1983): 31-48.

v) Christiane Dumoulin, « Le nouveau profil du contrôleur de gestion », Revue Française de Gestion, no 41 (1983): 11-14.


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Découvrir les missions du controleur de gestion

par Dr Sèna John Ahyee | 22 Oct, 2019 | Finances | 1130

Il est un acteur central en matière de pilotage d'entreprise. Dans cet article, nous proposons un portrait de cet acteur clé du pilotage de la performance d'une organisation : le controleur de gestion.



Le contrôle de gestion, une profession réglementée?


Premier point d'éclaircissement, le contrôleur de gestion appartient-il à une profession réglementée comme l'expert-comptable ou le commissaire aux comptes?


Si aux Etats-Unis, en Angleterre, au Canada, des associations telles que "Institute of Management Accountants (IMA)", "Chartered Institute of Management Accountants (CIMA)", "Certified Management Accountants (CMA)" (1), semblent structurer l’activité de contrôleur de gestion, tel n’est pas le cas en France où l’activité n’est pas règlementée, comme peut l’être celle d’expert-comptable ou de commissaire aux compte.


En France, l’association nationale des directeurs financiers et de contrôle de gestion (DFCG), initialement « association nationale des contrôleurs de gestion » (ANCG), devrait contribuer à la professionnalisation de l’activité de contrôleur de gestion. Cependant cette association n’est officiellement ni responsable de la formation des contrôleurs de gestion, ni garante de l’homogénéité de leurs compétences. Cette situation rend donc difficile la caractérisation par le prisme professionnel.


A défaut de pouvoir caractériser le contrôleur de gestion par sa formation spécifique, ou ses compétences uniques à décider ce qui est à faire dans une situation et juger si cela a été bien fait, comme tout professionnel, c’est par le prisme de son rôle au sein des organisations que les travaux sur le contrôleur de gestion ont très tôt tenté de le caractériser.



Les missions du contrôleur de gestion


Généralement, le contrôleur de gestion est associé aux finalités de mise en place et de suivi de certaines dimensions des systèmes de contrôle de gestion (Bollecker, 2007) (2).


Par exemple, dans l'un des premiers articles de recherche sur le sujet, le Professeur Roy Bernard Kester, de l’université de Columbia dans Accounting Review en 1928, présente comme suit sa vision de la mission du contrôleur de gestion (controller):

« Dans la description ci-dessus, il a été fait mention des outils de reddition de compte associés au management, les statistiques d'un côté et la comptabilité de l'autre. Mon opinion est que ces deux activités devraient être conduites par un contrôleur, qui les superviserait toutes deux. » (Kester 1928, p. 242)


Pour Kester, le contrôleur de gestion :


  1. suit les activités,
  2. établit des standards (standardisation),
  3. élabore des rapports d’activités (reporting),
  4. participe à l’interprétation de ces rapports,
  5. fournit des conseils sur les stratégies opérationnelles (business partner).


Dès l’origine, le contrôleur de gestion est caractérisé par l’utilisation d’outils statistiques et comptables pour suivre et évaluer l'activité de l'organisation. Il a une mission principale de prévision et d’évaluation a posteriori des performances économiques de l’organisation.


Kester caractérise donc le contrôleur de gestion par la mise en œuvre du triptyque « plans-budgets-évaluations ».


En définitive, il est au cœur du contrôle de gestion, selon son approche étroite.


A la suite de cette contribution de Kester, de nombreux autres travaux ont contribué et contribuent encore aujourd’hui à caractériser le contrôleur de gestion sur la base de ses missions et des outils de gestion utilisés pour les réaliser (comptabilité de gestion, prévision budgétaire, contrôle budgétaire, tableaux de bord....).


Des chercheurs ont aussi tenté de caractériser le contrôleur sur la base de son identité, sa formation, ses compétences techniques et relationnelles, son image.


Des travaux montrent que malgré l'évolution sur les outils utilisés, le coeur d'activité du contrôleur de gestion a peu évolué depuis son émergence au début du 20ème siècle (Bollecker 2009; John Ahyee 2013).


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1 Cet ordre comptable a fusionné avec d’autres ordres comptables canadiens pour donner aujourd’hui l’ordre des comptables professionnels agréés (CPA)

2 Marc Bollecker, La recherche sur les contrôleurs de gestion: état de l'art et perspectives, Comptabilité contrôle audit, vol 1, 2007, p.87-106


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C'est quoi un centre de responsabilité ?

par Dr Hugues Domingo | 13 Oct, 2019 | Finances | 1959

Un concept central en matière de contrôle de gestion et de pilotage des performances dans les organisations est celui de « centre de responsabilité ». Dans cet article, nous présentons le concept de centre de responsabilité et son intérêt en matière de pilotage des organisations.


Le contrôle de gestion, tel qu'il a été formalisé dans les années 1960, est fondamentalement associé à la philosophie organisationnelle de la décentralisation, présentée entre autres par Ralph Cordiner (1956) (1). L’enjeu est de préserver les avantages de la grande entreprise, tout en bénéficiant des éléments qui ont fait le succès du libéralisme économique (liberté d’action, concurrence interne, stimulation par le profit):

« Une grande entreprise, avec de nombreux produits, fonctionne mieux lorsqu’elle est transformée en une petite économie de libre entreprise… Cela fonctionne comme lorsque la recherche égoïste de profit par les entreprises individuelles, dans une société libérale, génère une forte productivité et les ajustements économiques automatiques d’une économie compétitive ». (Dean, 1957 in Anthony et al., 1965, p. 252) (2)


On peut donc parler de management par « internalisation de la logique de marché ». Le contrôle de gestion intervient alors pour coordonner les différentes entités issues de cette logique décentralisatrice : les centres de responsabilité.

 

Définir le centre de responsabilité


Un centre de responsabilité est une composante de l'organisation plus ou moins autonome et placée sous la direction d'un manager. Le modèle d'Anthony (1965) (3) en distingue 3 types qu'on retrouve encore aujourd'hui:


  • les centres de coût : ce sont les entités où les ressources consommées sont mesurées en terme monétaire sans que les services ou produits générés ne le soient;


  • les centres de profit : ce sont les entités où tant les ressources consommées que les biens/services produits sont mesurés en terme monétaire. La relation entre les consommations et les productions est calculée. Le résultat permet d’évaluer la performance du centre;


  • les centres d’investissement : ils représentent la phase la plus élevée d’autonomie dans l'organisation. Ici, le manager a une délégation sur les actifs utilisés pour réaliser l’activité. Sa performance est évaluée sur la base du rapport entre le résultat comptable et les actifs utilisés. L’indicateur qui correspond à cette définition est nommé Retour sur Investissement (Return On Investment ROI).


Une fois les centres définis et les ressources affectées, les conditions de performance de chaque type de centre sont définies par la direction. C'est à la suite de cela que le processus de contrôle de gestion (dans son approche étroite) intervient pour évaluer la performance du centre en termes:


  • d’efficacité : « Par efficacité, nous entendons la manière dont le manager a réalisé son travail- ce qui est (pour citer le dictionnaire), *dans quelle mesure il a produit le résultat prévu ou espéré* » (Anthony et al., 1965, p.168)
  • d’efficience: « Nous utilisons efficience dans son sens industriel- qui est, la quantité de produit fini par unité de matière première » (Anthony et al., 1965, p.168) (4).

 

Les objectifs associés aux centres de responsabilité


Par conséquent :

  • le centre de coût doit optimiser ses prestations/productions en fonction des ressources affectées: le principal problème du manager est alors la maitrise des charges administratives, pour lesquelles une relation optimale entre la production et les ressources consommées ne peut être déterminée, à cause de l’absence d’un lien de causalité direct. Pour ce faire, les managers disposent de différents outils pour maintenir les charges administratives à un niveau acceptable (mise en place de procédures, de règles de travail, budgets des frais administratifs…).


  • le centre de profit doit optimiser le résultat financier actuel et futur: l’un des problèmes liés aux centres de profit est la gestion des relations d’affaires entre les différents centres du même groupe. Cette problématique renvoie à la question des prix de cession interne et de leurs effets pervers.


  • le centre d’investissement doit optimiser le retour sur investissement actuel et futur: différentes techniques permettent de fixer le niveau et de calculer la valeur des actifs immobilisés et des actifs circulants. L’enjeu est d'inciter les managers à agir dans le sens des objectifs du groupe.


Par ailleurs ce modèle organisationnel, la décentralisation, identifie différents acteurs intervenant dans l’activité de ces centres : le manager (cadre dirigeant), l'opérationnel et le fonctionnel.


Les cadres dirigeants sont les responsables de division et les directeurs généraux. Ils sont chargés du leadership et de la planification à long terme. Les opérationnels sont dotés du plus grand pouvoir pour agir dans leurs champs de compétence opérationnels. Ils sont conduits par une équipe dirigeante qui a une délégation spécifique sur les résultats. Enfin, les fonctionnels sont des experts. Contrairement aux opérationnels dotés du pouvoir de décision, les fonctionnels n’ont qu’une responsabilité de recherche, de formation, d’information. Ils n’ont pas de pouvoir de décision. C'est comme fonctionnel, en charge des questions de budget et de comptabilité de gestion, que le contrôleur de gestion a émergé dans les organisations au début du 20ème siècle.


_________

1- Ralph J. Cordiner, « Decentralization- A Managerial Philosophy », in Management Control Systems: Cases And Readings (Richard D. Irwin, Inc., 1965), 30‑39.

2-Joel Dean, « Profit Performance Measurement Of Division Managers », in Management Control Systems: Cases And Readings (Richard D. Irwin Inc., 1965), 251‑57.

3- Robert N. Anthony, « Characteristics Of Management Control Systems », in Management Control Systems: Cases And Readings (Richard D. Irwin, Inc., 1965), 1‑14.

4- Robert N. Anthony, John Dearden, et Richard F. Vancil, Management Control Systems: Cases And Readings (Richard D. Irwin Inc., 1965).


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Les 14 principes fondateurs du controle de gestion

par Dr Sèna John Ahyee | 30 Sep, 2019 | Finances | 5033

Ils sont pour la plupart encore appliqués aujourd’hui et pourtant ils ont été formulés il y a plus de 50 ans. Ils font partie des principes utilisés par de nombreux dirigeants dans le cadre du pilotage de leur entreprise. Dans cet article, nous proposons une présentation des principes clés du controle de gestion présentés en 1959 par Harold Koontz dans la revue californienne de management (California management review) (1).


En effet, le controle de gestion, tel qu’il a été défini par le professeur Robert N. Anthony en 1965, est une émanation des développements relatifs aux processus de contrôle et notamment des travaux du professeur américain Harold Koontz (1909-1984). Celui-ci identifie 14 principes généralement au cœur des processus de contrôle.

P1- principe d'identification des objectifs


« les contrôles doivent contribuer à l'accomplissement des objectifs, en détectant les écarts par rapport aux plans à temps, et de manière à ce qu'il soit possible de réaliser des actions correctives » (focalisation sur l'objectif). Dans le cadre d'un processus de contrôle de gestion, il faut définir les objectifs de votre entreprise.


P2- principe de détermination des écarts par rapport aux objectifs


« les contrôles sont efficaces s'ils détectent affectivement les écarts et permettent des actions correctives avec le minimum d'effets indésirables » (détection des écarts et mesures correctives). Le système de pilotage d'entreprise et de contrôle de gestion doit permettre d'identifier les écarts par rapports aux objectifs fixés.


P3- principe de la responsabilité


« le contrôle peut être effectué seulement par le manager chargé de l'exécution des plans ». Le processus de contrôle doit clairement identifier un responsable.


P4- principe du contrôle du futur


« un contrôle efficace devrait chercher à prévenir les écarts présents et futurs ». L'intérêt d'un système de contrôle efficace est d'anticiper les mauvaises performances.


P5- principe du contrôle direct


« la technique de contrôle la plus efficace dans une entreprise consiste à s'assurer de la qualité des managers de niveau inférieur ». Dans le processus de contrôle de gestion, il faut optimiser la compétence managériale à chaque niveau de l'organisation.


P6- principe de la cohérence avec les plans


« les contrôles doivent être structurés de sorte qu'ils reflètent le caractère et la structure des plans ». La structure d'un processus de contrôle doit être définie de manière à ce qu'il corresponde au processus planifié qu'il cherche à vérifier. Les contrôles doivent être cohérents avec le plan stratégique.


P7- principe de la pertinence organisationnelle


« les contrôles doivent être structurés de sorte qu'ils soient cohérents avec la structure organisationnelle ». On ne peut pas contrôler un manager ou acteur sur un aspect qui ne correspond pas à sa sphère de responsabilité organisationnelle. Le système de contrôle de gestion doit être cohérent avec la structure organisationnelle.



P8- principe de la spécialisation des contrôles


« les contrôles doivent être élaborés de manière à ce qu'ils correspondent aux besoins d'un manager précis ». Les outils et les techniques associées au processus de contrôle doivent correspondre aux besoins réels du manager en charge de ce contrôle. Il faut pouvoir adapter et spécialiser les systèmes de contrôle.


P9- principe de la standardisation


« un contrôle efficace et efficient nécessite des standards objectifs, précis et pertinents ». Dans le cadre d'un système de pilotage d'entreprise, il faut établir des standards de performance. Ils permettent non seulement d'évaluer la performance mais aussi d'établir une relation juste et raisonnable entre le collaborateur et son responsable.


P10- principe de focalisation sur des éléments stratégiques


« un contrôle efficace et efficient nécessite que l'attention soit portée sur les facteurs stratégiques dans l'appréciation de la performance ». Le contrôle ne doit pas être exagérément détaillé, il doit permettre au manager de se concentrer sur les éléments déterminant pour la réalisation du plan (granularité adaptée du contrôle).


P11- principe de l'exception


« l'efficience dans le contrôle nécessite que l'attention du manager soit portée principalement sur les exceptions significatives ». Seuls les écarts de performance significatifs doivent retenir l'attention des managers (focalisation sur les écarts significatifs).


P12- principe de la flexibilité du contrôle


« les contrôles doivent être suffisamment flexibles pour demeurer efficaces même en cas d'échec de la planification ». Le système de contrôle doit être flexible pour être modifié en cas de changement de la stratégie. Il est indispensable que les managers rendent leurs systèmes de contrôle flexibles, de sorte qu'ils ne deviennent pas inutilisables en cas d'imprévu.


P13- principe d'actualisation


« le système de contrôle doit être actualisé de manière périodique ». Les managers doivent évaluer de manière périodique leurs systèmes de contrôle de manière à s'assurer qu'ils sont toujours cohérents avec les objectifs stratégiques, et avec les conditions d'un environnement économique fluctuant. C'est la logique d'amélioration continue.


P14- principe d'actions correctives


« Le contrôle est justifié uniquement par le fait que des mesures correctives sont prises en cas d'écarts significatifs, à travers une meilleure planification, organisation, coordination et un meilleur commandement». Le processus de contrôle doit donner lieu à des actions correctives en cas d'écarts de performance significatifs. C'est la raison d'être du processus.


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Les fondements du controle de gestion

par Dr Sèna John Ahyee | 29 Sep, 2019 | Finances | 2885

Le controle de gestion et le pilotage d'entreprise sont des concepts intimement liés.


Vous êtes chef d'entreprise et vous entendez souvent parler du controle de gestion sans vraiment savoir de quoi il s'agit.


Vous souhaitez mettre en place un processus de pilotage économique de votre entreprise ou organisation mais ne savez pas par où commencer.


Dans cet article nous vous proposons de comprendre l'émergence et les différents sens du contrôle de gestion.


A l'origine du contrôle de gestion


Les analyses des historiens du management et du professeur Henri Bouquin attestent d’un lien entre le concept de "management control" tel qu'il a été popularisé aux Etats-Unis dans les années 1960-1970 et le controle de gestion, tel qu'il s'est diffusé en France, dans les milieux académiques et professionnels, à la même époque.


Pour définir le controle de gestion, il suffit donc de remonter au concept de management control, tel qu'il a émergé aux Etats-Unis.


Ce concept de management control a notamment été popularisé par les travaux du professeur Robert N. Anthony qui l’a initialement défini comme « le processus par lequel les managers s’assurent que les ressources sont obtenues et utilisées avec efficacité et efficience dans le cadre des objectifs de l’organisation ».


A l’origine du management control se trouve initialement le concept de "control", qu’on pourrait traduire par contrôle organisationnel.


En résumé, on peut représenter la généalogie du concept de « contrôle de gestion » comme suit :


“Control” → “Management Control” → “Contrôle de gestion”



Les pères fondateurs du contrôle de gestion


Le concept de control a été développé au début du 20ème siècle dans le sillage des tentatives de formalisations du management.


Ce concept , tel qu’il a été développé aux Etats-Unis, va au-delà de la vérification. D’après la synthèse des professeurs Giglioni et Bedeian , les auteurs suivants ont contribué à la diffusion de ce concept :


  1. Harrington Emerson (1912) : Ingénieur américain, il est présenté comme l'auteur de la première contribution véritable en contrôle organisationnel. Dans son œuvre « Les douze principes de l'efficience », il propose une première formalisation du contrôle et y associe différents outils. Le contrôle est au cœur de la fonction de manager. Parmi les principes énoncés on peut retrouver: la standardisation des temps de travail et des opérations, l'enregistrement des temps de travail effectifs, la formalisation des processus de standardisation.


  1. Hamilton Church (1914) : Ingénieur et comptable anglais, il contribue à l'enrichissement du concept de contrôle. Il identifie en 1914 cinq fonctions principales dans l'administration des affaires dans son ouvrage Science et Pratique du Management. L'une d'elle, le contrôle « coordonne les autres et supervise leurs fonctionnements ».


  1. Hugo Diemer (1915) : Ingénieur et consultant américain, il contribue à la définition du concept de contrôle dans ses réflexions sur l'administration et l'organisation des usines. Pour lui, le contrôle est l'ensemble « des méthodes par lesquels les cadres ou managers mettent en œuvre leur autorité à gérer les affaires conformément aux lois de l'organisation ».


  1. Henri Fayol (1916, 1949) : Ingénieur et théoricien français de l'administration, il identifie le contrôle comme l'une des cinq fonctions de l’administration. Il est reconnu comme l'un des pères fondateurs de la théorie des organisations. Il définit le contrôle comme « l'assurance que tout se passe conformément au plan adopté, aux instructions données et aux principes établis ».


  1. Henri Post Dutton (1924, 1927) : Ingénieur, industriel et professeur américain, il caractérise le contrôle à travers les processus clés de planification, supervision, vérification et information. Plus tard (1931) souligne les dimensions de comparaison, évaluation et standardisation.


  1. Webster Robinson (1925) : Universitaire américain, il publie en 1925 un manuel sur les principes fondamentaux de l'organisation d'une entreprise. Il identifie trois principaux éléments dans le processus de contrôle. Ce sont : la prévision des résultats, l'enregistrement des résultats, la répartition des responsabilités dans le but d'atteindre les résultats avec la possibilité de mesures correctives.


  1. John H Williams (1926, 1929) : Il définit les principales méthodes de contrôle comme étant: la comptabilité générale, la prévision, la comptabilité de gestion, le processus budgétaire et l'analyse des écarts.


  1. Ralph C Davis (1940, 1941) : Ingénieur et théoricien des organisations américain, il a contribué à la popularisation des travaux de Henri Fayol dans le monde. Il définit la planification, l'organisation et le contrôle comme les principales fonctions de la direction générale (Top management).


  1. William B Cornell (1930) : Universitaire américain et descendant du fondateur de la prestigieuse université Cornell, il souligne dans ses principes de management "le principe de contrôle", qu’il associe à l’établissement des standards de performance, l'évaluation de la performance et la mise en œuvre de mesures correctives.


  1. Paul Holden, Lounsbury Fish et Hubert Smith (1941) : Chercheurs à la prestigieuse université américaine Stanford ils réalisent à la fin des années 30 une étude sur la direction générale dans l'industrie. Ils présentent le contrôle comme l'une des premières responsabilités des dirigeants. Ils l’identifient à un processus comportant trois éléments: l'objectivation, l'organisation et l'évaluation. Ils intègrent la planification au processus de contrôle, révélant la forte interaction entre les deux fonctions.


  1. Edward Brech (1948, 1965) : Consultant et théoricien des organisations anglais, il suggère que le contrôle implique l'évaluation, la mise en œuvre de mesures correctives, l'apprentissage organisationnel.


  1. William H Newman (1951) : Universitaire américain, il définit le contrôle comme une fonction de l'administration et lui associe trois étapes importantes: élaboration des standards, évaluation et reporting de la performance, mise en œuvre d'actions correctives.


  1. Harold Koontz (1959) : Célèbre universitaire et théoricien des organisations à l'université de Californie, il considère que malgré les apports de Taylor, Fayol, Barnard, Goetz, Urwick, Dean et autres, il manque une véritable synthèse sur la fonction contrôle. C’est dans ce cadre qu’il a établi les principes fondamentaux du contrôle de gestion.




Les deux visions du contrôle de gestion


Tous ces travaux ont contribué à la diffusion de deux visions du "control".


Une vision large dans laquelle le contrôle se confond avec l’activité managériale et est relatif à tous les dispositifs qui permettent de conduire les affaires conformément aux objectifs (Church, Diemer, Dutton).


Une vision étroite dans laquelle le contrôle se confond avec le processus « planification-vérification-correction ». C'est le processus budgétaire couplé à la mise en place de tableaux de bord de gestion.


Ce double sens du contrôle va être transmis au concept de management control et par répercussion à celui de contrôle de gestion. Cette double sens a été favorisé par les spécialistes les plus éminents de la discipline.


Ainsi, lorsque le professeur Anthony définit en 1965 le "management control" comme « le processus par lequel les managers s’assurent que les ressources sont obtenues et utilisées avec efficacité et efficience dans le cadre des objectifs de l’organisation », il s’inscrit volontairement dans une approche du contrôle « planification-vérification-correction » qui a pour finalité la coordination des managers par les résultats.


Lorsqu’il en propose une nouvelle définition en 1988, le contrôle de gestion est le "processus par lequel les managers influencent les autres acteurs vers l’atteinte des buts organisationnels" , il s’inscrit désormais dans une approche large du contrôle, diffusant ainsi une vision managériale et moins comptable du contrôle de gestion.


En définitive, les deux visions du contrôle de gestion se retrouvent aujourd’hui dans les manuels scolaires, les publications professionnelles et académiques.


Dans la vision étroite, le contrôle de gestion est donc l'ensemble des actions portant sur "la planification - la budgétisation - l'analyse des écarts de performance". Dans cette démarche, la fonction Contrôle de gestion, la direction administrative et financière, ou l'expert-comptable sont les principaux acteurs dans cette approche. Ils travaillent en partenariat avec la direction générale et les managers.


Dans la vision large ou managériale, le contrôle de gestion se confond avec tous les processus de management. Ce sont les dirigeants et managers de tous les niveaux qui sont au cœur du processus.


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